dimanche 17 dcembre 2017 09:16:18

Sahara occidental : Des élus et ONG algériens plaident à l’ONU pour le droit à l’autodétermination

ONU : La société civile mondiale appelle à un référendum

PUBLIE LE : 12-10-2013 | 0:00
D.R

Plusieurs élus et ONG algériens ont plaidé à l’ONU la cause sahraouie et appelé à la mise en œuvre du droit à l’autodétermination.

Devant la Commission de décolonisation de l’ONU qui a auditionné les pétitionnaires de la société civile de plusieurs pays sur la question du Sahara occidental, le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), Mohamed Mahrez Lamari, a relevé que le Maroc poursuivait toujours sa politique d’occupation, d’exploitation illégale des richesses, de répression dure et féroce et de violations systématiques des droits de l’homme dans les territoires du Sahara occidental occupé. Face à cette situation inquiétante, il a recommandé la création d’un mécanisme onusien de surveillance et de protection des droits de l’homme des Sahraouis. "L’aveuglement des autorités marocaines à ignorer une réalité historique établie confirme leur entêtement à vouloir détourner la volonté des Nations unies, exprimée clairement et sagement dans ses différentes résolutions", a-t-il noté. "Les accords signés publiquement et officiellement avec le Front Polisario, puis reniés par des volte-face indignes, démontrent à l’évidence la panique, l’incohérence et l’irresponsabilité caractérisée du gouvernement marocain qui continue à défier la communauté internationale", a-t-il encore remarqué. Présente à ce débat, la présidente adjointe du groupe parlementaire de fraternité et d’amitié Algérie-République arabe sahraouie démocratique, Mme Saida Bounab, a rappelé que le Sahara occidental est un territoire occupé depuis 38 ans par le Maroc et que sa population subit quotidiennement des violations des droits de l’homme graves, tel que constaté par des ONG internationales des droits de l'homme comme Human Rights Watch, Amnesty International et RFKennedy Center.
Elle a aussi plaidé la cause des femmes sahraouies ''qui ont payé un prix très fort pour avoir revendiqué pacifiquement leur droit à l’autodétermination'', ajoutant qu'elles sont battues, violentées et incarcérées par la police marocaine. Comme conséquence de l'occupation du Sahara occidental par le Maroc, a-t-elle poursuivi, ''la famille sahraouie est déstructurée et vit dans la misère et la violence, ce qui ne diminue en rien sa détermination à manifester pacifiquement pour jouir de son droit à l’autodétermination par le biais d’un référendum''. Dans ce sillage, elle a exhorté la communauté internationale et l’ONU à protéger le peuple sahraoui des violations des droits de l’homme qu’il subit aux mains du Maroc et d’organiser rapidement un référendum d’autodétermination. Prenant part à ce débat de la commission de l'ONU, le président de l’APC d’Alger-Centre, M. Abdelhakim Bettache, a dénoncé ''les pressions quotidiennes et les transgressions graves perpétrées par les forces marocaines dans les territoires sahraouis occupés''. Il a cité ''l’obstination du royaume marocain à ignorer la légitimité internationale et à faire fi des résolutions du Conseil de sécurité''. Dans ce sens, il a rappelé que la résolution 1514 de décembre 1960 de l’Assemblée générale de l'ONU posait les fondements du droit au développement et qu’elle a inspiré d’autres résolutions dont la résolution 1803 de décembre 1962 relative à la souveraineté pérenne des États sur leurs ressources naturelles. Il a aussi attiré l’attention sur la résolution 3281 de décembre 1974 portant sur les droits et obligations économiques des États et a fustigé '' la spoliation que continue de pratiquer le colonialisme marocain dans les territoires sahraouis occupés''.
Appelant, par ailleurs, la communauté internationale à faire pression sur les autorités marocaines afin qu’elles libèrent les prisonniers politiques sahraouis, M. Bettache a demandé au Conseil de sécurité d’élargir les prérogatives de la MINURSO afin d’intégrer la protection des droits de l’homme et d’accélérer
l’organisation d’un référendum d’autodétermination.

