dimanche 18 novembre 2018 12:10:30

Serbie : Face à une lourde tâche pour redresser son économie

Les mesures d'austérité adoptées récemment par la Serbie pour réduire un déficit budgétaire qui pourrait atteindre 7,5% du PIB en 2013 risquent de rencontrer des obstacles et d'être insuffisantes pour redresser l'économie, estiment des analystes.

PUBLIE LE : 21-10-2013 | 0:00
D.R

Les mesures d'austérité adoptées récemment par la Serbie pour réduire un déficit budgétaire qui pourrait atteindre 7,5%  du PIB en 2013 risquent de rencontrer des obstacles et d'être insuffisantes pour redresser l'économie, estiment des analystes. Face à une hausse du déficit qui pourrait atteindre 7,5 % du PIB en 2013 et une dette publique qui s'élève actuellement à 60 % du PIB, le gouvernement  a adopté début octobre une série de mesures, notamment l'augmentation de la  TVA de 8 à 10 % pour les produits de base et la réduction jusqu'à 25 % des salaires  dans le secteur public, à partir de 2014. Un prêt du Fonds monétaire international (FMI) s'élevant à un million d'euro a été gelé en février 2012 à cause du non-respect des engagements par le gouvernement précédent. Les principales conditions sont de ramener le déficit à 4,25 % du PIB.  Alors que le FMI affirme que ces mesures seront «un pas important dans la bonne direction», l'analyste serbe Milan Culibrk estime qu'elles ne seront  pas suffisantes pour respecter ces conditions. Sans une suppression importante de postes dans le secteur public, qui  compte quelque 700.000 salariés, sur 1,7 million employés dans le pays, le gouvernement serbe ne pourra que continuer à emprunter de l'argent pour couvrir les dépenses, met en garde l'analyste. Outre la lutte contre «l'économie souterraine, estimée à 30 % du PIB (près de 10 milliards d'euros, ndlr), qui pourrait, selon le ministre serbe de l'économie Sasa Radulovic, donner des résultats assez rapidement», le plan du gouvernement veut aussi s'en prendre à la mi-2014 au problème de 179 compagnies  publiques dont la privatisation a échoué et qui coûtent à l'Etat 550 millions d'euros par an. M. Culibrk estime toutefois que «tous ces plans ressemblent plutôt à  une liste des vœux». «Attendons de voir ce qui sera mis en œuvre, parce que même les mesures  d'austérité seront difficiles à vendre aux syndicats et à une armée d'employés du secteur public», dit-il. L'agence de notation Fitch Ratings, qui avait confirmé en juillet la  note «BB-» pour la Serbie, ne se montre pas plus optimiste, affirmant qu'«une faible croissance économique et des risques quant à la mise en œuvre (des mesures) représentent un défi important à la réalisation de ces objectifs».
 

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