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18e Sila : Intérêt pour la littérature algérienne francophone et les classiques français

L'intérêt pour le roman historique et les mémoires de figures marquantes de l'histoire de l'Algérie, ancienne et plus récente — une tendance apparue depuis quelques années — est motivé par le besoin de connaître les « petites histoires personnelles qui irriguent la grande histoire », disent les amateurs de ce genre de littérature.

PUBLIE LE : 07-11-2013 | 0:00
D.R

L'intérêt pour le roman historique et les mémoires de figures marquantes de l'histoire de l'Algérie, ancienne et plus récente — une tendance apparue depuis quelques années — est motivé par le besoin de connaître les « petites histoires personnelles qui irriguent la grande histoire », disent les amateurs de ce genre de littérature.

Le goût des lecteurs algériens, parmi les visiteurs  du Sila (Salon international du livre d'Alger), pour la fiction, le roman historique  et les classiques de la littérature française se confirme encore à l'occasion  de cette 18e édition, révélant une tendance qui se renforce d'année en année depuis l'existence du Salon. Dès l'ouverture du Salon au public, jeudi dernier, les différents stands d'éditeurs algériens et étrangers parmi ceux qui proposent les ouvrages de littérature (fiction, roman et classiques) ne désemplissent pas, preuve que "le lectorat (algérien) +a encore soif+ d'ouvrages sur l'histoire et de romans inspirés de son quotidien", ainsi que l'a résumé le responsable des éditions APIC.
L’actualité algérienne et du monde arabe connaît elle aussi un certain succès, surtout auprès des jeunes lecteurs, même si ces sujets sont proposés sous forme d'essais, a-t-on constaté sur place.   Des lecteurs plus âgés et portés sur le roman se retrouvent en nombre aux stands des éditeurs spécialisés dans la littérature, à l'instar des éditions Barzakh dont le responsable appuie les affirmations de ses collègues éditeurs concernant la demande du lecteur algérien "attiré par les romans tirées du vécu". De leur côté, des visiteurs du Salon, interrogés par l'APS, confirment le constat des éditeurs. Tout en avouant être "influencés" par la "médiatisation de certains auteurs", ils disent rechercher naturellement dans le roman, le sentiment de l'évasion qu'il procure au lecteur. L'intérêt pour le roman historique et les mémoires de figures marquantes de l'histoire de l'Algérie, ancienne et plus récente —une tendance apparue depuis  quelques années — est motivé, lui, par le besoin de "connaître les +petites histoires personnelles qui irriguent la grande histoire", disent les amateurs de ce genre de littérature.  Des maisons d’édition françaises, désormais des habituées du Sila,  spécialisées dans la littérature, soulignent, elles aussi, l’intérêt pour les  littératures du monde et pour les classiques de la littérature française, les  publications récentes surtout, même si le prix pratiqué est élevé pour les bourses moyennes et souvent décourage les acquéreurs potentiels. Plus accessibles, les rééditions d'ouvrages d'auteurs algériens d’expression  française, à l’image de Kateb Yacine ou de Mohamed Dib, trouvent preneur par contre et connaissent un regain d'intérêt, en particulier parmi les étudiants et les lycéens. Cette tendance, si elle venait à s'installer dans la durée, pourrait développer le goût de la lecture de masse, contribuer à l'émergence d'un jeune lectorat et asseoir, à terme, une "culture du livre", selon le souhait des éditeurs qui ont opté pour la réédition.  
A contrario, plusieurs éditeurs du livre arabophone se désolent que le roman d'expression arabe n'attire qu'un public "très restreint, avisé  et à la cherche d'œuvres ou d'auteurs précis", alors que le livre religieux,  ou encore les ouvrages académiques connaissent un succès renouvelé année  après année.                             
Ahlam Mosteghanemi, l’une des romancières les plus lues à travers les  pays arabes, a marqué son passage au Sila en fêtant, avec ses lecteurs algériens, le 20e anniversaire de la sortie de Dhakirat el djamaa (Mémoires de la  chair), son premier roman, une œuvre qui connaît toujours un succès populaire en dehors de l'Algérie, plusieurs fois primée et adaptée à l'écran. À cette occasion, plusieurs centaines de lecteurs n'ont pas hésité à attendre de longues heures avant d'obtenir la dédicace de leur auteure préférée que d'aucuns considèrent, "avec Assia Djebbar, comme la meilleure ambassadrice de la littérature algérienne". Son confrère francophone, Yasmina Khadra, a lui aussi créé l’évènement deux jours de suite aux éditions Casbah, son éditeur algérien, où les admirateurs de l'auteur formant des queues interminables ont dû patienter avant de se faire  dédicacer son dernier roman, les Anges meurent de nos blessures. Le 18e Sila se poursuit jusqu’à vendredi au palais des Expositions des Pins Maritimes.

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