dimanche 20 octobre 2019 09:53:48

Entretien avec Mahmoud Boussoussa, auteur de Du côté du 20, rue de la liberté…

« L’histoire d’El Moudjahid peut servir les historiens »

PUBLIE LE : 16-10-2013 | 23:00
D.R

L’auteur, ancien journaliste au quotidien national d’information El Moudjahid, nous a fait parvenir à la rédaction un exemplaire de la nouvelle édition révisée et complétée de son ouvrage qui figurera parmi les livres présentés au prochain Salon du livre et consacré aux trente années passées au sein de notre corporation depuis l’année 1969 à 2000.

Longtemps spécialisé dans la rubrique «Régions» du journal où il a eu à animer les pages dédiées aux secteurs de l’agriculture, de l’hydraulique, du tourisme, de l’artisanat traditionnel, des transports et de l’enseignement, notre confrère, qui a effectué de nombreux reportages à l’intérieur du pays et à l’étranger, a rencontré au cours de sa carrière d’éminentes personnalités politiques à l’instar du général Giap et d’Abou El-Izz, ancien ambassadeur de la Palestine qu’il évoque dans ce livre, dont le texte retrace aussi ses souvenirs d’enfance et l’itinéraire de ses études.

Pourquoi avoir choisi de rééditer votre livre au lieu d’en publier un nouveau ?
Lorsque la première édition a été épuisée, le directeur de la maison d’édition m’a contacté pour une nouvelle édition. Le livre a intéressé beaucoup d’étudiants des sciences de la communication de l’institut supérieur de l’information, qui est devenu faculté des sciences de la communication et de l’information. De même que des étudiants de l’université des sciences politiques et les étudiants de l’école supérieure de journalisme, ainsi que des collègues et de jeunes journalistes francophones de quotidiens - public et privé - se sont montrés intéressés par l’ouvrage parce que j’évoque d’une manière honnête et sincère la profession, d’une manière générale la presse écrite, et particulièrement le journal El Moudjahid qui est le doyen et le moule dans lequel se sont formés des journalistes célèbres aujourd’hui, ainsi que des patrons de la presse privée à l’instar d’El Watan, Le Soir d’Algérie ou Liberté. Dans cette présente édition, nous avons changé la couverture du livre avec des photographies en couleur puisque dans la première édition, elles étaient sorties en noir et blanc et une meilleure présentation.
Ce qui est important de dire ici, c’est que le texte a été réactualisé parce que nous avons des collègues qui sont morts depuis comme Mohamed Mansouri et d’autres qui ne sont plus de ce monde. Dans ce livre au titre évocateur et nostalgique, j’ai pris mon temps pour la rédaction contrairement à la première édition où l’on m’avait pressé. Je dois reconnaître que tout le mérite revient aux personnes qui m’avaient encouragé. Dans cet ouvrage j’évoque les bons souvenirs durant les trente années de mon exercice ainsi que les personnes que j’ai côtoyées.

Vous parlez de confrères et consœurs …
Oui, je parle des journalistes hommes et femmes que j’ai connus parce que pour moi l’homme et la femme, c’est la même chose, ils sont tous deux indispensables aussi bien dans la presse que dans d’autres secteurs d’activité. J’ai toujours pensé que la femme algérienne a un rôle important à jouer dans la société comme elle l’avait démontré pendant la guerre de Libération en s’engageant et je pense qu’il ne faut pas oublier cela. Son rôle était d’ailleurs tout aussi crucial après l’indépendance pendant la bataille d’édification et j’évoque justement cela dans mon livre. Nous pouvons nous enorgueillir d’avoir actuellement des femmes ministres et des députés à l’Assemblée nationale contrairement à l’idée reçue.
 La positiaon des femmes est nettement plus avantageuse que dans d’autres pays arabes, je pense ici aux pays du Golfe où l’on interdit à la femme de conduire, cela est valable pour les pays africains, disons tous les pays du tiers monde et dans presque la majorité des pays musulmans.

Vous évoquez dans ce livre les débuts du journal avec un hommage à tous ceux qui ont contribué d’une manière ou d’une autre à son essor…
Je parle aussi dans le chapitre trois de la décennie noire, une période très difficile que nous avons traversée et au cours de laquelle nous avons perdu des collègues qui ont été assassinés ; je prends par exemple le cas de Mohamed Abderrahmani, rédacteur en chef, de Mohamed Mekati, etc. Je consacre parallèlement des pages à ceux que l’on appelait autrefois «les forçats du plomb», à savoir tous les travailleurs de l’imprimerie qui exerçaient parfois durant toute la nuit et qui tapaient le texte des articles sur les machines lino avec des plaquettes en plomb. Cette imprimerie était liée au journal jusqu’en 1997 lorsqu’il y eut séparation du titre avec les moyens d’impression. Aujourd’hui, j’ai un peu la nostalgie de cette époque et je ne vous cache pas que je suis parfois triste. C’était une période où l’on a vu passer des gens et des responsables comme Nourredine Naït-Mazi, Farrah, Morsli, etc. Ils constituaient pour nous une pléiade de personnalités importantes. Je parle aussi dans ce livre de Salah Louanchi qui avait contribué au journal à l’époque où il s’appelait Le Peuple et bien avant lorsqu’il était dirigé par ceux que l’on appelait les «ultras» et qu’il s’appelait L’Echo d’Alger. Vous savez à cette époque, les Algériens n’avaient même pas le droit de passer dans cette rue, le 20, rue de la Liberté. C’est pour cela que je dis que ce livre s’adresse non seulement aux futurs journalistes, mais aux historiens car dans ce livre j’évoque à travers l’histoire d’El Moudjahid l’histoire de la révolution, des négociations à Evian.

Avez-vous d’autres projets de livre ?
Oui, je pense consacrer mon prochain ouvrage à la communauté algérienne vivant en Syrie au départ et comme il y a eu les derniers événements, alors j’ai opté pour la communauté qui vit au Canada, qui est très importante actuellement au Québec et à Montréal au point où il y a eu des accords entre les gouvernements des deux Etats puisque les vols de la compagnie algérienne ont été renforcés. Dans ce livre, je parlerai de la vie de nos cadres algériens là-bas et même des députés algériens au Parlement canadien. Je pense à cet ouvrage depuis mon séjour au «pays du bois et du blé», j’ai beaucoup apprécié ce voyage dans un pays qui représentait pour moi, malgré le climat froid, un véritable paradis sur terre.
 Propos recueillis par L. Graba
 

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