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Décès du militant anti-apartheid Nelson Mandela

Le Président Bouteflika adresse un message de condoléances à son homologue Jacob Zuma « Madiba restera à jamais dans la mémoire africaine »

PUBLIE LE : 06-12-2013 | 23:00
D.R

Le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a adressé un message de condoléances à son homologue sud-africain, Jacob Zuma, suite au décès de Nelson Mandela, une personnalité qui « incarne la longue lutte pour la liberté et la dignité» de l'Afrique du Sud.  

«Nelson Mandela se confond avec l'histoire de l'Afrique du Sud dont il incarne la longue lutte pour la liberté et la dignité», écrit le président  Bouteflika dans son message. «Son combat contre le système de l'apartheid et pour réhabiliter l'être  humain dans toute sa dignité, a été ressenti par le peuple algérien comme son  propre combat. Notre affection et notre considération pour lui découlent de cette identification à l'action de l'homme et à la justesse de la cause de son peuple», relève le chef de l'Etat.  
Le Président de la République a rappelé que dans son parcours de militant, Mandela «a démontré une humilité et une droiture irréprochables dans les engagements et les actions au service de son peuple».   «Notre admiration et notre affection communes pour ce héros de l'Afrique ont permis à nos deux pays de bâtir une solidarité sans faille, tournée vers  la réalisation des projets les plus ambitieux pour notre continent.
Le meilleur hommage que nous pouvons rendre à Nelson Mandela est de poursuivre cette action de solidarité sur la voie de la renaissance africaine», note le Président Bouteflika dans son message de condoléances. «Pour avoir accompli la réconciliation entre les enfants de l'Afrique du Sud et apposé son empreinte sur le livre d'or du mouvement émancipateur de l'Afrique, Madiba restera à jamais dans la mémoire africaine», a-t-il souligné, précisant que «sa place est également dans le cœur de chaque homme épris des valeurs de liberté et de dignité humaines».
Le chef de l'Etat a fait remarquer aussi que «le peuple algérien qui s'enorgueillit d'avoir toujours été aux côtés de Madiba et du peuple sud-africain, s'associe à votre deuil et n'oubliera jamais que pour Mandela, l'Algérie est sa "seconde patrie" comme il aimait à le répéter».
«A tous les Africains du Sud, à la famille de l'illustre défunt et, à vous-même, Monsieur le Président et cher frère, j'adresse, au nom du peuple et du gouvernement algériens ainsi qu'en mon nom personnel, mes profondes et  sincères condoléances et vous exprime toute ma sympathie», conclut le chef  de l'Etat dans son message.
Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid, est mort jeudi soir  à l'âge de 95 ans en son domicile à Johannesburg.

Le chef de l’Etat décide la mise en berne du drapeau national pendant 8 jours

Le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a décidé la mise en berne du drapeau national sur l'ensemble du territoire national pendant huit jours, à partird’hier, suite au décès de l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, a indiqué un communiqué de la présidence de la République. «Suite au décès de l'ancien président de la République d'Afrique du Sud, M. Nelson Mandela, le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika,  a décidé la mise en berne du drapeau national sur l'ensemble du territoire national pendant huit jours à compter d'aujourd'hui, vendredi 6 décembre 2013, en hommage et à la mémoire de cette grande figure de l'Afrique et ami indéfectible de l'Algérie», a souligné la même source.    


Le père de la nation arc-en-ciel tire sa révérence

Nelson Mandela, décédé jeudi à l'âge de 95 ans, a incarné, au plus haut point, le combat du continent africain pour sa dignité,
 sa liberté et pour le recouvrement de son indépendance. À l’instar de ces figures illustres comme Kwamé N’kruma, Jomo Kenyatta, Patrice Lumumba, Amilcar Cabral, il a consacré sa vie entière à lutter contre la discrimination raciale, l’oppression coloniale,  
pour un monde juste, pour l’avènement d’une société qui abhorre les injustices et les iniquités. 