Situation alarmante des droits de l'homme
Pour sa part, le représentant de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme, M. Abdelouahab Mordjana, a rappelé que l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice et les résolutions pertinentes des Nations unies appelaient à un référendum au Sahara occidental en vue de réaliser le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. ''L’argument colonialiste marocain ne résiste pas à l’épreuve de la réalité'', a-t-il ajouté, relevant que la politique marocaine s’est assortie d’une ''action répressive'', comme l’attestent les différents rapports des ONG internationales des droits de l'homme. En effet, a-t-il regretté, la situation des droits de l’homme est ''alarmante'' dans les territoires occupés, avant d’appeler la communauté internationale à adopter les mesures appropriées pour faire cesser les violations des droits de l’homme, notamment par l’élargissement du mandat de la MINURSO à l’évaluation de la situation à cet égard. À son tour, le directeur du comité scientifique de la Fondation nationale algérienne des études stratégiques et sécuritaires, M. Said Ayachi, a affirmé, devant la Commission de décolonisation, qu’il régnait une ''atmosphère de terreur'' dans les territoires occupés du Sahara occidental. ''Une terreur organisée par l’armée et les forces de police marocaines, une terreur délibérée contre la population sahraouie'', s’est-il révolté, précisant que les Sahraouis subissent quotidiennement des arrestations arbitraires et injustifiées et des disparitions forcées. À l’heure actuelle, a-t-il aussi affirmé, ''nous sommes sans nouvelles de 561 Sahraouis''. Il a aussi dénoncé comme ''inéquitable'', le procès mené par le tribunal militaire de Rabat, en février dernier, contre 24 Sahraouis, et a attiré l’attention sur les fosses communes découvertes en juillet dernier. Par ailleurs, il a dénoncé un "véritable embargo médiatique imposé aux territoires sahraouis occupés dans lesquels il n’est possible de se déplacer que sous haute surveillance des forces marocaines". M. Ayachi a appelé la communauté internationale à mettre un terme au ''calvaire du peuple sahraoui'' et à apporter une solution juste et définitive au conflit, notamment par l’organisation rapide d’un référendum d’autodétermination qui permettra au peuple sahraoui de choisir librement son destin. Intervenant également à ce débat, M. Lies Saadi a rappelé que l’Algérie soutenait le droit à l’autodétermination de tous les peuples opprimés. Plaidant fortement pour la tenue d'un référendum d’autodétermination libre et transparent au Sahara occidental, il a insisté pour que les obstacles posés par les autorités marocaines à l’autodétermination du peuple sahraoui doivent être levés. De son côté, le vice-président de l’Association algérienne de la sauvegarde du patrimoine et de l’environnement et du développement des zones sahraouies, M. Mohammed Lahcene Zeguidi a rappelé le droit du peuple sahraoui à son indépendance et à l’autodétermination, tel que validé par la Cour internationale de Justice (CIJ), soutenant que le dossier sahraoui est une question de décolonisation classique qui s’inscrit dans le cadre de la résolution 1514. Les débats de la 4e Commission de l'ONU sur les questions de décolonisation des 16 territoires non autonomes se tiennent du 7 au 14 octobre avec la participation d'États membres de l'ONU et de la société civile internationale. Ces débats seront suivis par l'adoption, entre autres, d'un projet de résolution sur la question du Sahara occidental, qui sera soumis à l'Assemblée générale de l'ONU en décembre prochain.

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ONU
La société civile mondiale appelle à un référendum
Un grand nombre de pétitionnaires de la société civile mondiale ont appelé l'ONU à honorer l’engagement d’organiser un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui et à introduire le mécanisme de surveillance des droits de l'homme au sein de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO).           
Lors d'un débat sur la question de décolonisation des 16 territoires non autonomes, dont le Sahara occidental, qui se tient du 7 au 14 octobre au sein de la Commission onusienne de décolonisation, l’audition sur la question sahraouie a permis à plusieurs pétitionnaires de souligner également que le Sahara occidental occupé par le Maroc est bien une ''colonie''.     
Dans son intervention, la juriste américaine Kathlyn Thomas a indiqué qu’en sa qualité d’ancienne membre de la MINURSO chargée des questions juridiques, elle avait contribué, en 1995, aux négociations sur les critères d’éligibilité, agréés par les parties au conflit, au référendum d’autodétermination  et avait participé, en 1999, à la publication de la liste des électeurs.
À ce propos, elle a confié qu'elle était venue témoigner à ce débat devant la Commission de décolonisation ''dans le souci de dissiper le mythe selon lequel le référendum ne pouvait pas avoir lieu en 2000 pour des raisons  pratiques''. Elle a alors confirmé que ''la seule raison pour laquelle ce référendum n’a pas eu lieu, c’est la décision du Maroc de se retirer du processus, parce qu’il a craint que les électeurs sahraouis se prononcent pour l’autodétermination''.   Le Maroc, a-t-elle poursuivi, ''veut forcer le peuple sahraoui à accepter  un avenir dont il ne veut pas et qui ne réglera rien au conflit''.

