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Lutte contre les inondations : L’Algérie disposera d’une stratégie nationale à l’horizon 2030

600 sites ont été définis comme vulnérables aux inondations

PUBLIE LE : 18-12-2013 | 0:00
D.R

«L’Algérie disposera d’une stratégie nationale de lutte contre les inondations à l’horizon 2030», a déclaré M. Hocine Aït Amara, directeur de l’assainissement et de la protection de l’environnement au ministère des Ressources en eau, «une stratégie munie d’un système d’alerte et d’un plan de gestion pour protéger nos villes des inondations», a-t-il précisé. Cette stratégie, selon M. Aït Amara «permettra de mieux gérer ce phénomène auquel sont exposées toutes les régions du pays».
Intervenant lors d’une journée technique sur la lutte contre les inondations consacrée à la présentation des expériences internationales en la matière, M. Aït Amara a affirmé que «cette journée est une occasion de présenter l’entame de l’étude portant sur l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre les inondations», engagée par le ministère des Ressources en eau dans le cadre du programme d’appui au secteur de l’eau et de l’assainissement Eau II, programme cofinancé par l’Union européenne.
«Il s’agit de donner une vue générale en matière d’inondations et d’ouvrir un débat enrichissant pour la mise en place de cette stratégie», a-t-il dit. Dans le même ordre d’idées, M. Aït Amara a indiqué que quatre bureaux d’étude venant d’Espagne et des Pays-Bas se sont réunis en un consortium afin de réaliser l’étude stratégique», a-t-il avancé. Une étude «qui permettra de réduire les conséquences de ce phénomène, planifier les investissements et à améliorer la réglementation et l’organisation », a fait savoir ce responsable.
Le programme d’appui au secteur de l’eau et de l’assainissement Eau II est inscrit dans le cadre de la coopération Algéro-Union européenne, c’est le premier appui budgétaire sectoriel.
L’objectif global du programme est de soutenir la stratégie algérienne d’assainissement en matière de protection des ressources en eau et de contribuer à la réduction de la prévalence des maladies à transmission hydrique.
Une enveloppe de plus de 1,2 million d’euros a été réservée pour l’étude de ce projet qui «vise à identifier avec précision les villes inondées et inondables», devrait être finalisée fin 2015», a encore souligné le directeur de l’assainissement et de la protection de l’environnement.
Initiée par le ministère des Ressources en eau, cette journée qui a été organisée, hier à l’hôtel El-Aurassi, a vu la présentation des expériences de certains pays européens, tels que l’Espagne, les Pays-Bas et la France, de même que l’expérience algérienne à travers l’exposé de l’agence nationale des ressources hydriques. «Nous avons réalisé des systèmes de protection contre les inondations, mais en termes de prévisions, nous devons disposer d’un système qui nous permettra de déclencher l’alerte précoce», a-t-il ajouté.

600 sites ont été définis comme vulnérables aux inondations
Rappelant que «trois barrages excréteurs ont été réalisés à proximité de Oued M’Zab à Ghardaïa afin de ralentir les crues, un autre à Sidi Bel Abbès qui sera opérationnel d’ici la fin de l’année en cours et un autre à Annaba», M. Aït Amara a souligné que « ces barrages peuvent contenir jusqu’à 20 millions de mètres cubes et freiner une inondation de grande ampleur ».
Quelque 600 sites ont été définis comme vulnérables aux inondations. Les wilayas sujettes à des inondations sont celles notamment traversées par les oueds comme Ghardaïa, Sidi Bel Abbès, Annaba et Skikda ainsi que celles situées aux piémonts des montagnes, selon les explications des experts.
Pour sa part, Mme Hassina Hammouche, sous directrice au ministère et directrice du programme Eau II a indiqué que «50 sites pilotes les plus vulnérables à l’échelle nationale sont visés».
Dans une déclaration à la presse en marge de cette journée technique, la responsable a précisé que «ce projet va faire le diagnostic de ce qui a été fait jusque là sur le plan institutionnel, réglementaire et organisationnel et planifier les investissements nécessaires à l’horizon 2030».
Co-financé avec l’Union européenne, une enveloppe de 30 millions d’euros a été octroyée par l’UE à ce projet, «répartis en deux approches, le premier appui budgétaire de 20 millions d’euros, sera versé au Trésor public algérien si nous réalisons un certain nombre d’indicateurs, tandis que 10 millions d’euros ont réservés à l’assistance technique», a précisé Mme Hammouche.
L’Algérie réserve elle, une enveloppe de 1 milliard de dinars. L’appui budgétaire auquel est consacrée une enveloppe de 20 millions d’euros est conditionné par la réalisation de 17 indicateurs de performance d’ici à 2014, alors que l’assistance technique porte sur 43 activités.
Par ailleurs, des experts nationaux et internationaux ont abordé la problématique générale des inondations où des expériences nationales et internationales dans le domaine de la lutte contre les inondations ont été présentées lors de cette journée technique.
Des objectifs à atteindre ont été tracés dans le cadre de cette stratégie. Il s’agit de l’élaboration d’un Schéma national de développement de l’assainissement (SNDA) à l’horizon 2030, un raccordement 100 % du réseau d’assainissement au niveau des zones urbaines, planifier l’assainissement rural avec taux de raccordement 80 %.
En plus du rejet dans les barrages et le littoral, l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre les inondations est en voie de commencement. D’autres actions sont également prévues, telles que la création de la fonction d’audit interne de performance au MRE et à l’Office national de l’assainissement (ONA), la mise en place d’un Cadre de dépense à moyen terme (CDMT) et la réalisation d’une étude sur la rationalisation financière et institutionnelle de la fonction d’assainissement afin d’en assurer sa pérennisation financière, en outre l’élaboration d’outils en vue de la maîtrise des coûts d’investissement et de fonctionnement des projets de réalisation d’infrastructures d’assainissement.
L’autre manière de réduire l’aléa est d’en prévoir son occurrence afin de prendre les mesures nécessaires pour en limiter les conséquences humaines et économiques d’où la mise en œuvre de politiques d’alerte et de prévision. L’alerte consiste à déclencher la mise en œuvre de moyens, lorsque certains paramètres physiques caractéristiques de la crue (intensité de la pluie, hauteur d’eau, débit…) dépassent des seuils préétablis.
Sihem Oubraham

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