mardi 16 juillet 2019 04:12:00

Mohamed Toufik Bessaï, président du conseil de l’ARPT : « La 3G sera lancée à la mi-décembre »

L’Algérie ne connaît pas la licence unique, mais séparée

PUBLIE LE : 03-12-2013 | 0:00
D.R

«Le décret exécutif d’attribution définitive de la licence 3G+ sera signé aujourd’hui ou demain par le Premier ministre», a annoncé, hier, M. Mohamed Toufik Bessaï, président du conseil de l’Autorité de régulation de la Poste et des télécommunications (ARPT), expliquant qu’il n’y avait aucune «considération politique dans le report de la commercialisation de la téléphonie mobile 3G+ en Algérie». Assurant que «la commercialisation de la puce 3G+ sera effective avant la mi-décembre», M. Bessaï a affirmé : «Nous n’attendrons pas la publication du décret, car celui-ci une fois signé, l’ARPT reçoit une copie et la notifiera immédiatement aux opérateurs qui pourront commencer la commercialisation de la puce 3G+.» Intervenant sur les ondes de la Chaîne III, l’invité de la rédaction a tenu à souligner que «ce n’est pas du tout une affaire politique, comme j’ai pu le lire un peu partout. Il n’y a aucune considération politique dans tout cela. Il ne faut pas voir du politique là où il n’y en a pas. Le décret d’attribution définitive des licences 3G aux trois opérateurs mobiles sera signé aujourd’hui ou demain par le Premier ministre. Une fois que le décret sera signé, nous recevrons une copie et nous le notifierons immédiatement aux opérateurs». Le président du conseil de l’ARPT a démenti la rumeur selon laquelle la 3G sera lancée une fois la prochaine élection présidentielle seront passée. «C’est faux. Je reste sans voix en entendant cela. Il n’y a aucune liaison à faire avec cela, il ne s’agit que d’un souci administratif, rien d’autre», a-t-il dit, précisant que «ce report n’est qu’un décalage technique et juridique qui a pris un peu plus de temps». «Il ne faut pas donner à ce retard une autre explication que celle-là», a-t-il lancé. «L’ARPT met les bouchées doubles pour lancer cette technologie, la preuve, pour gagner du temps, nous avons déjà commencé à étudier en masqué, les offres des trois opérateurs», a indiqué M. Bessaï. «Ces offres seront validées officiellement le jour où l’ARPT leur notifiera le décret», a-t-il précisé, ajoutant que son organisme «a également assigné des fréquences et des blocs de numéros dédiés à la 3G+». Aussi, «pour faire court, la 3G sera bel et bien lancée aux alentours du 15 décembre, fin décembre au plus tard. Les opérateurs étaient au courant de cet ajournement», affirme M. Bessaï, expliquant : «Ils sont au courant de tout, car nous sommes en contact permanent avec eux. Ils s’attendaient à ce retard, c’est pourquoi j’ai été étonné d’apprendre que certains d’entre eux ont affirmé avoir été surpris de ce report. C’est à la limite, de la mauvaise foi pour moi.»

L’Algérie ne connaît pas la licence unique, mais séparée
Questionné sur l’acquisition d’une deuxième puce pour pouvoir s’abonner à la 3G, M. Bessaï déclare que c’est une décision «momentanée», et que la décision de dédier une numérotation spéciale à la 3G+ était conforme au cadre juridique algérien, qui prescrit qu’il ne peut y avoir qu’une licence par segment ou technologie. Dans le même ordre d’idées, il a, toutefois, fait savoir que l’ARPT envisageait de travailler avec les trois opérateurs de téléphonie mobile pour l’émergence d’une solution consensuelle permettant une «implémentation» du numéro unique préservant la séparation juridique des licences 2G et 3G. «Le numéro unique sera implémenté ultérieurement, dans trois semestres au plus tard. Nous avons écrit aux opérateurs pour les en informer.».
«L’Algérie ne connaît pas la licence unique, mais séparée. Qui dit licence séparée, dit régulation séparée. Le numéro séparé est le seul numéro viable sur le plan juridique. Il faut que la jonction technique entre numéro 2G et numéro 3G n’occulte pas les chiffres d’affaires des opérateurs. Si nous avons opté pour un numéro séparé, c’est pour une question de transparence. Les revenus des deux licences 2G et 3G doivent être lisibles pour le régulateur», dit-il.

L’Algérie enregistre 98% d’abonnements en prépayé
S’agissant de la couverture en 3G de l’ensemble du territoire national, M. Bessaï a déclaré que «les 48 wilayas seront couvertes par au moins l’un des opérateurs d’ici 2016. 28 wilayas seront couvertes par au moins l’un des opérateurs, à l’issue de la première année». Interrogé sur le nombre éventuel d’abonnés à la 3G+, M. Bessaï a indiqué que «ce nombre n’excédera pas les 3 millions d’abonnés en 5 ans». Répondant à une question sur la portabilité des numéros (changer d’opérateur tout en gardant le même numéro), il a estimé que c’était chose possible dans les autres pays. Néanmoins, «cette option n’a pas vraiment eu de succès dans les pays où le prépayé est dominant», rappelant que l’Algérie enregistre 98% d’abonnements en mode prépayé. De ce fait, «sur le plan de l’observation, la portabilité n’est pas un succès chez nos voisins si l’on se base sur le prépayé.Elle ne toucherait que 1% des abonnés, pourquoi alors s’aventurer dans ce chantier, sachant qu’il n’intéressera qu’une infime partie des abonnés ? Là où la portabilité intéresse, c’est dans les pays où les offres post-payées marchent plus que les offres prépayées, pas ailleurs», a-t-il argumenté.

La 3G «moins chère» que la 2G dans une année
Évoquant la tarification, le premier responsable de l’ARPT a estimé que l’internet 3G devra coûter «moins cher» que la 2G dans un maximum d’une année du lancement et d’activité, et «nous veillerons à ce que cela soit respecté par les opérateurs». Pour M. Bessaï, «les offres des opérateurs en matière d’internet 3G+ devront coûter moins cher que celles actuellement en vigueur dans la 2G (GSM). Les opérateurs devront amortir leurs investissements dans ce créneau», ajoutant que «dans un premier temps, les opérateurs devront amortir leurs investissements, mais à terme (moins d’une année, ndlr), ils devraient proposer des prix attractifs pour la 3G+». Évoquant la question de la mise en garde adressée par cet organisme aux trois opérateurs de téléphonie mobile quant aux dépassements enregistrés dans leurs campagnes publicitaires respectives, il tiendra à faire cette mise au point : «Nous avons laissé un temps aux opérateurs de communiquer librement sur leurs offres et réseaux. Mais, à un moment, nous avons ressenti une confusion entre les offres 2G et celles 3G. Nous avons alors ciblé l’usager via un communiqué afin qu’il ne se laisse pas abuser par la publicité des opérateurs. Nous avons noté une sorte d’exagération qui ne devait pas dépasser certaines bornes, ce pourquoi nous les avons freinés afin qu’ils ne basculent pas vers l’irrégularité», a enfin conclu le responsable de l’Autorité de régulation.
Sihem Oubraham

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