Ses réflexions, pleines de sagesse et de lucidité politique, sont autant d’épitaphes que l’histoire consignera en lettres d’or. Et pour cause. Elles renseignent éloquemment sur un idéal qui a guidé  tout le cours de son existence à son combat pour l’abolition du racisme, du colonialisme. «J’ai  lutté contre la domination blanche et j'ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d'une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie avec des chances égales. J'espère vivre assez longtemps pour l'atteindre. Mais si cela est nécessaire, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir», disait-il.
Le nom de Mandela, premier président d’une Afrique du Sud débarrassée à jamais de la bête immonde de l’apartheid, a bouleversé les cœurs et les consciences, et donné tout son sens à la dignité humaine. Le leader charismatique d’une nation qui a tant souffert des crimes et des régimes iniques de la ségrégation s’en est allé rejoindre tous les dignes fils d’une Afrique militant pour sa liberté et son émancipation.  
 Né le 18 juillet 1918, Nelson Rolihlahla Mandela, appelé affectueusement par ses concitoyens, Madiba,  a très tôt saisi les défis qu’il affrontait affronter et remporter pour une Afrique du Sud multiraciale, tolérante et débarrassée de ses vieux démons.         
 La nation arc-en-ciel, selon la judicieuse   formule de l’évêque Desmond Tutu, s’est réconciliée avec elle-même. C’est une consécration et le couronnement du destin de Mandela qui s’est confondu avec celui de son pays et de son parti l’ANC (African National Congress).
À l’image du pasteur Martin Luther King ou  du Mahatma Gandhi, Nelson Mandela a privilégié le principe de la non-violence pour imposer les droits imprescriptibles de ses compatriotes à la dignité et à l’égalité.   
Dans l’hideuse noirceur qui l’enveloppait dans les sinistres geôles de Robben Island, au large du Cap, lieu de sa longue et pénible incarcération, l’homme ne s’est jamais défaussé de sa mission, supportant moult avanies pour maintenir les flammes du combat contre la discrimination et l’oppression,   jusqu’à sa libération en 1990.       
Evoquer la figure de Nelson Mandela, c’est se replonger, en ces temps pleins d’espoir, de lutte et d’affirmation d’une Afrique mobilisée courageusement pour reconquérir ce qu’elle a de plus cher et de plus précieux.
Entre lui et l’Algérie, il y a un profond sentiment  fait de fidélité mutuelle, de respect réciproque et de solidarité agissante, forgé à l’aune de la défense des valeurs humaines les plus sacrées. Notre pays compte beaucoup pour cette icône sud-africaine. Dès le début des années 1960, il fut saisi d’une sympathie quasi filiale à l’égard de la résistance du peuple algérien contre le colonialisme français. Ce fut, pour lui, un exemple et un modèle qui ont grandement inspiré son militantisme.   Pour l’histoire, le premier contact de Nelson Mandela avec la Révolution algérienne s’était  établi en 1961, au Maroc, avec le représentant du GPRA, le docteur Chawki Mostefai.
Le soutien de l’Armée de libération nationale (ALN) s’était, entre autres, traduit par l’intégration de nombreux combattants de l’ANC dans les camps d’entraînement aux côtés de nos moudjahidine. Et pour donner plus de consistance au combat contre l’apartheid à partir de l’Algérie, l’ANC ouvrit un bureau d’informations à Alger.
Les dirigeants de l’ANC, à l’instar de tous les mouvements de libération d’Afrique, pour ne s’en tenir qu’à ce continent martyrisé, trouvaient chez nous, l’aide et le soutien indéfectibles pour conquérir leur liberté. Alger, faut-il le répéter, était qualifiée, à cette époque, par le père de l’indépendance de la Guinée-Bissau, le défunt Amilcar Cabral, de «Mecque des révolutionnaires». Il faut dire aussi que l’Algérie s’était également signalée, au moment de sa présidence de l’Assemblée générale de l’ONU en 1974, par un acte  historique qui a consisté à expulser de la salle de conférences,  le représentant du régime honni de Pretoria.    
                                           
Enfin libre !
 À sa libération, le 11 février 1990, Nelson Mandela avait tenu à se rendre à Alger en reconnaissance au soutien apporté par l’Algérie à la lutte du peuple sud-africain. Cet infatigable lutteur avait entamé un autre combat pour le démantèlement des dernières survivances du  régime de l’apartheid.
Ce fut pour Nelson Mandela, une victoire définitive qui va poser les jalons d’une nation multiraciale. Dans son discours d’investiture, résumé par le fameux «At  least free (enfin libre)», Nelson Mandela avait la satisfaction du devoir accompli envers l’histoire, son peuple.
 En passant le témoin à  Thabo Mbeki  en quittant la présidence de la République et la direction de l’ANC, Nelson Mandela légua à son pays, un  poids moral, une  envergure politique, un capital d’estime universel qui ont fait de lui, une des figures les plus marquantes du 20e siècle.
Le Chef de l'État sud-africain M. Jacob Zuma a raison de déclarer que Nelson Mandela est maintenant parti en paix, et que la nation a perdu son fils le plus illustre. «Exprimons une profonde gratitude pour une vie vécue au service des gens de ce pays et de la cause de l'humanité», a-t-il enchaîné.
«Nous aurions eu un bain de sang si la réconciliation n'avait été notre politique de base», a coutume de dire Nelson Mandela à l’adresse de ses détracteurs. Le premier gouvernement postapartheid fut éminemment multiracial : Noirs, Blancs, Indiens, Métis,  chaque communauté trouve sa représentation.    
L'axe central de la réconciliation a été la Commission vérité et réconciliation (TRC) créée fin 1995 et présidée par l'archevêque Desmond Tutu, conscience morale de la lutte anti-apartheid. La TRC, qui entendit plus de 30.000 victimes et bourreaux, proposait l’amnistie. Véritables catharsis, ses auditions ont pansé, en dépit des critiques d’ailleurs prévisibles, des blessures indélébiles.
M. Bouraib