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Le Front Polisario réaffirme sa volonté de coopérer avec Christopher Ross
Le Front Polisario a réaffirmé,  jeudi à New York, sa volonté ''inébranlable'' de coopérer avec l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental, M. Christopher Ross,  en vue de parvenir à une solution qui permette au peuple sahraoui d'exercer  son droit à l’autodétermination.          
Intervenant devant la Commission de l’ONU de décolonisation, qui tient son audition annuelle des délégations et pétitionnaires sur la question du Sahara occidental, le représentant du Front Polisario à l’ONU, M. Ahmed Boukhari, a réitéré la pleine coopération des Sahraouis en prévision de la tournée de M. Ross dans la région dans les prochains jours. M. Boukhari a, cependant, indiqué qu'il redoutait que M. Ross ne revienne  à New York ''les mains vides'' compte tenu du refus du Maroc de coopérer pour l’émergence d'un processus de décolonisation ''ouvert et transparent''. Soutenu par plusieurs intervenants au cours de cette audition, le représentant sahraoui a encore dénoncé l’occupation militaire d’une grande partie du Sahara  occidental par le Maroc, ainsi que les abus et les violations des droits de l’homme commis par les autorités marocaines contre le peuple sahraoui. Sur ce dernier point, il a fait état de la découverte, en juin dernier, par des experts étrangers en médecine légale, de fosses communes où des Sahraouis avaient été enterrés après avoir été assassinés, selon l'expertise, avec une balle dans la tête et dans la poitrine. Cela rappelle, a-t-il poursuivi, les fosses communes de Srebrenica (Bosnie) où avaient été retrouvées, des années plus tard, plusieurs victimes de massacres commis en 1995. À ce propos, M. Boukhari s'est demandé si les 600 civils sahraouis disparus, depuis plusieurs années, n'auraient pas connu le même sort quelque part dans le désert. Dénonçant également les ''simulacres de procès'' des militants sahraouis dans les tribunaux militaires marocains, le représentant du Front Polisario a soutenu que tous ces actes de violation des droits de l'homme sont ''indignes  d'un État qui veut avoir un siège au Conseil des droits de l'homme de l'ONU''.      
M. Boukhari n'a pas manqué de fustiger le ''pillage'' continu des ressources naturelles du Sahara occidental par le Maroc avec l'aide de l'Union européenne et d'autres pays. Devant la Commission de décolonisation, le représentant sahraoui a affirmé que tous les peuples, dans des circonstances similaires, ont assumé leurs responsabilités pour protéger leur liberté et leur dignité contre la violence coloniale. Rappelant que le Front Polisario avait accepté de signer le cessez-le feu après l'engagement de l’ONU à déployer la MINURSO au Sahara occidental avec  le mandat explicite d'organiser un référendum, M. Boukhari a rappelé que 22  années se sont, depuis, écoulées sans que le référendum promis n'ait encore  eu lieu, et ce, en raison de ''l'obstruction systématique'' du Maroc. En fait, s'est-il indigné, ''la MINURSO est prisonnière du Maroc et elle est dans l’incapacité de s’acquitter de son mandat pour lequel elle a été créée''. Appelant à mettre fin à ce ''scandale colonial'', le représentant sahraoui a, alors, invité  l'ONU à examiner la question de la décolonisation du Sahara occidental avec plus de détermination, à l’instar de l’Union africaine.
 

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