mardi 12 novembre 2019 05:46:59

« Diplomatie et information du GPRA » au forum de la mémoire D’EL MOUDJAHID : Mission difficile, mais réussie

Le Forum de la Mémoire d’El Moudjahid, initié en coordination avec l’association Machaâl Echahid, est revenu, hier, à l’occasion du 55e anniversaire de la création, qui revêt une signification politique, du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne sur son Action diplomatique et de l’Information.

PUBLIE LE : 18-09-2013 | 0:00
D.R

Le Forum de la Mémoire d’El Moudjahid, initié en coordination avec l’association Machaâl Echahid, est revenu, hier, à l’occasion du 55e anniversaire de la création, qui revêt une signification politique, du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne sur son Action diplomatique et de l’Information. La conférence du diplomate et ancien Chef du gouvernement, M. Reda Malek,  à l’allure d’un véritable cours d’histoire et a suscité l’intérêt des présents, dont le ministre des Affaires Etrangères, Ramtane Lamamra, ainsi que le ministre de la Communication, Abdelkader Messahel, et de représentants du corps diplomatique accrédités à Alger.    

Les conférences de Reda Malek drainent toujours du monde, et, encore une fois, le centre de presse d’El Moudjahid s’est avéré trop exigu pour contenir les mordus d’histoire. C’est donc en témoin et acteur de premier plan que Réda Malek, qui était le porte-parole de la délégation algérienne du GPRA qui a mené les négociations d’Evian, a revisité la création (le 19 septembre 1958) du GPRA venu  en remplacement au  Comité de Coordination et d’Exécution (CCE), la plus haute autorité de la Révolution. Un acte éminemment politique inscrit en droite ligne dans la démarche du FLN et porté dans la Déclaration du 1er Novembre 1954, et considéré par beaucoup, comme un pas important dans l’organisation de la Révolution.
Du haut de ses 82 ans, Réda Malek, qui a eu à gérer le journal El Moudjahid, portevoix de la Révolution algérienne est surprenant. Sa mémoire est infaillible. Les noms, les dates, les événements, l’homme se souvient de tout même des déclarations du général De Gaulle qui considérait la création du GPRA comme un défi à la France convaincu que l’Algérie restera française. Avant d’entamer la conférence, le moudjahid déplore que l’histoire de la Révolution n’ait pas eu la place qu’elle mérite. En préambule, il évoque un fait qui lui a fait mal au cœur. En effet, il s’est dit déçu de voir ou d’entendre des jeunes algériens prendre pour exemple des héros d’autres nations, alors que notre pays compte un nombre incommensurable de héros. Cela, dit-il, trouve son explication dans le fait que l’histoire de la Révolution algérienne a été quelque peu négligée. Mais ceci est une autre histoire.  Parmi les présents à la conférence, l’ambassadeur de la République de Chine. A son adresse, Reda Malek dira que la Chine a été parmi les premiers pays à avoir reconnu le GPRA. A cet effet, il n’a pas manqué de saluer ce grand pays pour son soutien déclaré à la Révolution algérienne. D’autres pays ont également soutenu la cause algérienne, et cela grâce au GPRA qui a dépêché des missions diplomatiques dans un grand nombre de capitales pour expliquer la justesse de la lutte du peuple algérien pour son indépendance. En effet, ajoute M. Réda Malek, le GPRA dont l’idée de la création revient à Hocine Aït Ahmed,  a figuré parmi les résolutions de la conférence de Tanger (1958) et avait pour rôle d’expliquer « au monde entier ce qui ce passait en Algérie sous l’occupation française. » Il fallait, déclare le conférencier, expliquer à l’opinion internationale « les objectifs de notre combat » et surtout dire au monde entier « que nous refusons le colonialisme. » Il était, aussi, question, à travers la création du GPRA, donner un prolongement politique aux actions héroïques menées en Algérie. La naissance du GPRA a, également, contribué à renforcer le sentiment national en exprimant l’existence d’un gouvernement des Algériens, représentant toutes leurs tendances politiques, unis derrière la revendication de l’indépendance.
Il signifiait la volonté du FLN d’afficher sa disponibilité à une solution politique à la condition de reconnaître le droit à l’indépendance du peuple algérien. Pour Reda Malek, la mission assignée au GPRA, était difficile. L’histoire retiendra que le GPRA a réussi dans son rôle d’interlocuteur avec la France en entament des négociations sans aucune condition ou concession.
Nora Chergui