Mandela et l’Algérie, des principes partagés  

Nelson Mandela, l’homme qui fit tomber l’apartheid, a tiré sa révérence, jeudi soir, à son domicile de Johannesburg. Sa disparition est ressentie comme une grande perte pour l’humanité entière.
Les dirigeants de tous les pays lui reconnaissent les qualités du révolutionnaire, qui a, par son engagement continu pour l’égalité et la liberté, marqué le cours de l’histoire. L’Algérie, qui a  adopté la veille de l’indépendance celui qui deviendra un exemple à suivre pour son dévouement à la cause des opprimés, est naturellement endeuillée par sa mort.
C’est tout naturellement que les pouvoirs publics ont décidé de mettre en berne le drapeau,  une semaine durant. Si la mémoire du grand homme qu’il fut est appropriée par la planète entière en tant que patrimoine universel, l’Algérie est en droit de «revendiquer» le lien spécifique ayant cimenté une grande amitié avec Mandela.  
La grande amitié entretenue avec l’Algérie est d’autant plus intense que c’est au sein de l’ALN que Nelson Mandela a forgé, dans les années 1960, sa formation militaire. Plus tard, le soutien à l’ANC de l’Algérie qui venait d’arracher son indépendance est concrétisé par son grand coup de pouce à travers l’octroi d’une aide logistique et financière à la lutte sud-africaine. Aussi, les annales de l’histoire retiendront la position franche de l’Algérie en faveur de la lutte anti-apartheid.
Cette position, c’est au sein de l’ONU et précisément lors de la 29e Assemblée générale qui se tenait en 1974 sous la présidence de notre pays, est exprimée par Abdelaziz Bouteflika qui a plaidé avec succès l’exclusion de l’Afrique du Sud de cette même Assemblée. C’est dire que c’est forte de ses positions de principes en faveur des causes justes que l’Algérie a soutenu Mandela dans son combat. C’est cela et ce que représente l’Algérie pour Nelson Mandela qui expliquent, dans une large mesure, sa volonté de rendre visite officiellement à notre pays une fois libéré.  
Nelson Mandela qui incarne le courage et la persévérance dans la lutte a compté et comptera parmi les grands amis de l’Algérie qui apprécient, à sa juste dimension, la lutte de Libération nationale qui a pu venir à bout d’une grande puissance coloniale et, partant, sonné le glas du colonialisme et de son idéologie réductrice.    
S. Lamari


Un géant de l’Histoire s’en est allé

Jeudi soir 5 décembre, la nouvelle que les Sud-Africains et le monde entier redoutaient tant  depuis plusieurs mois est tombée.  Nelson Mandala est décédé. A 95 ans, celui qui a remporté son combat contre l’apartheid, après de longues années de lutte, a fini par perdre celui qu’il a livré à la mort.
La faucheuse a eu le dernier mot.    Ainsi donc, dans cette nuit du jeudi 2013, celui à qui tous les hommages rendus ne pourront jamais restituer  toute sa grandeur, s’en est allé. Nelson Mandela disparu, c’est une page de l’histoire du continent noir qui est tournée. Une page à laquelle il a largement contribué par son long combat contre l’apartheid dont il est sorti vainqueur en dépit de toutes les souffrances qu’il a endurées et les privations que le régime lui a fait subir après son incarcération en 1964. Car celui qui deviendra l’icône de l’Afrique du Sud, pour ne pas dire l’icône de l’Afrique et du monde, et le héros de la lutte contre le régime le plus raciste qui ait existé, l’apartheid en l’occurrence, n’aura jamais baissé les bras et sa libération intervenue au bout de 27 ans d’emprisonnement, faisant de lui le plus ancien des prisonniers politiques en détention, aura sonné le glas du régime politique le plus injuste que l’homme ait créé. Aujourd’hui dans le monde, Nelson Mandela est reconnu et célébré comme une force vitale dans la lutte pour les droits humains et l’égalité raciale. Du reste depuis son départ en «retraite», il milite dans un certain nombre d’organisations à caractère social et humanitaire. C’est dire les convictions qui l’animent et l’ont toujours animées. Les années qu’il a vécues en liberté lui ont permis de constater ce qu’il avait apporté à son peuple, à  l’Afrique et au monde entier. «C’est un géant, un héros de l’Humanité» soulignent tous ceux qui ont le privilège de l’approcher ou de suivre son parcours. Le prix Nobel de la paix  qu’il a reçu en 1993, conjointement avec le dernier président du régime de l'apartheid, Frederik de Klerk pour avoir su mener à bien les négociations pour instaurer une démocratie multiraciale en Afrique du Sud témoigne de cette reconnaissance que l’Humanité, justement, lui doit. Mandela a été de 1994 à 1999 le premier président noir de son pays, démocratiquement élu. Il a été un dirigeant de consensus qui a su gagner le cœur de la minorité blanche dont il avait pourtant combattu la mainmise sur le pouvoir. Il a été l’artisan de la réconciliation sud africaine. L'un de ses plus beaux gestes remonte au 24 juin 1995, ce jour-là, l'équipe de rugby des Springboks, longtemps symbole du pouvoir blanc, remportait la coupe du monde à   Johannesburg. Et Nelson Mandela remettait lui-même le trophée au capitaine. Cet épisode a été immortalisé dans le film de Clint Eastwood Invictus. Ses problèmes pulmonaires, pour lesquels il a été hospitalisé une nouvelle fois le 8 juin 2013, sont de l’avis de nombreux observateurs liés aux séquelles d'une tuberculose contractée pendant son long séjour sur l'île-prison de Robben Island, au large du Cap, où il a passé dix-huit de ses vingt-sept années de détention dans les geôles du régime raciste de l'apartheid. Fatigué depuis quelques années, il n'est plus apparu en public depuis la finale de la Coupe du monde de football, en juillet 2010 à Johannesburg. Et si aujourd’hui, à l’annonce de la nouvelle du décès de Nelson Mandela, l’émotion est aussi grande en Afrique du Sud et dans tous les pays de la planète, c’est que tout un chacun sait au fond de lui même que le monde n’est pas prêt de voir naître un homme de cette dimension. Dire qu’il aura laissé ses empreintes indélébiles l’Histoire contemporaine de l’Afrique et celle des autres continents, est un euphémisme . Les hommages rendus par les plus grands dirigeants de ce monde, appuyés par les commentaires presse internationale en sont la preuve de cet infini respect qu’il a imposé au monde.
Nadia Kerraz


