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M. Boudiaf à Oran : « Pour une traçabilité et une visibilité de la gestion médicale »

Cas de paludisme à Batna et à Ghardaïa : « La situation est maîtrisée » annonce le ministère de la Santé

PUBLIE LE : 09-11-2013 | 23:00
D.R

Une commission, dont les membres sont des experts nationaux en paludisme, se réunira demain à Alger pour analyser les cas de paludisme qui ont défrayé la chronique dans la wilaya de Ghardaïa.

À l’issue de sa réunion, cette commission rendra public un communiqué, a déclaré, hier à Oran, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, qui a joué la carte de la transparence en invitant le professeur Mesbah, directeur de la prévention au ministère de la Santé, a apporter plus d’explications à l’assistance. «Depuis jeudi dernier, aucun cas notifié n’a été enregistré», a déclaré l’intervenant, qui a précisé qu’hormis un cas à Annaba (il s’agit d’une rechute), toutes les souches identifiées sont importées d’Afrique subsaharienne. Sur les neuf cas de paludisme confirmés (dont un décès), quatre ont quitté vendredi l’hôpital, après avoir reçu les traitements indiqués, tandis que les quatre autres sont gardés en observation, a expliqué le professeur, en rappelant que l’équipe épidémiologique a suivi rigoureusement le protocole de l’Organisation mondiale de la santé en pareil cas. Deux patients dont le pronostic vital n’est pas engagé sont, par ailleurs, pris en charge au CHU d’Oran. Ces deux patients, des supporters de l’équipe nationale de football, ont fait le déplacement récemment au Burkina Fasso. Le ministre qui se trouve pour la seconde journée à Oran examine depuis hier, pour 14 wilayas de l’Ouest, la situation médicale et sanitaire de chacune d’elle. Il faut préciser que ce regroupement régional (qui sera suivi par trois autres à l’Est, au Centre et au Sud) s’inscrit à l’intérieur d’une instruction comportant sept volets totalisant 24 axes définissant une feuille de route tracée par le ministère de la Santé pour améliorer, sous tous les aspects (prise en charge des malades, accueil, hygiène, environnement, disponibilité des médicaments, du personnel, des équipements… ), la situation des établissements hospitaliers. C’est ce canevas qui a constitué le fil d’Ariane à la rencontre des professionnels de la santé (directeurs de wilaya, d’établissements hospitaliers… ) de tout l’Ouest, hier à Oran. En tout, quatorze wilayas pour répondre, une à une, à trois questions précises : les dispositions prises suite aux inspections faites par les cadres de l’administration centrale, un point de situation précis sur l’ensemble des projets et les perspectives. Une fois ce panorama effectué, cinq ateliers ont été formés sur cinq thématiques précises : le médicament, la maintenance, l’accueil et l’hygiène, les urgences et, enfin, la problématique de la gestion dans les établissements hospitaliers.
 
Réhabiliter l’autorité  du DSP
Le ministère de la Santé est à la veille d’un vaste programme de recrutement. C’est du moins ce que l’on a déduit à partir de l’affirmation de M. Abdelmalek Boudiaf qui a avancé le chiffre de 4.000 postes budgétaires prêts pour le recrutement de spécialistes. À ce propos, le ministre a tenu à préciser que les affectations doivent se faire sur la base d’un besoin et d’une demande, pour en finir avec ces affectations de spécialistes dans des zones où aucun équipement qui relève de leur domaine de compétence n’existe. Pour illustrer ses propos, il cite le cas d’un radiologue affecté à Reggane, dans un centre de soins qui ne dispose d’aucun scanner. Pour le professeur Larbi Abid, directeur général de la santé au ministère, le péché originel est dans la mise à l’écart du directeur de la santé de wilaya où la recrue est désignée. Celui-ci est juste mis au courant de l’arrivée d’un spécialiste muté sur décision ministérielle dans une structure de santé sans qu’on tienne compte des paramètres d’efficacité. Aussi, il est préconisé que c’est au DSP que doit revenir la prérogative de redéployer à l’intérieur de sa wilaya, les praticiens en tenant compte des besoins de telle ou telle commune et surtout des capacités matérielles des établissements sanitaires. Un second point a été abordé, il concerne les dispenses (de complaisance ?) dont jouiraient les spécialistes pour échapper aux gardes. «Il faut bannir ces dispenses», a-t-il affirmé, pour en finir avec ces centres de soins réduits à évacuer vers les CHU systématiquement leurs urgences.

«Tous les vaccins sont  disponibles»
«Tous les vaccins sont disponibles au niveau de l’Institut Pasteur d’Algérie», a déclaré à l’assistance, le directeur général de cet institut, le Pr Kamel Kezzal, qui a appelé publiquement à respecter scrupuleusement trois conditions. Primo, pour anticiper les besoins de 2014 en matière de fourniture de médicaments, il faut que les structures concernées communiquent leurs besoins prévisionnels avant le 15 novembre.
 Secundo, il faut que les stocks de médicaments soient repartis et régulés de façon rationnelle pour éviter leur péremption. Tertio, il faut mettre en place un réseau intrawilayas pour gérer de façon optimale les médicaments. Rendre au plan comptable toute sa rigueur avec l’appui, entre autres, d’une cellule de veille chargée de fournir en produits pharmaceutiques, les établissements de santé. Pour rester dans le chapitre rigueur dans la gestion, présente également hier, la directrice de la planification auprès du ministère de la Santé, le Dr Zerrouki, a apporté «une bonne nouvelle» (selon ses propos), en indiquant à l’assistance que concernant les projets en cours au niveau des wilayas, toutes les demandes de réévaluation ont été acceptées… certaines dans l’immédiat et d’autres sur le budget de 2014.
 M. Koursi

