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Législatives en Guinée : Les résultats attendus le 2 octobre

Le comptage de voix se poursuivait, hier, en Guinée au lendemain d’élections législatives qui se sont déroulées dans le calme et ont mobilisé les électeurs en dépit de craintes de violences.

PUBLIE LE : 30-09-2013 | 0:00
D.R

Ces inquiétudes de troubles ne s’étaient toutefois pas dissipées, face aux réactions imprévisibles que pourrait susciter l’annonce des résultats officiels provisoires, prévue pour le 2 octobre par la Commission électorale nationale   indépendante (Céni). Le scrutin a été repoussé plusieurs fois, en raison d’absence de consensus   entre pouvoir et opposition, notamment sur le fichier électoral. Le processus électoral a été grippé pendant plusieurs mois par un bras de fer entre les deux camps, qui a parfois conduit à des manifestations marquées par des violences meurtrières. « Le comptage des voix ne devrait pas durer. Il a commencé et des bureaux de vote ont même commencé à donner des résultats » partiels provisoires, à Conakry et en province, a affirmé, hier,  à l’AFP un responsable de la Céni. La commission électorale a annoncé qu’elle communiquera des « résultats partiels provisoires » aujourd’hui et demain, et puis les chiffres « totaux provisoires »   mercredi 2.
Selon la loi, les résultats définitifs doivent être donnés par la Cour suprême dans les dix jours qui suivent le scrutin. Selon la Céni, la participation au scrutin de samedi a été importante, avec « une tendance de plus de 80% ». « Nous avons relevé le défi de la participation massive. (...) Nous avons passé une journée de vote calme. Il n’y a pas eu de « clash » (heurts), les Guinéens se sont bien comportés », s’était réjoui le responsable de la Communication de la Céni, Alpha Yéro Condé, lors d’une conférence de presse samedi soir à Conakry. Plus de cinq millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour choisir 114 députés lors de ces législatives, les premières depuis celles de 2002 en Guinée. Elles devaient être organisées dans les six mois ayant suivi l’élection en novembre 2010 du président Alpha Condé, premier chef d’Etat élu démocratiquement dans cette ex-colonie française indépendante en 1958 et habituée à l’instabilité politique et militaire.
Elles ont été reportées plusieurs fois, pour être finalement fixées à samedi, à cause des divergences entre le pouvoir et l’opposition, cette dernière ayant menacé de ne pas y participer si des corrections n’étaient pas apportées, notamment sur le fichier et le découpage électoraux, parmi les points   fondamentaux de désaccord entre les deux camps.
L’opposition soupçonnait le fichier électoral d’avoir été « gonflé » en faveur du pouvoir dans les zones considérées comme pro-Condé et réduit dans des zones réputées fiefs des opposants. Autre point de désaccord : la Céni, jugée partiale par les opposants. La contestation politique a été marquée ces derniers mois par plusieurs manifestations qui ont dégénéré en débordements meurtriers. Des incidents entre des militants du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, pouvoir), qui dirige la coalition RPG-Arc en ciel, et du principal parti   d’opposition, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de l’ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, ont fait les 22 et 23 septembre au moins un mort et plus de 70 blessés, selon un bilan officiel.
Ces heurts ont opposé de jeunes Malinké, ethnie du président Condé, à de jeunes Peuls, ethnie de Cellou Dalein Diallo, dans un pays où les divisions politiques recoupent souvent les dissensions ethniques. En dépit du calme ayant généralement prévalu lors du scrutin, des problèmes liés à l’organisation du vote se sont posés dans plusieurs bureaux. Des représentants de l’opposition, des observateurs et la presse locale ont   fait état de difficultés liées à l’organisation du vote. Dans plusieurs bureaux de vote à Conakry, des problèmes matériels liés, notamment à l’absence ou la qualité de l’encre indélébile et d’enveloppes. Plusieurs personnes munies de leur récépissé d’inscription sur les listes électorales n’ont, notamment pas pu voter à cause de la décision prise par la Céni de ne pas les accepter comme sésame électoral.
« C’est à Conakry que nous avons rencontré le plus grand nombre de   problèmes. Nous avons essayé de les corriger », a déclaré samedi soir le directeur de la communication de la Céni, Alpha Yéro Condé, lors d’une   conférence de presse à Conakry, sans s’appesantir sur ces « problèmes ». Après le jour de vote de samedi marqué par une suspension des activités, un   ralentissement de la circulation, notamment, la vie a timidement repris hier matin, jour non ouvrable en Guinée. A Conakry, ces activités ont ensuite été réduites par une forte pluie s’abattant sur la ville.

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