Intervention de M.Sellal au sommet pour la paix et la sécurité en Afrique à paris :
« Mandela, un "homme d’exception" aux valeurs "impérissables" »


Le leader sud africain, Nelson Mandela, décédé jeudi à Johannesburg à l'âge de 95 ans, était un "homme d’exception" aux valeurs "impérissables", dont l’œuvre est un exemple pour les générations futures, a indiqué le Premier ministre, Abdelmalek Sellal vendredi à Paris où il représente le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, au sommet de l'Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique. "Avec l’Afrique et le reste de la communauté internationale, l’Algérie voit s’achever le long chemin vers la liberté d’un homme d’exception dont l’âme, l’exemple et l’œuvre ne manqueront pas d’inspirer les générations futures dans l’édification d’un monde meilleur, un monde respectueux de la dignité et de la personne humaine en tous lieux et en toutes circonstances", a souligné M. Sellal qui intervenait lors de ce sommet. "La disparition de Nelson Mandela, alors que se tient le sommet unique en son genre, vient placer nos présentes assises sous le signe du grand destin de ce grand Africain et des valeurs impérissables qu’il a incarnées en réconciliant l’humanité avec elle-même", a-t-il souligné, ajoutant qu'"avec le peuple sud africain frère, l’Algérie vient de perdre l’un des siens".
 

Ramtane Lamamra :
« Le message de Mandela demeure éternel »


Le message de libération et de résistance du leader  sud africain Nelson Mandela, décédé jeudi, demeure «éternel», a affirmé hier à Paris, le ministre des Affaires étrangère, Ramtane Lamamra.     
«Le message de Mandela demeure éternel. C'est un message de libération, de sacrifice, de résistance et de compter sur soi», a déclaré M. Lamamra à la presse en marge de la conférence de l’Elysée sur la paix et la sécurité en Afrique.          
Le chef de la diplomatie algérienne a souligné que «l'œuvre de Nelson Mandela prouve surabondamment que lorsque les Africains travaillent ensemble et consentent des sacrifices ensemble, ils ne peuvent que réaliser des victoires».          
Il a exprimé «toute l'émotion de l’Algérie» pour la perte de Mandela, rappelant que c'était «un des nôtres et que lui-même avait indiqué que c’était "l’Armée de libération nationale (ALN) qui avait fait de lui un homme"».          
«Nelson Mandela avait reçu une première formation militaire auprès de l’ALN avant de prendre la tête de la résistance du Congrès national africain (ANC) contre le régime d’apartheid et avant d’être arrêté et placé en détention pendant 27ans», a encore rappelé M. Lamamra.          
«Depuis lors, l’Algérie a été le soutien le plus ferme et le plus constant de l’ANC dont de nombreux cadres ont utilisé soit des armes fournies par l’Algérie, soit des passeports pour voyager ou encore d’autres moyens pour contribuer  à cette victoire historique sur l’apartheid et la discrimination raciale», a-t-il  ajouté.          
M. Lamamra a souligné également qu'«aujourd’hui avec le peuple sud africain frère, nous prions pour le repos éternel de l’âme de Nelson Mandela et nous partageons pleinement le deuil du peuple sud africain qui est celui de toute l’Afrique, mais aussi de l’humanité tout entière».


Vive émotion dans le monde
La mémoire et le combat de « Madiba » salués

Nelson Mandela, héros de la lutte anti apartheid, est mort à l'âge de 95 ans à son domicile de Johannesburg, a annoncé jeudi soir le président sud-africain Jacob Zuma en direct à la télévision publique. Nelson Mandela "s'est éteint", a déclaré M. Zuma, avant de rendre un long hommage à l'ancien président sud-africain. "Notre cher Madiba aura des funérailles d'Etat", a-t-il ajouté, annonçant que les drapeaux seraient en berne à partir de vendredi et jusqu'aux obsèques. Dès cette annonce, les réactions se sont enchaînées dans le monde. 

Barack Obama :
« Il nous a tous transformés »


Le Président Barack Obama a été le premier dirigeant a réagir à l’annonce du décès de Nelson Mandala a qui il a rendu un émouvant hommage  en déclarant qu'il ne pouvait imaginer ce qu'aurait été sa vie sans les enseignements de Mandela. Lors d’une allocution prononcée à la Maison-Blanche qu'il a entamée directement par une citation prononcée par Mandela lors de son procès en 1964, M. Obama a affirmé que le monde a perdu ''l'un des êtres humains les plus influents, les plus courageux et les plus bons que la Terre ait connu''. En rappelant la vie de lutte menée par Nelson Mandela, le chef de la Maison-Blanche a soutenu que grâce à sa farouche dignité et à sa volonté inébranlable de sacrifier sa propre liberté pour celle des autres, il a transformé l’Afrique du Sud, en ajoutant : ''Il nous a tous transformés.''
Pour M. Obama, l'engagement de Mandela à se réconcilier avec ceux qui l'ont emprisonné est un exemple dont toute l'humanité doit s'inspirer que ce soit dans la vie des pays ou dans les vies individuelles. ''Je suis l'une des millions de personnes qui se sont inspirées de la vie de Nelson Mandela. Ma première action politique et la première chose que j'ai faite qui impliquait la politique était de prendre part à une manifestation contre l'apartheid'', se rappela-t-il.

