mardi 25 septembre 2018 20:57:08

El Shobaki, chercheur au Centre des études stratégiques d’El Ahram : « Le changement au monde arabe doit être un moyen et non une fin en soi »

La situation d’instabilité qui règne dans certains pays arabes et les répercussions éventuelles sur l’ensemble de la région, ont été passées en revue par l’expert Amr El Shobaki, chercheur au Centre des études stratégiques d’El Ahram, lors d’une conférence de presse tenue, hier à l’hôtel Hilton.

PUBLIE LE : 17-09-2013 | 0:00

La situation d’instabilité qui règne dans certains pays arabes et les répercussions éventuelles sur l’ensemble de la région, ont été passées en revue par l’expert Amr El Shobaki, chercheur au Centre des études stratégiques d’El Ahram, lors d’une conférence de presse tenue, hier à l’hôtel Hilton. D’emblée cet expert a fait part des «divergences d’avis et de positions» à propos des révoltes qui ont éclaté dans plusieurs pays et «qui ont fini par être assimilées à un printemps arabe». La meilleure leçon qui a été tirée, observe M. El Shobaki, également député, actuellement, au Parlement égyptien, consiste en «la destitution de dictateurs tout en préservant la notion d’Etat». Toutefois, le cas de la Libye, explique-t-il «constitue l’exception car la déposition du système a engendré l’éclatement des institutions». D’où l’urgence d’entamer, poursuit l’orateur, «des réformes institutionnelles».
Devant un auditoire fort intéressé par ce partage d’expériences, l’expert a tenu à remettre les choses dans leur contexte en faisant un bref rappel de la situation qui a prévalu au sein des pays concernés par les vents du changement, avant que les mouvements populaires ne balaient tout sur leur passage. Des mouvements poussés par des aspirations de liberté et d’une vie meilleure sous les auspices d’une autre révolution. Numérique celle-là, soutenue par la propagation d’Internet et du phénomène «Facebook». En termes de réussite des réformes et de stabilité engendrée par une politique multidimensionnelle basée sur la promotion de la vie socio-économique entre autres, l’expert égyptien cite l’Algérie comme modèle à suivre. Et relève que dans tous les pays de la région, «le changement doit être un moyen et non une fin en soi». S’arrêtant sur le cas de son pays, l’Egypte, qui continue à défrayer la chronique politique mondiale, M. Shobaki préconise «la construction d’un Etat national» pour sortir de l’impasse et commencer à aller de l’avant.
Par leurs «tentatives d’islamisation de l’Etat», les frères musulmans, ajoute l’universitaire, «n’avaient pas comme objectif de protéger les institutions étatiques mais de les dominer». Selon son analyse, les Egyptiens auront du pain sur la planche pour faire régner la stabilité dans leur pays. Les défis sont multiples. Toutefois, admet M. El Shobaki, «même si des erreurs ont été commises, on n’est pas prêts à détruire tout ce qu’on a construit depuis l’indépendance». Mettant en garde contre le danger que peut représenter l’intervention étrangère, l’expert ne veut plus d’«un Irak bis où les Etats- Unis ne s’étaient pas uniquement contentés de destituer Saddam Hussein, mais de rester le plus longtemps possible dans ce pays, actuellement américanisé».
A cet effet, il dira que les «réformes doivent être internes». Quant à la Syrie, dont le bout du tunnel n’est pas si près, le spécialiste égyptien croit dur comme fer que le Président Bachar El Assad «doit laisser sa place le plus tôt possible». Mais, la question qui se pose est : comment doit-il partir ? A cette question, M. El Shobaki assure qu’«un départ forcé engendrera inéluctablement des divergences insolubles».  
Fouad Irnatene
 

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