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La musique diwane en Algérie : Parfait brassage des cultures africaines, arabo-musulmane et amazighe

Le diwane constitue le parfait brassage des cultures africaines, arabo-musulmane et amazigh en Algérie, estiment à Bechar des chercheurs locaux intéressés par ce genre musical.

PUBLIE LE : 01-10-2013 | 0:00
D.R

Le diwane constitue le parfait brassage des cultures africaines, arabo-musulmane et amazigh en Algérie, estiment à Bechar des chercheurs locaux intéressés par ce genre musical. Les apports de ces mêmes cultures ont permis à cet art musical et chorégraphique populaire de s’enrichir davantage, de résister aux aléas du temps et d’être un pan important de la culture nationale, ont-ils indiqué à l’APS. De toutes les pratiques musicales spirituelles nationales, le diwane est celui qui a connu un vif et rapide succès auprès des jeunes et des mélomanes, grâce à son ancrage dans la société ainsi qu’à l’intérêt que lui porte actuellement les différentes catégories de musiciens et autres artistes, ont-ils soutenu.
Selon différentes sources historiques dans les pays du Maghreb, le diwane est apparu dès le XVIIe siècle dans le cadre de confréries constituées autour de maitres-musiciens «maâlems» et de joueurs de goumbri, unique instrument à cordes dans la pratique musicale de ce genre. Le maâlem, de par sa position de chef de cérémonies, doit avoir les connaissances requises des rites et cérémonies sacrées et profanes du diwane, souligne-t-on. Le déroulement depuis quelques années de festivals, national et international, dédiés à cette musique, respectivement à Bechar et à Alger, ont été pour beaucoup dans la promotion et l’évolution de cette expression artistique, qui fait l’objet d’un intérêt particulier chez les jeunes. En pleine ascension actuellement, le diwane a enclenché une véritable dynamique socioculturelle accompagnée de créations musicales nouvelles dues essentiellement aux nouveaux besoins musicaux des jeunes. L’apparition, ces dernières années, d’ateliers de fabrication des différents instruments de musique et costumes de cérémonie, à Béchar et dans d’autres régions du pays, éclaire sur cette dynamique qui démontre un réel attachement de toute une génération de jeunes artisans et artistes à leur patrimoine culturel, affirme M. Amari Hamdani, commissaire du festival national de la musique diwane.
Le métissage de la musique diwane avec les autres genres musicaux et les innovations apportées par certains célèbres artistes et groupes, à l’exemple de Kateb Amazigh, Maâlem Mejbar, Ouled Haoussa, Djamwi Africa et Noujoum Bel-Abbès du Maâlem Youcef, n’ont pas pu effacer les pratiques musicales et chorégraphiques traditionnelles du diwane. Les scènes artistiques nationales ont été certes un moyen de vulgarisation du diwane, mais n’ont jamais détaché les musiciens des rites et pratiques musicales traditionnelles qui sont le véritable terreau de cet art séculaire, souligne le jeune Maâlem Hakem. Cependant, seul un classement au patrimoine national de cet art traditionnel peut contribuer à la sauvegarde de toute la culture diwane, qui est devenu une partie essentielle de la culture nationale, ont estimé plusieurs adeptes de cette musique à Bechar. Le 6e Festival international de la musique diwane qui a débuté, vendredi dernier, à la salle Ibn-Zeydoun à Alger, constitue un autre espace offert pour les musiciens pour faire connaître davantage cette musique qui attache l’Algérie à son africanité, assure-t-on.

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