Ban Ki-moon :
« Une source d'inspiration humaine »

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exprimé sa profonde tristesse, rendant hommage à l'infatigable militant des droits de l'homme, au prisonnier d'opinion, à l'artisan de la paix internationale et au premier président démocratiquement élu de l'Afrique du Sud post-apartheid. ''Nelson Mandela était une figure singulière sur la scène internationale, un homme à la dignité calme et à l'héritage imposant, un géant de la justice et une source d'inspiration humaine'', a rappelé le chef de l'ONU. Outre la réaction du chef de l’ONU, les membres du Conseil de sécurité, qui étaient en séance lors de l'annonce de la disparition de M. Mandela, ont interrompu leur travail pour observer une minute de silence en mémoire du Prix Nobel 1993. A rappeler qu'une journée internationale Nelson Mandela avait été proclamée le 18 juillet, date de son anniversaire, par l'Assemblée générale de l'ONU, pour fédérer la communauté internationale autour d'une culture de la paix et de liberté.

François Hollande :
« Un résistant exceptionnel »

Le président français, François Hollande, a pour sa part qualifié le premier président noir de l'Afrique du Sud de "résistant exceptionnel" et "de combattant magnifique", selon un communiqué de l'Elysée. Nelson Mandela a été "l'incarnation de la nation sud-africaine, le ciment de son unité et la fierté de toute l'Afrique", déclare le président français. "Combattant infatigable de l'apartheid, il l'aura terrassé par son courage, son obstination et sa persévérance", a dit M. Hollande, soulignant que "malgré les épreuves personnelles et les humiliations interminables d'une détention qui aura duré 27 ans, il a pu non seulement renverser un régime abject, mais réconcilier les Sud-Africains et faire prévaloir la démocratie."

L’UE pleure « l'une des plus grandes figures de notre temps »

Nelson Mandela était "l'une des plus grandes figures politiques de notre temps" et le symbole de la lutte contre le racisme, ont dit le président de l'UE, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. "C'est un jour triste non seulement pour l'Afrique du Sud, mais pour l'ensemble de la communauté internationale. Nous pleurons la mort de l'une des plus grandes figures politique de notre temps", ont déclaré les deux dirigeants de l'Union européenne. "L'Afrique du Sud perd son père, le monde perd un héros.

David Cameron :
« Une grande lumière s'est éteinte »

Pour le Premier Ministre britannique, David Cameron, c’est "une grande lumière qui s'est éteinte dans le monde." " Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny, a remercié Mandela pour "son cadeau" et a fait part de ses sympathies les plus profondes au peuple d'Afrique du Sud. "Le nom de Mandela a fait bouger notre conscience et nos cœurs. Il était devenu synonyme de la recherche de la dignité et de la liberté à travers la planète", a-t-il dit dans un communiqué.  La reine Elizabeth II s'est dite vendredi "profondément attristée" par la mort de Nelson Mandela, saluant son action "sans relâche" pour une "Afrique du Sud pacifiée". "La reine a été profondément attristée d'apprendre la mort de Nelson Mandela la nuit dernière. Il a travaillé sans relâche pour le bien de son pays. Son héritage est l'Afrique du Sud pacifiée d'aujourd'hui", a indiqué un communiqué du palais de Buckingham.
Le fils aîné de la reine, le prince Charles, a également rendu hommage à l'ancien dirigeant sud-africain et héros de la lutte anti apartheid, "l'incarnation du courage et de la réconciliation". "Le monde a perdu un dirigeant inspiré et un grand homme", a déclaré l'héritier au trône d'Angleterre.

Li Keqiang, PM chinois :
« Un homme tant respecté »


"Nous sommes profondément attristés par la mort de M. Mandela, cet homme tant respecté à travers le monde", a déclaré Li Keqiang, Premier ministre chinois.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a salué en Nelson Mandela un "ami fidèle du peuple chinois", qui a su "gagner le respect et l'affection de personnes dans le monde entier."
Le héros de la lutte anti apartheid est l'auteur d'une "contribution historique à l'établissement et au développement des relations entre la Chine et l'Afrique du Sud", a ajouté dans un communiqué le ministère chinois des Affaires étrangères.

Mahmoud Abbas :
« Un symbole de la libération du colonialisme »



Le président palestinien Mahmoud Abbas a salué  de son côté en Nelson Mandela "un symbole de la libération du colonialisme et de l'occupation pour tous les peuples aspirant à la liberté".
"C'est une grande perte pour tous les peuples du monde et pour la Palestine", le qualifiant de "plus courageux et plus important des hommes qui nous ont soutenus." "Nous ne l'oublierons pas et le peuple palestinien n'oubliera pas ses paroles historiques disant que la révolution sud-africaine n'aurait pas atteint ses buts tant que le peuple palestinien n'aurait pas obtenu sa liberté", a-t-il souligné.

