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Journée internationale de la démocratie au Conseil de la nation : « Faire entendre les voix de la démocratie »

Lazhari Bouzid : « Il n’existe pas de modèle parfait pour l’instauration de la démocratie »

PUBLIE LE : 15-09-2013 | 23:00
Ph. : Nacéra

Les travaux de la manifestation qui s’est déroulée à la salle des conférences du Conseil de la nation en présence, des parlementaires des deux Chambres, des représentants de la société civile ainsi que des spécialistes de la problématique en débats ont été inaugurés par le vice-président du Conseil de la nation, M. Othmane Sidi Lakhdar.

Le Conseil de la nation,  en collaboration avec l’Assemblée populaire nationale (APN) et l’Union interparlementaire (UIP), a célébré, hier matin, la journée internationale de la Démocratie, en organisant une journée d’étude intitulée « faire entendre les voix de la démocratie », une manifestation qui coïncide avec le 15 septembre de chaque année, ouvrant ainsi le débat sur la thématique du « rôle du citoyen entre le Parlement  et la démocratie », une conférence donnée par M. Lazhar Bouzidi, sénateur et docteur en droit, et « la démocratie et les assemblées locales  élues », un thème développé par le professeur à la faculté de droit à Oran, M. Mohamed Bousoltane, deux communications animées en commémoration de la journée d’étude parlementaire.
Les travaux de la manifestation qui s’est déroulée à la salle des conférences du Conseil de la nation en présence, des parlementaires des deux Chambres, des représentants de la société civile ainsi que des spécialistes de la problématique en débats ont été inaugurés par le vice-président du Conseil de la nation, M. Othmane Sidi Lakhdar.
Parmi les participants à cette journée d’étude, le sénateur FLN de la circonscription de Annaba, Nourredine Dib, a mis le parallèle entre la démocratie et le citoyen pour élargir les passerelles de dialogue entre les différents membres et partenaires de la société afin de renforcer l’écoute et de prendre en charge les préoccupations du peuple. Cette journée, qui a été préparée par un panel de spécialistes des thématiques et des principes du régime démocratique, a mis l’accent sur les modalités de gestion des gouvernements et de la relation de l’exerce démocratique au niveau des différentes sphères du pouvoir, au plan de la séparation des pouvoir, de la transparence, de l’alternance, le respect de la règle de droit, la promotion de la justice et des libertés, de la neutralité de l’administration en tant que supports matériels des autorités dans l’organisation des missions et responsabilités des autorités publiques et de l’exécutif dans la gestion des affaires du pays au service du peuple.
Nourredine Dib a dans son intervention soutenu que pour arriver à une bonne gouvernance, il est nécessaire de satisfaire les exigences des citoyens en étant à leur écoute, ajoutant que cette satisfaction obéit à des critères qu’il convient d’établir dans un système d’évaluation des départements et services publics pour avoir une idée sur le déroulement du travail des responsables sur le terrain.
Cette démocratie participative qui fait appel à la contribution des citoyens dans la gestion des affaires du pays par l’expression de leurs idées et de leurs opinions permet à la collectivité nationale d’avancer dans l’exercice démocratique en faisant entendre sa voix et ses besoins. Ces  formes de journées d’étude participent de cet objectif qui consiste à vulgariser davantage les principes de la démocratie, les opinions sur le rôle des élus, des politiques et des autres membres de la société civile dans des conférences ouvertes au débat et en présence des intellectuels, des universitaires et des représentants des différents pouvoirs en exercice.
Pour le professeur Mohamed Bousoltane, l’Algérie a fait de grands pas vers la démocratie même avec des lacunes et des insuffisances, des insuffisances qui relèvent surtout des conflits d’intérêts économiques et politiques. Et pour ce faire, il nous faut une justice suffisamment forte pour arriver à les juguler et une plus grande résonnance des voix démocratiques, notamment celles des jeunes qui nous surprennent à travers les réseaux sociaux. En d’autres termes, les principes démocratiques sont disponibles en Algérie avec des élections libres et démocratiques, une parfaite neutralité de l’administration. Au sujet de la participation des partis politiques, le conférencier estime que cela leur réussite revient à leur façon d’encadrer les militants et dans le cas contraire, ils sont les seuls responsables de leurs échecs. En d’autres termes, ils n’ont pas su choisir les encadreurs des bureaux de vote, les observateurs ou encore des candidats n’ayant pas les critères nécessaires.   
En évoquant la démocratie participative, le professeur Mohamed Bousoltane, s’appuie sur le rôle des partis politiques et de la société civile pour établir les principes de la bonne gouvernance et de l’écoute des voix démocratiques. Selon ses propos, les partis politiques qui doivent impérativement se conformer à la nouvelle loi sur les partis, sont présents sur l’échiquier politique expliquant que leur gestion interne sur le plan de la démocratie reste problématique et pose des problèmes, ce qui fait qu’ils ne sont pas assez forts  pour prétendre à la gestion des affaires du pays. Bousoltane a toutefois précisé que sur le plan local, les différentes formations politiques qui siègent aux assemblées populaires locales participent positivement dans la gestion des affaires locales. Et à ce titre, on peut dire que les partis politiques disposent d’une bonne présence locale dans le sens où la configuration existe, mais au plan de l’homogénéité, et, notamment dans certaines régions du pays, elle laisse à désirer.
S’agissant de la société civile, le professeur insiste sur son caractère indépendant et les sources de son financement pour lui donner la force de sa contribution en tant qu’acteur de gestion dans la vie au sein de la société. C’est pourquoi, il met en parallèle les objectifs assignés aux associations civiles et les nouveaux textes de la loi de 2012 qui expliquent et définissent les rôles et les autres aspects des activités du mouvement associatif.
C’est un impératif pour garantir leur indépendance, a-t-il expliqué en ajoutant que c’est déjà un grand pas dans la participation dans la gestion des affaires de la société, car il est question de transparence, d’exercice démocratique de la gestion partant du principe que les textes existent et qu’il reste, simplement, à les mettre en application.
Houria A.