À propos du site web du ministère
À la prise de ses fonctions à la tête de ce département ministériel, M. Abdelmalek Boudiaf a découvert que le site de cette institution hébergé chez un organisme extérieur n’était pas mis à jour et l’ensemble de ses «fenêtres» étaient obsolètes depuis plusieurs années. À peine 15% du réseau était fonctionnel. Des directives fermes ont été données pour se réapproprier le réseau au plus tard en décembre, avec un contenu en phase avec les questions de l’heure. Le nouveau contenu offrira donc un système d’information sanitaire, une fenêtre sur les maladies transmissibles (il s’agit d’un projet-pilote mené actuellement au niveau d’une dizaine d’établissements), un dossier électronique médical (ce projet-pilote à Oran sera généralisé à l’ensemble du pays en juin prochain)… Internet avec ses offres (messagerie, Twitter, Facebook) est un outil que le ministère ne peut pas se permettre d’ignorer, a souligné le ministre qui a évoqué un de ses chantiers prioritaires : l’informatisation de la carte sanitaire à l’échelle du pays
 M. K.

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Cas de paludisme à Batna et à Ghardaïa
« La situation est maîtrisée » annonce le ministère de la Santé
Suite à la déclaration de plusieurs cas de paludisme dans les wilayas de Batna et de Ghardaïa, le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière (MSPRH) informe la population, dans un communiqué rendu public hier, qu’«à l’heure actuelle, la situation est contrôlée et les mesures adaptées et nécessaires  ont été prises tant sur le plan de la prise en charge des malades que sur le plan de la lutte contre le vecteur». «4 cas de paludisme ont été déclarés, entre le 21 octobre et le 7 novembre 2013, par les services de santé de la wilaya de Batna, dont 2 sont décédés suite à un accès palustre grave malgré l’administration d’antipaludéens (médicaments de traitement du paludisme, ndlr)», précise le même communiqué.
Les deux autres cas «évoluent vers la guérison, l’un d’eux a rejoint son domicile dans un bon état général, le second ne quittera l’hôpital qu’au 7e jour de son hospitalisation, et cela après avoir subi les examens de contrôle requis. Pour les quatre cas, aucun lien épidémiologique n’a été établi», ajoute le communiqué. Le ministère de la Santé tient à préciser que malgré la maîtrise de la situation, les mesures sanitaires mises en place se poursuivent, à savoir «le dépistage actif de l’entourage, la surveillance hématologique des cas dépistés par des prélèvements sanguins pour des examens parasitologiques, le maintien de la vigilance au niveau des structures de santé, le maintien des stocks en médicaments antipaludéens, notamment en quinine injectable pour les formes graves dans les structures de santé, le maintien de la surveillance épidémiologique dans l’éventualité d’apparition de nouveaux cas, la poursuite de la sensibilisation», est-il souligné. En ce qui concerne la situation dans la wilaya de Ghardaïa, «sur les 9 cas déclarés entre le 31 octobre et le 6 novembre 2013», explique la même source, «un décès a été enregistré la nuit du 6 au 7 novembre 2013, après un séjour au service de soins intensifs. Il s’agit du premier cas déclaré, âgé de 60 ans, ayant présenté un tableau de neuro-paludisme associé à une cardiopathie hypertensive», souligne-t-on.
Le ministère affirme par ailleurs que «4 patients ont déjà quitté l’hôpital dans un état général satisfaisant, après avoir effectué les examens hématologiques de contrôle», «les 4 autres patients restants évoluent correctement, mais doivent rester sous surveillance jusqu’au 7e jour d’hospitalisation». Selon le département de la Santé, les autorités locales de la wilaya de Ghardaïa «ont installé une cellule de crise multisectorielle pour mettre en place les mesures sanitaires requises et suivre quotidiennement la situation».
En attendant les conclusions définitives, les informations disponibles et scientifiquement confirmées montrant que la souche identifiée de ces «9 cas,  le "plasmodium falciparum", qui est une souche importée, n’excluent pas un éventuel micro-foyer temporaire», est-il signalé.
À cet effet, les mesures instaurées dès les premiers jours se poursuivent jusqu’à l’heure actuelle. Soulignant que «le dépistage massif ayant initialement concerné les 3 quartiers où sont apparus les premiers cas a été étendu aux 8 quartiers limitrophes», le ministère de la santé précise que «ce dépistage a permis de réaliser 2.078 prélèvements pour un frottis goutte épaisse (examen de diagnostic)». «À ce jour, les 536 prélèvements analysés se sont révélés négatifs.» Aussi, les autorités ont procédé à «l’opération de comblement, remblaiement et drainage de toutes les collections d’eau de la régio, qui se poursuit par les services des collectivités locales et ceux de l’hydraulique», et «la lutte anti-vectorielle et la destruction des gîtes larvaires suit son cours sous la supervision de 3 techniciens qualifiés».
Par ailleurs, le ministère annonce que le dispositif de renforcement de la surveillance et de la lutte contre le paludisme mis en place par le MSPRH au niveau de l’ensemble des wilayas frontalières est maintenu. En outre, «le Comité des experts chargé de la lutte contre le paludisme se réunira demain à Alger pour examiner les résultats des commissions d’enquêtes dépêchées sur place dans les 2 wilayas». Néanmoins, la situation est en passe d’être complètement contrôlée, puisque, conclut le texte, «à l’heure actuelle, aucun nouveau cas confirmé par le laboratoire national de référence n’a été enregistré ni de nouveaux décès».
Sihem Oubraham
 

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