mercredi 26 septembre 2018 12:44:34

L’Unicef lance la campagne de lutte contre la violence à l’égard des enfants : Halte à la maltraitance !

Des chiffres effrayants, selon l’Éducation nationale

PUBLIE LE : 10-12-2013 | 0:00
D.R

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance a donné, hier, le coup d’envoi de son initiative «Lutte contre la violence envers les enfants», en présence de représentants des ministères de la Solidarité nationale, de la Justice et de l’Éducation nationale, les réseaux Nada, Wassila, la Fédération algérienne des personnes handicapées, les Scouts et le Centre d'information et de documentation sur les droits de l'enfant et de la femme, appelés à conjuguer leurs efforts et à formuler des propositions pour mettre à nu ce phénomène et renforcer, ainsi, une prise de conscience collective avec un engagement à tous les niveaux pour protéger les enfants de la violence, qu’elle soit physique ou verbale.

Il s’agit, à travers cette campagne qui s’étalera sur une année, estime le coordinateur  résident  en Algérie de l’UNICEF, Thomas Davin, de se pencher sur  ce phénomène qui touche  un grand nombre d’enfants dans le monde, au point de devenir usuel,   même si, dans la majorité des cas, il ne se voit et ne s’entend pas. Il précise que  les enseignants, les élèves, les parents et  même les voisins oublient trop souvent, quand ils corrigent l’enfant, leur devoir de protéger celui-ci. Loin d’être une campagne flash ou superficielle, selon M. Davin,  celle-ci a pour but de lancer une discussion avec tous les acteurs de la société sur la violence à l’égard des enfants et de proposer des solutions concrètes à même d’améliorer la situation des enfants. Dans le même  ordre d’idées, Doria Mérabtine, de l’UNICEF, rappelle que les études effectuées en 2006 puis en 2011 ont fait ressortir les graves séquelles de la violence domestique et sexuelle contre les enfants, et l’approche d’évaluation qui diffère d’un pays à l’autre, prenant souvent une forme sournoise, d’où l’intérêt d’œuvrer pour rendre visible un comportement passé sous silence. S’exprimant, la représentante du ministère de la Solidarité nationale, Khadidja Ladjel, insiste sur l’importance d’affiner une approche pour ne pas se limiter, aujourd’hui, au seul constat, avant d’ajouter que des mécanismes sont mis en place par la tutelle dans le cadre de  l’exploration de ce phénomène, considéré comme un fait social qu’il faut  gérer avec précaution, mais qui nous impose surtout d’être armés de courage  pour agir et le dénoncer. Elle explique, en outre, que la société, tout comme les institutions ont préféré détourner la tête et ignorer ce phénomène pourtant présent parmi nous. Mme Ladjel est formelle, «il n’existe pas données sur la violence, et 99% des cas recensés s’inspirent des faits divers relevés par les médias». «Il est désormais nécessaire, considère-t-elle, d’aller du curatif au préventif, et mettre l’accent sur la sensibilisation de la famille, notamment qui est l’un des maillons de la chaîne intervenant dans la protection de l’enfant.» Intervenant pour sa part, le Pr  Fadila Chitour, du réseau Wassila, tient à souligner que la violence sexuelle   sur l’enfant est un évènement bouleversant et d’une effroyable banalité à conséquences désastreuses, perpétué dans 80% des cas par des proches qui ont une autorité sur l’enfant et 50% sont des incestes qui ont de lourdes conséquences sur le développement psychique, cognitif et sa vie sociale, précisant que la catégorie de 8 à 10 ans est touchée par les sévices sexuels,  mais il ne faut pas oublier la  frange d’âge silencieuse de 0 à 3 ans, contrainte à la régression psychologique, ainsi que les adolescents victimes d’abus sexuels. Le président du réseau NADA, Aderrahmane Arar, affirme que la violence sexuelle à l’égard de l’enfant est une atteinte à sa dignité qui mérite réparation, avant de poursuivre que ce phénomène ne touche pas seulement l’enfant, mais tout l’entourage. Il dit qu’il faut 5 expertises médicales pour prouver l’atteinte à l’enfant, plaidant pour le renforcement de l’auto- protection de l’enfant au sein de la famille et le respect des droits de l’enfant.  Me Nadia Aït Zaï, du  Centre d’information et de documentation sur l’enfant et la femme, soutient, quant à elle, qu’il n’existe pas de chiffres sur les enfants violentés, mettant en exergue les dispositions du code pénal qui prévient des  sanctions plus sévères en cas d’atteinte  physique ou morale à l’intégrité de l’enfant. C’est carrément de la non-assistance à personnes en danger. En 2004,  le législateur a introduit, dans le code pénal, la possibilité de poursuivre en justice par la victime elle-même, l’auteur de l’agression. «Il est important  désormais de mettre en place les mécanismes qui s’imposent pour éviter à la victime d’aller vers un centre ou milieu fermé, en cas d’inceste par exemple», insiste-t-elle. Elle cite également, les ordonnances de 1972 qui protègent les  enfants des dangers physiques et moraux.

Des chiffres effrayants, selon l’Éducation nationale
Abordant la violence à l’école, Mme Sahab, du ministère de l’Éducation nationale, impute ce phénomène à la mutation de la société, ajoutant que les chiffres dépassent la réalité. Elle note que les  élèves se violentent entre eux-mêmes, et parfois violentent leurs encadreurs. Elle dit, par ailleurs, que la tutelle organise des campagnes de sensibilisation sur ce fléau. Pas moins de 20 autorisations ont été par exemple délivrées pour des journées d’information sur le sida. Elle ne manque pas de relever que la création des UDF et l’élargissement des psychologues au primaire et au moyen répond au souci de protéger l’enfant de la violence. La conférencière indique aussi qu’une mesure a été prise en 2008 par la tutelle interdisant le recours à la force par l’enseignant, et bien plus, l’école et la tutelle se substituent en partie civile lorsqu’il y a une procédure judiciaire intentée.  
 D’autres communications ont été à l’ordre du jour de la cérémonie de lancement de cette campagne de lutte contre la violence à l’égard des enfants.
    Samia D.

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