La symbolique d’une présence  
Le forum de la mémoire d’El Moudjahid   a reçu,  hier, l’ancien Chef du gouvernement, M. Reda Malek. Comme à chaque fois que cette personnalité nationale est annoncée au forum,  il y a foule. Il est vrai que l’homme  est à lui seul une véritable encyclopédie. Dès lors, il est loisible de comprendre l’engouement que suscite sa venue  auprès d’une assistance férue d’histoire, venue écouter religieusement, l’exposé  présenté par l’hôte du quotidien El Moudjahid sur l’action diplomatique et de communication du Gouvernement provisoire de la République algérienne. Parmi les invités que l’on a pu compter hier, se trouvaient au premier rang deux ministres de l’actuel gouvernement.  MM. Ramtane Lamamra, en charge du portefeuille  des Affaires étrangères, et, Abdelkader Messahel qui est à la tête du ministère de la Communication, en l’occurrence. La présence de ces deux membres du gouvernement est  doublement symbolique. Outre le fait qu’elle témoigne du respect que la nouvelle génération de cadres supérieurs de l’Etat voue à un chevronné de la diplomatie et de la vie politique nationale en général, de par toutes les responsabilités qu’il a eu à occuper , «  nous sommes ses élèves »  affirment modestement MM. Messahel et Lamamra, elle symbolise surtout ce passage à témoin entre ceux qui ont contribué à la libération de l’Algérie du joug colonial   et à la mise en place d’un Etat tel que souhaité par tous ceux qui ont lutté pour le recouvrement de la souveraineté nationale et ceux qui ont pris le relais pour poursuivre l’édification du pays, mais ce n’est pas la seule grille de lecture que la présence de MM. Lamamra et Messahel suggère. En effet, elle prouve si besoin est que les armes utilisées, hier, pour vaincre un Etat colonial, à savoir la diplomatie et la communication, sont encore aujourd’hui et plus que jamais celles auxquelles il faut recourir pour se prémunir contre toutes les menaces qui pourraient être brandies contre les pays. L’exemple cité  hier de la Syrie est assez édifiant pour se convaincre de cette nécessité, devenue impérieuse, que désormais le devenir des Etats se décide sur la base de sa capacité à se défendre sur le double plan médiatique et de la communication.
Nadia K.

La communication, une arme
lL’exposé magistral de M. Réda Malek autour de la communication du GPRA émaillé de nombreuses anecdotes parfois inédites que l’histoire officielle n’a pas eu l’heur de retenir a permis de mettre en lumière, avec le brio et le talent de narrateur qu’on lui connaît, le formidable travail de communication mené par les dirigeants du Gouvernement provisoire de la République algérienne, à une époque où l’on ne connaissait pas le village planétaire cher à Mac Luhan.
Un travail remarquable qui a permis de faire connaître la juste cause du peuple algérien et le dur combat qu’il a mené contre l’occupant colonial qui, faut-il le souligner, au plus fort d’une guerre à caractère génocidaire, mobilisera jusqu’à 500.000 soldats fortement armés et aguerris au Vietnam, sautant sans transition des rizières à la rocaille des djebels.
Face à cette puissante armada, l’un des piliers de l’OTAN, des moudjahidine armés de la seule volonté farouche de libérer la terre des ancêtres, menant des actions héroïques avec des fusils datant parfois de la 2e Guerre mondiale et quelques morceaux de galette dans la besace pour se sustenter. Au plan politique, le FLN et le GPRA ont procédé à un véritable porte-à-porte pour faire connaître et expliciter auprès des capitales étrangères la juste cause du combat libérateur avec une conviction et un brio admirable nourris au seul humus de la justesse du combat. Jeunes, très jeunes même, sans grande expérience des usages de salon et des envolées oratoires, mais pleinement imprégnés de la noblesse et de la force de leur engagement, les Mohamed Seddik Benyahia, Rédha Malek, Tayeb Boulahrouf, Tewfik el Madani, Ferhat Abbas et bien d’autres, de Moscou à Pékin, de New-York à Belgrade, sans relâche, ont sillonné la planète, rencontrant des grands de ce monde pour expliquer le sens du message révolutionnaire et  briser ainsi la conjuration du silence autour de la Révolution algérienne.
Dans le même temps, la glorieuse équipe de football du FLN, après chaque but marqué dans les grandes capitales, engrangeait un précieux capital de sympathie pour la cause nationale, jusqu’à l’avènement de l’Indépendance qui a consacré la victoire des principes de la Déclaration du 1er Novembre 1954.
K. Oulmane
 

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