Vladimir Poutine :
« Un des hommes politiques les plus éminents »

Le président russe, Vladimir Poutine, a déclaré  que "Nelson Mandela était un des hommes politiques les plus éminents de notre époque". Le dernier dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, a de son côté déclaré que la vie de Nelson Mandela était "un exemple pour tous ceux qui pensent à leur pays", en évoquant la perte d'un "ami". "Mandela est un homme qui mérite qu'on lui dise un grand merci de la part de nous tous pour ce qu'il a fait."  
La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a  estimé que son "exemple guidera ceux qui luttent pour la justice sociale et la paix dans le monde." Elle a rendu hommage à "la plus grande personnalité du XXe siècle", soulignant la "passion et l'intelligence" dont il a fait preuve pour "réussir l'un des plus importants processus d'émancipation de l'être humain de l'Histoire contemporaine, la fin de l'apartheid en Afrique du Sud."  
Le ministre iranien des Affaires étrangères a  rappelé qu’il «a inspiré l'humanité par son courage et sa compassion." "Nelson Mandela était un révolutionnaire épris de liberté qui a non seulement résisté et vaincu l'oppression, le racisme et l'apartheid, mais de plus il a vaincu la force, la colère, la haine, la violence et le sentiment de vengeance", a-t-il ajouté.

Union Africaine :
« Un héros panafricain »

L'Union africaine (UA) a salué, hier, la mémoire d'un héros panafricain qui symbolise l'esprit de la solidarité contre le colonialisme, qui "manquera éternellement". "Madiba, de son nom tribal, symbolise l'esprit du panafricanisme et de la solidarité dans les luttes de l'humanité contre l'apartheid, l'oppression et le colonialisme et pour l'autodétermination, la paix et la réconciliation", a déclaré dans un communiqué la présidente de la Commission de l'UA, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma. "Mandela a livré un bon combat et a tiré sa révérence admiré de tous", a poursuivi Mme Dlamini-Zuma, ex-militante anti-apartheid, membre du Congrès national africain (ANC) de Mandela et ancienne ministre de la Santé de son gouvernement, et ex-épouse de l'actuel président sud-africain Jacob Zuma. "Son décès est une perte énorme pour sa famille, notre continent et, en fait, l'humanité elle-même", a-t-elle estimé, précisant avoir ordonné que les drapeaux soient mis en berne au siège de l'UA à Addis Abeba. Nelson Mandela, emprisonné de 1962 à 1990 pour son combat contre le régime sud-africain de l'apartheid avant de devenir en 1994 le premier président noir d'Afrique du Sud, est décédé jeudi dernier dans la soirée à l'âge de 95 ans.

Desmond Tutu :
« Mandela nous a appris
 à vivre ensemble »

Il "nous a appris à vivre ensemble et croire en nous-mêmes ", a déclaré un autre héros de la lutte anti apartheid et prix Nobel de la Paix, l'archevêque Desmond Tutu. "Au cours de 24 années (depuis sa libération, ndlr) Madiba nous a appris comment vivre ensemble et croire en nous-mêmes et en chacun. Il a été un unificateur à partir du moment où il est sorti de prison" en février 1990, a salué Desmond Tutu, dans un message écrit communiqué aux médias.

Thabo Mbeki :
« La fin d'une époque historique »

La mort de Nelson Mandela, jeudi soir, à son domicile à Johannesburg, à l'âge de 95 ans, des suites d'une longue maladie, marque la fin d'une époque historique qui fut très riche en leçons de patriotisme, de réconciliation et de pardon, a affirmé l'ancien président sud-africain, Thabo Mbeki. "Le décès de Madiba est une occasion pour se remémorer des actions héroïques inédites de toute une génération qui a lutté contre l'apartheid et s'était investie dans la reconstruction démocratique, sociale, économique et politique de l'Afrique du Sud", a précisé M. Mbeki dans un communiqué.
"Alors que nous pleurons le décès du président Mandela nous devons nous poser la question fondamentale : que ferons-nous des tâches de la construction d'une Afrique du Sud démocratique, non raciale, non sexiste et prospère, d'un peuple libéré de la faim, de la pauvreté de la société centrée, des maladies et des inégalités (...), auxquelles l'Icône mondiale a consacré toute sa vie ? ", a ajouté Thabo Mbeki.
"L'ex-président Nelson Mandela nous a quittés (...) il est maintenant en paix. La nation a perdu son fils le plus illustre", a fait savoir, de son côté, le président Jacob Zuma, lors d'une intervention en direct à la télévision. "Il s'est éteint en paix (...). Notre peuple perd un père", a-t-il ajouté avant d'annoncer que les drapeaux seront mis en berne à partir de vendredi et jusqu'aux funérailles d'Etat". "Exprimons la profonde gratitude pour une vie passée au service des gens de ce pays et de la cause de l'humanité", a-t-il enchaîné. "C'est un moment de profond chagrin (...) Nous t'aimerons toujours Madiba". "Comportons nous avec la dignité et le respect que Madiba personnifiait", a ajouté M. Zuma.

