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Pr Dif, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital d’el-kettar : « Un programme national de dépistage du sida pour les femmes enceintes »

«Le sida continue à causer des décès en Algérie, parce que le malade ne se présente aux centres de dépistage qu’une fois son immunité est au stade final et les infections opportunistes se sont développées», a déclaré, jeudi, le chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital d’El-Kettar d’Alger, le professeur Abdelwahab Dif, sur les ondes de la Chaîne III.

PUBLIE LE : 29-11-2013 | 23:00
D.R

«Le sida continue à causer des décès en Algérie, parce que le malade ne se présente aux centres de dépistage qu’une fois son immunité est au stade final et les infections opportunistes se sont développées», a déclaré, jeudi, le chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital d’El-Kettar d’Alger, le professeur Abdelwahab Dif, sur les ondes de la Chaîne III.    

Tout en rappelant que le nombre des séropositifs recensés jusqu’en décembre 2011 est de 3.280 à l’échelle nationale, Pr Dif a estimé à environ 2.000 cas, le nombre des victimes du sida décédées depuis la découverte de cette maladie en Algérie, en 1985.
 Pr Dif, également président du Comité national de lutte contre le sida, a souligné que c’est la partie  «invisible» de la maladie qui pose  le plus de soucis, étant donné que le nombre de potentiels porteurs du virus sida se compte par milliers. «Ces gens-là, porteurs potentiels du virus, ne présentent aucun signe extérieur de la maladie. Ils ne savent donc pas qu’ils sont malades, mais sont susceptibles, en réalité, de contaminer d’autres personnes», dit-il.  
Il a met en relief, dans ce cadre, toute l’importance de la prévention et de la sensibilisation, et soutient que la prévention et la sensibilisation autour de cette maladie sont «l’affaire» de plusieurs secteurs, et non pas celui de la santé uniquement.  L’invité de la rédaction met également l’accent sur l’aspect de l’éducation et de l’information afin d’éviter que la maladie puisse évoluer rapidement, lorsque le malade est déjà atteint, et sur celui de la prévention afin de mettre les personnes à risque à l’abri du sida. Pour ce qui est du dépistage, il convient de signaler que pas moins de 64 unités, dont celles relevant  des 9 centres régionaux, sont mises à la disposition des citoyens de manière «anonyme» et «gratuite», à l’échelle nationale. L’unité relevant de l’hôpital d’El-Kettar est «la plus importante» en la matière puisqu’elle prend en charge environ 50% des malades de l’ensemble du territoire national. En 2012, ce centre a eu à traiter 74 séropositifs.
À retenir, dans ce contexte, le coût de la prise en charge des malades du sida qui s’élève, pour l’État, à 500.000 DA par an et par individu. En 2012, la seule structure d’El-Kettar a dépensé 190 millions DA pour le traitement des personnes suivies dans ses services.

Le comité national de lutte contre le sida non encore installé
Le Pr Dif déplore que le sida soit autant entouré de tabous dans notre société, ce qui représente, à ses yeux, un «obstacle» de  taille dans cet objectif de réduire l’ampleur de la pathologie. Aussi, il plaide pour que le préservatif soit «subventionné», en vue de le mettre plus à la disposition des jeunes et des personnes pour qui le coût représente  une charge financière importante. «L’intérêt, ici, est de réduire les risques de contamination et de propagation de la maladie», a-t-il dit.
Par ailleurs, au sujet de la transmission du sida de la mère à l’enfant, le spécialiste met en relief que dans le cadre du programme national de dépistage du sida pour toutes  les femmes enceintes, «l’objectif est d’arriver, à fin 2015, à une réduction de 90% de la transmission». Il faut savoir que pour éviter la transmission après la naissance, le nouveau-né «ne doit pas être allaité — parce qu’il y a risque de contamination par le lait — et on lui donne également un traitement», a souligné le chef de services des maladies infectieuses à l’hôpital d’El-Kettar.
Pr Dif a ensuite indiqué que le ministère de la Santé s’est engagé publiquement à dépister toutes les femmes enceintes à travers le territoire national, en vue d’éviter que les  bébés ne soient contaminés par leur mère porteuse du virus du sida.
Ce programme devra toucher un maximum de femmes enceintes dans l’ensemble du territoire national, étant donné que «90 à 95% des  femmes accouchent en milieu assisté», a-t-il affirmé.
Par ailleurs, le Pr Abdelwahab Dif a indiqué que le comité national de lutte contre le sida, créé en 2012, n’est pas encore installé, et que les représentants des ministères concernés devant y faire partie n’ont toujours pas été désignés. Cette instance, qui a pour mission la prise en charge et la mise en œuvre de la politique  nationale de lutte contre cette maladie, qui représente une des préoccupations  de santé publique et qui évolue de manière «préoccupante» en Algérie, est appelée à se réunir deux fois par an, en vue de tracer un programme d’actions à mener à court terme à l’échelle nationale, en vue d’endiguer la propagation de cette pathologie, a enfin précisé l’expert.          
Soraya Guemmouri

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