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Nucléaire : Accord entre l'Iran et l'AIEA

L'Iran et l'Agence nucléaire de l'ONU ont convenu hier d'une feuille de route sur des vérifications d'activités nucléaires iraniennes, mais l'Occident a maintenu la pression sur Téhéran pour obtenir un accord plus large dans la foulée de la percée à Genève.

PUBLIE LE : 11-11-2013 | 23:00
D.R

L'Iran et l'Agence nucléaire de l'ONU ont convenu hier d'une feuille de route sur des vérifications d'activités nucléaires iraniennes, mais l'Occident a maintenu la pression sur Téhéran pour obtenir un accord plus large dans la foulée de la percée à Genève. La feuille de route, conclue à l'occasion de la visite à Téhéran du chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano, prévoit une inspection de l'usine de production d'eau lourde d'Arak, à laquelle l'agence onusienne tente d'accéder depuis 2011, mais pas du site militaire plus controversé de Parchin.
Elle survient au lendemain de la fin de trois jours d'intenses négociations à Genève entre l'Iran et les grandes puissances, qui n'ont pas permis d'aboutir à un accord sur le programme nucléaire iranien, soupçonné malgré les démentis de Téhéran de viser à obtenir l'arme atomique.
En visite à Abou Dhabi après son passage à Genève avec ses homologues français, britannique et russe, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a affirmé, hier, que l'Iran était responsable de l'absence d'accord dans la ville suisse. «Le groupe des 5+1 était unifié samedi, lorsque nous avons présenté notre proposition aux Iraniens, (...) mais l'Iran ne pouvait l'accepter, à ce moment particulier, ils n'étaient pas en mesure d'accepter», a-t-il dit, en émettant «l'espoir de pouvoir parvenir dans les prochains mois à un accord acceptable pour tous». Les négociations ont quand même permis d'importants progrès, selon des participants, et doivent reprendre le 20 novembre à Genève. Bloquées depuis des années, elles ont été relancées par la politique d'ouverture vers l'Occident du nouveau président iranien Hassan Rohani. Réputé modéré, il souhaite mettre fin à dix ans de crise sur le nucléaire pour obtenir la levée des sanctions internationales qui étouffent l'économie de son pays. Mais il a répété dimanche que son pays refusait de céder ses «droits nucléaires dans le cadre des régulations internationales, ce qui inclut l'enrichissement (d'uranium) sur le sol iranien». M. Kerry lui a répondu qu'aucun pays n'avait «un droit établi à enrichir» de l'uranium.
L'Occident veut des garanties concernant les capacités d'enrichissement d'uranium de l'Iran, notamment son stock d'uranium enrichi à 20 % — étape permettant ensuite rapidement un enrichissement à 90 % pour usage militaire —, le parc de 19.000 centrifugeuses et la fabrication d'une nouvelle génération de machines cinq fois plus rapides. Des garanties sont aussi demandées sur le réacteur à eau lourde, susceptible d'obtenir du plutonium, à Arak. En échange d'un accord, l'Iran espère un allègement «limité et réversible» de certaines sanctions, en particulier le gel des avoirs iraniens dans des banques hors des Etats-Unis. Sur la feuille de route conclue avec l'AIEA, le chef de l'organisation nucléaire iranienne, Ali Akbar Salehi a expliqué à la presse que l'Iran avait accepté «volontairement» des inspections de «l'usine d'Arak et la mine (d'uranium) de Gachin», près de Bandar Abbas (sud). Ces inspections font partie de la première phase de cette feuille de route, d'une durée de trois mois, qui «vise à créer plus de confiance mutuelle». «Dans les phases suivantes, nos experts et ceux de l'AIEA discuteront des autres questions (notamment celles) n'ayant pas une nature nucléaire directe», a déclaré M. Salehi. Il a semblé écarter ainsi une visite prochaine de l'AIEA à la base militaire de Parchin, près de Téhéran, où l'agence soupçonne les autorités d'avoir procédé à des tests d'explosions conventionnelles applicables au nucléaire. Saluant un accord «très important», M. Amano a toutefois souligné qu'il restait «beaucoup à faire». L'AIEA, qui surveille régulièrement les installations nucléaires iraniennes, tente depuis deux ans d'éclaircir certains éléments indiquant que l'Iran avait cherché à développer l'arme nucléaire, principalement avant 2003. Elle n'a pas encore réussi à exclure l'existence d'un volet militaire au programme iranien, faute selon elle de coopération suffisante de l'Iran.

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