Le pape François :
Mandela a « forgé une nouvelle Afrique du Sud »

Le pape François a déclaré que Mandela a "forgé une nouvelle Afrique du Sud" et appelant les Sud-Africains à garder son exemple pour un avenir de "réconciliation".   Dans un télégramme au président sud-africain Jacob Zuma, le pape "salue l'engagement tenace montré par Nelson Mandela pour promouvoir la dignité humaine de tous les citoyens de la nation et forger une nouvelle Afrique du Sud basée sur les fermes fondations de la non-violence, de la réconciliation et de la vérité".   
"Je prie pour que l'exemple du président défunt inspire des générations de Sud-Africains afin qu'ils placent la justice et le bien commun en tête de leurs aspirations politiques", a ajouté le pape.


Il a passé plusieurs jours avec un représentant du GPRA
La Révolution algérienne : une source d’inspiration majeure pour Madiba

 La Révolution algérienne a représenté une inspiration particulière pour Nelson Mandela, car, a-t-il expliqué dans ses Mémoires intitulés, sobrement, Le long chemin vers la liberté, elle était le "modèle le plus proche du nôtre, parce que (les moudjahidine algériens, ndlr) affrontaient une importante communauté de colons blancs qui régnait sur la majorité indigène."

Lors de sa visite au Maroc en 1961, Nelson Mandela passa "plusieurs jours" avec le représentant du Gouvernement provisoire de la Révolution algérienne, GPRA, le docteur Chawki Mostefai, qui l’a initié aux différentes étapes de la Révolution algérienne.
Mandela a été ensuite convié à Oujda où il a rendu visite à une unité combattante de l’Armée de libération nationale (ALN) sur le front. "A un moment, se souvenait-il, j’ai pris une paire de jumelles et j’ai vu des soldats français de l’autre côté de la frontière. J’avoue que j’ai pensé voir des uniformes des forces de défense sud-africaines".
Deux jours plus tard, Mandela a été invité à assister à un défilé militaire en l’honneur de l’ancien président Ahmed Benbella, à sa libération de prison. En tête du cortège défilaient "des vétérans fiers et aguerris" portant "des armes qu’ils avaient utilisées au début de l’insurrection : des sabres, de vieux fusils à pierre, des haches et des lances". Ils étaient suivis de "soldats plus jeunes et tout aussi fiers" dotés d’armes modernes. "C’était une armée de guérilla composée de combattants qui ont gagné leurs galons dans le feu des batailles et qui s’intéressaient plus à la guerre et à la tactique qu’aux uniformes et aux défilés", notait-il. "Je savais que nos propres forces ressembleraient plus aux soldats d’Oujda et j’espérais seulement qu’ils combattraient aussi vaillamment. A l’arrière, il y avait une fanfare militaire assez désordonnée, dirigée par un homme qui s’appelait Sudani. Il était grand, bien bâti et sûr de lui, il était aussi noir que la nuit. Il lançait une canne de tambour-major et quand nous l’avons vu (la délégation sud-africaine, NDR) tout notre groupe s’est levé et a applaudi", se remémorait-il. "J’ai vu que les autres autour de moi nous regardaient et je me suis rendu compte que nous ne l’applaudissions que parce qu’il était noir. A nouveau, le pouvoir du nationalisme et de l’ethnicité m’a frappé. Nous avions réagi immédiatement, car nous avions l’impression de voir un frère africain. Plus tard, nos hôtes algériens nous ont expliqué que Sudani était un soldat légendaire et on disait même qu’il a capturé seul toute une unité de l’armée française, mais nous l’avons applaudi à cause de sa couleur et non de ses exploits". Des témoins de ses premiers contacts directs avec les révolutionnaires algériens, l’ont particulièrement impressionné et déterminé dans sa démarche ultérieure. Il se souvient, écrit-il dans ses mémoires, que le Dr Mostefai "nous a conseillé de ne pas négliger le côté politique de la guerre tout en organisant les forces militaires. L’opinion internationale valant parfois plus qu’une escadrille d’avions de combat à réaction". Le soutien de l’armée de libération nationale (ALN) s’était, entre autres, traduit par l’intégration de nombreux combattants de l’ANC dans les camps d’entraînement aux côtés des moudjahidine de l’ALN.
A partir de 1965, plusieurs militants de l’ANC venaient secrètement en Algérie pour recevoir un entraînement militaire et rentraient en Afrique du Sud pour y mener des opérations militaires. Et pour donner plus d’écho au combat contre l’apartheid à partir de l’Algérie, l’ANC ouvrit un bureau d’informations qui a vu le passage, à sa tête, de grandes personnalités du mouvement. Tous les dirigeants de l’ANC fréquentaient Alger, qualifiée, à cette époque, par le père de l’indépendance de la Guinée-Bissau, Amilcar Cabral de "Mecque des révolutionnaires". Le soutien de l’Algérie, au moment de sa présidence de l’assemblée générale de l’ONU en 1974 (le Président Abdelaziz Bouteflika, alors ministre des AE), s’était exprimé, par le geste historique qui a consisté à expulser de la salle le représentant du régime de l’apartheid.
A sa libération, le 11 février 1990, après plus de 27 années d’incarcération, Nelson Mandela a tenu à se rendre à Alger en reconnaissance au soutien apporté par l’Algérie à la lutte du peuple sud-africain contre l’apartheid.
Quand l'histoire reconnaît
les siens
Je suis toujours resté admiratif devant ce personnage hors du commun, mais sans doute chaque homme porte-t-il sa destinée dès ses premiers vagissements. Dans ses gènes. Atavisme, dirait-on aujourd'hui. Pourtant le sublimer quand bien même à juste titre serait peut-être quelque part trahir un peu sa mémoire. Tant sa légendaire humilité frise l'irréel. Anti héros par excellence, il aura donné et administré tant à ses bourreaux et tortionnaires une véritable leçon d'endurance et de résistance qu'à ses contemporains fiers de se reconnaître en ce pourfendeur patenté de tous les ismes. A commencer par l’apartheid et son ségrégationnisme dont il fera son véritable cheval de bataille politique. Personnage de dimension universelle voir surréaliste par son charisme jamais démenti et ce port altier qui forçait le respect, il aura assumé ses convictions jusqu'au dernier souffle. Ce souffle tout aussi légendaire du plus vieux prisonnier politique du monde entré dans l'histoire par la grande porte bien qu'anti héros par excellence, mais comme les grands hommes ne meurent jamais le voilà donc inscrit dans le panthéon des grands, s'il en est. En ce qu'il consacre au final  un personnage désormais mythique. Raison de plus pour rester toujours aussi reconnaissant et non moins admiratif envers l'une des figures les plus marquantes de l'histoire contemporaine. Et dont la longévité n'a eu d'égale que la puissance et l’âpreté de son combat perpétué dans le cheminement pourtant si chahuté vers l'inéluctable vérité. Avant que l'histoire ne finisse immanquablement par reconnaître les siens...
Amar Zentar

