Après le drame de Lampedusa : Les Européens appelés à organiser une opération de sauvetage

Les Européens sont appelés à organiser une vaste opération de "sécurité et de sauvetage" en Méditerranée, pour répondre à l'émotion causée par la tragédie de Lampedusa, sans remettre en cause leur politique en matière d'asile.
PUBLIE LE : 09-10-2013 | 0:00

Les Européens sont appelés à organiser une vaste opération de "sécurité et de sauvetage" en Méditerranée, pour répondre à l'émotion causée par la tragédie de Lampedusa, sans remettre en cause leur politique en matière d'asile. "Je vais proposer aux États membres d'organiser une grande opération de sécurité et de sauvetage en Méditerranée, de Chypre à l'Espagne", a annoncé la commissaire européenne chargée des Affaires intérieures, Cecilia Malmström, à son arrivée à une réunion des ministres européens de l'Intérieur à Luxembourg.     
Elle accompagnera aujourd’hui le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à Lampedusa, où plus de 200 migrants ont péri dans le naufrage de leur embarcation jeudi dernier. Les plongeurs italiens ont repris hier matin leur travail de récupération des corps des victimes, tandis que par ailleurs, deux navires ont sauvé, dans les eaux siciliennes, plus de 400 nouveaux immigrés clandestins, qui se disent pour la plupart Syriens.     
Parallèlement, le parquet a émis un mandat d'arrêt contre un  Tunisien  accusé d'être un passeur et considéré comme le +commandant+ du bateau qui a fait naufrage.     
Dans le cadre de l'opération annoncée par la Commission européenne, les États membres seront appelés à fournir des navires, des avions et surtout de l'argent pour permettre à Frontex, l'agence de surveillance des frontières européennes, de mener à bien cette mission. Frontex, qui a permis de sauver des milliers de vies ces deux dernières années, n'a pas de moyens propres, et son budget a été réduit au nom de   l'austérité imposée par la crise. Mme Malmström a reconnu que l'une des premières demandes présentées aux États sera une contribution pour renflouer le budget de Frontex, réduit de 118 millions d'euros en 2011 à 85 millions, cette   année. Elle attend un accord politique des ministres pour mettre en œuvre cette opération. La deuxième étape sera une identification des moyens nécessaires pour ensuite lancer un appel à contributions.     
"C'est un beau signal concret", a commenté le ministre de l'Intérieur italien, Angelino Alfano. "Nous demandons que l'Europe nous prête main-forte pour sauver des vies humaines", a-t-il ajouté, soulignant que Lampedusa "est   aussi une frontière de l'UE".     
Ce genre d'opération "ne sert que dans la durée", ont toutefois averti plusieurs sources européennes. "C'est d'une naïveté finie", a lâché un diplomate sous couvert de l'anonymat. "Nous allons faire les passeurs. Dès que les navires de Frontex sont signalés, les embarcations prennent la mer" pour être secourus, a-t-il expliqué. Selon ce diplomate, la solution "passe par un contrôle des côtes de la Libye et de la Tunisie par les autorités de ces pays, pour empêcher les départs".     
L'annonce de l'opération Frontex permet de rendre moins visibles, les refus opposés  hier par les pays du nord de l'Europe aux demandes de changement des règles en matière d'asile.     
L'Italie, Malte, la Grèce, Chypre, la Bulgarie et l'Espagne sont les portes d'accès à l'UE pour les migrants venus d'Afrique et du Proche-Orient. Les réfugiés arrivés par la mer ne représentent qu'une infime partie des demandeurs   d'asile.     
Ils ont été plus de 330.000 à frapper aux portes de l'UE en 2012. 70% des demandes ont été enregistrées par l'Allemagne (77.500), la France (60.600), la Suède (44.000), le Royaume-Uni (28.000) et la Belgique (28.000), selon les données d'Eurostat, l'office statistique de l'UE.     
L'Italie, avec 15.000 demandes en 2012, n'est pas le pays le plus sollicité, font valoir les pays du nord de l'UE. C'est donc sans surprise que les ministres allemand, suédois et danois ont une nouvelle fois rejeté l'idée d'une modification de l'accord de Dublin, qui impose aux pays d'arrivée des demandeurs de traiter les demandes.     
Sur 28 États membres, 24 sont opposés à une modification des règles. Et la montée en puissance des mouvements populistes et anti-européens rend impossible une telle décision par les gouvernements, reconnaît une source européenne.    


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