dimanche 20 octobre 2019 17:56:37

Grève du Cnapest : les enseignants divisés entre partisans et opposants

Mme Khiar Djamila (présidente de l’Association des Parents d’Élèves d’Alger) « La grève doit être structurée et organisée de manière à ne pas toucher aux droits de l’élève »

PUBLIE LE : 13-10-2013 | 23:00
D.R

Les enseignants du secondaire au niveau d'Alger  étaient divisés, hier, entre partisans et opposants à la poursuite de la grève initiée lundi dernier par le Conseil national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (CNAPEST).  
Au lendemain d'une rencontre, samedi dernier, d'une délégation du syndicat avec le ministre de l'Éducation nationale, qui n'a pas dégagé un accord entraînant l'arrêt du mouvement de grève, les enseignants de lycées approchés par l'APS étaient partagés entre partisans et opposants de la poursuite du mouvement de  protestation.          
Aux lycées Boulkine et Thaâlibya d'Hussein Dey, certains élèves ont rejoint les bancs de l'école normalement, alors que d'autres n'ont pu suivre leur cours en raison de l'obstination de leurs enseignants à poursuivre leur  mouvement de «protestation jusqu'à ce que leurs représentants parviennent à  un accord avec la tutelle».   Une telle attitude a suscité la colère des parents d'élèves, comme M. Rechaied qui a fustigé le «comportement des enseignants entêtés». Ce parent d'élève, qui dit comprendre l'attachement des enseignants à leurs revendications légitimes, estime qu'ils pouvaient les faire valoir sans hypothéquer l'avenir des élèves, notamment ceux en classe d'examen. À l'entrée du lycée El-Idrissi, à la place du 1er-Mai, Oumaima s'apprête à retourner chez elle, ses enseignants ayant signifié à ses camarades de classe qu'ils poursuivront la grève jusqu'a nouvel ordre. Elle ne cache pas ses appréhensions. «La grève est la nouvelle arme que les syndicats brandissent à chaque rentrée scolaire, sans tenir compte de son impact psychologique sur les élèves», a-t-elle déploré.          
Même scenario au lycée Abdelhafid-Boussouf de Kouba, où certains enseignants  ont dispensé les cours normalement alors que d'autres ont continué à observer la grève. Par ailleurs, les enseignants de certains lycées, comme El- Bedjaoui (Madania) et Aïcha-Oum-El-Mouminine (Hussein Dey), ont refusé, dès le début, de rejoindre le mouvement de protestation, mais leurs responsables se sont refusés à toute déclaration à ce propos.          

Grève et bataille des chiffres dans l’est du pays
De nombreux lycéens ont été une nouvelle fois  priés de rentrer chez eux, hier, en raison de la grève qui se poursuit dans  les wilayas de l’est du pays à l’appel du Cnapest.  Le recueil du taux de suivi donne cependant lieu à une véritable «bataille»  des chiffres, les représentants syndicaux et les directions de l’éducation fournissant des pourcentages très éloignés les uns des autres.          
Dans la wilaya de Batna, au moment où l’administration du secteur évoque un taux de suivi global de 9,02%, le Cnapest, par la voix de ses représentants, avance le chiffre de 91,35% dans le palier secondaire et fait état de la fermeture, pour cause de grève, de 7 collèges d’enseignement moyen (CEM) sur les 165 opérationnels dans cette wilaya.          
La même différence en matière d’estimation est également observée à Constantine où l’administration reconnaît un taux de suivi global de l’ordre de 8%, tandis que la représentante du CNAPEST affirme que ce mouvement est suivi  à 80%. Même constat à Annaba, où la direction de l’éducation fait état d’un taux de suivi de 11,80% pour les trois paliers d’enseignement, alors que le CNAPEST avance le chiffre de "85% dans le cycle secondaire et de 30% dans  le palier moyen". Dans la wilaya de Sétif, en revanche, le taux de suivi de cette grève a nettement baissé hier, pour se situer autour de 3,45% dans les trois  paliers et de 15,83 % dans les lycées.

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Mme Khiar Djamila (présidente de l’Association des Parents d’Élèves d’Alger)
« La grève doit être structurée et organisée de manière à ne pas toucher aux droits de l’élève »
«Nous ne sommes pas contre la grève qui est un droit constitutionnel. Mais elle doit être structurée et organisée de manière à ne pas toucher aux droits de l’enfant ou de l’élève. Si la Constitution tolère aux syndicats de protester ou d’organiser des grèves, cette même constitution donne le droit à l’élève d’être à l’établissement et de suivre ses cours normalement. Pour ce qui de la grève du Cnapest, dont la revendication principale est strictement personnelle, je me pose la question tout en étant choquée ; comment peut-on renvoyer les élèves dans la rue à cause d’une personne. Cette dernière, si elle est lésée dans ses droits, que la justice fasse son travail, mais pas au détriment de l’intérêt de l’enfant. On n’a pas le droit de prendre en otage les élèves. Chacun à, le droit d’exercer ses droits, mais pas au détriment d’autrui. N’a-t-on pas dit que la liberté de chacun s’arrête là ou commence celle d’autrui.
Il faut que le secteur s’organise. On ne peut tolérer une dizaine de syndicats dans un secteur où chacun y va de sa chanson. Il n’y a aucune coordination. On ne peut permettre à des représentants des travailleurs, parce qu’on a sanctionné un des leurs, de bloquer le secteur ou de toucher aux intérêts et aux droits des enfants. Parce que, là aussi, l’Algérie a ratifié les droits de l’enfant et la Constitution oblige l’Etat à prendre en charge la formation des générations montante et de préserver leurs droits à l’éducation, à la santé et autres» ajoutera-t-elle.
S. S.
 

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