Dates marquantes dans la vie de Mandela

18 juillet 1918 : naissance dans la province du Cap oriental. - 1939 : entre à l'université de Fort Hare, alors unique université pour les noirs. - 1943 : devient membre du Congrès National Africain (ANC), qui lutte contre le pouvoir blanc. - 1944 : rencontre et épouse Evelyn Mase, qui lui donnera deux fils et une fille. Co-fonde avec Oliver Tambo la Ligue de la Jeunesse de l'ANC. - 1952 : mène la "Campagne de défiance civile" contre l'apartheid, régime ségrégationniste institutionnalisé en 1948. - 1956 : arrêté pour haute trahison. L'instruction du procès durera trois ans. - 1961 : acquitté dans le procès pour haute trahison. Décembre : lance l'aile armée de l'ANC, dont il devient le commandant en chef. - 1962 : arrêté et condamné à cinq ans de prison pour incitation à la grève et pour avoir quitté le territoire sud-africain sans autorisation. - 1963 : le noyau dirigeant de l'ANC est arrêté dans son refuge de Rivonia (Johannesburg) Mandela est inculpé de sabotage et haute trahison.
Pendant le procès, il prononce son fameux discours sur la démocratie, "un idéal pour lequel je suis prêt à mourir". - 1964 : Mandela et ses co-accusés sont condamnés le 12 juin à la prison à vie et envoyés sur l'îlot-bagne de Robben Island, au large du Cap. - 11 février 1990 : libéré sans condition par le président Frederik Willem de Klerk. - 1991 : élu président de l'ANC, supervise et dirige les négociations de la transition. - 1993 : prix Nobel de la Paix conjoint avec FW de Klerk. - 1994 : premières élections multiraciales le 27 avril, victoire de l'ANC. Mandela est investi président de la République le 10 mai. - 1999 : se retire de la présidence du pays, qui revient à Thabo Mbeki après la victoire de l'ANC aux deuxièmes élections démocratiques. - 1999-2001 : assume la médiation du processus de paix au Burundi après le décès du médiateur tanzanien Julius Nyerere. - 2003 : préside, au Cap, le premier d'une série de concerts internationaux au profit de la lutte contre le sida. - 2004 : Mandela se retire de la vie publique.

Le petit-fils de Mandela reconnaissant pour le soutien national et international

Mandla Mandela, l'aîné des petits-enfants de Nelson Mandela, a remercié, hier, en son nom et au nom de sa famille, les Sud-Africains et le monde entier pour les messages de soutiens reçus depuis l'annonce de la mort du héros de la lutte anti apartheid jeudi soir. "Je suis sincèrement reconnaissant de l'appui national et international que notre famille a reçu pendant les longs ennuis de santé de Madiba. Dans la famille, nous reconnaissons que Madiba nous appartient, non seulement à nous, mais au monde entier. Les messages que nous avons reçus depuis la nuit dernière nous ont fait chaud au cœur", a-t-il écrit dans un communiqué. Le monde entier rendait, hier, un hommage bouleversant à Nelson Mandela, personnalité majeure de l'histoire du XXe siècle devenu une "source d'inspiration" universelle pour ses valeurs de pardon et de réconciliation. La date des funérailles n'a pas encore été annoncée, mais le corps de Nelson Mandela a été transféré dans un hôpital militaire de Pretoria. Un hommage national et international devrait lui être rendu dans la capitale Pretoria avant un transfert définitif vers Qunu, le village de son enfance, où il souhaitait être inhumé.
 

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