Lazhari Bouzid : « Il n’existe pas de modèle parfait pour l’instauration de la démocratie »
Le juriste et ancien membre du Conseil de la nation, Lazhari Bouzid, a affirmé, hier, à Alger, qu’il n’existait pas de modèle parfait pour la réalisation de la démocratie qui reste un régime qui « permet de se corriger en permanence ». La démocratie demeure un objectif que les pays ambitionnent d’atteindre mais de manière qui diffère d’un Etat à un autre, a indiqué M. Lazhari qui intervenait lors d’une journée d’étude organisée par le Conseil de la nation à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la Démocratie, soulignant qu’ « il n’existe pas de modèle parfait pour l’instauration de la démocratie. » Il a précisé à ce propos, qu’« en aucune manière, il n’est possible d’imposer la démocratie par la force » et c’est là, a-t-il dit, le prétexte auquel recourent aujourd’hui certains pays pour justifier une ingérence dans les affaires internes d’autres pays portant ainsi atteinte à leur souveraineté et à leur intégrité territoriale. » Selon le juriste, la démocratie, qui est une valeur qui n’appartient ni à une civilisation ni à un Etat, reste « un produit interne » qui prend forme à travers les institutions de l’Etat à leur tête les Parlements considérés comme la « clé » de tout processus démocratique. Cependant et, pour lui permettre de jouer pleinement son rôle, le Parlement doit réunir un nombre de conditions dont la représentation afin de refléter avec crédibilité la composante sociale et politique de la société. Cette institution se doit également de « lutter contre tout ce qui est de nature à introduire une forme de corruption au sein du Parlement » sans oublier que « ses activités doivent se dérouler dans la transparence », a poursuivi l’intervenant.

Mohamed Bousoltane : « L’indispensable participation citoyenne »
Dans son intervention intitulée « Les assemblées élues et la démocratie », l’enseignant de droit à l’université d’Oran, M. Mohamed Bousoltane, a estimé que les difficultés se font ressentir de manière manifeste au plan local, car c’est à ce niveau que les problèmes se posent avec acuité. L’implication du citoyen dans la gestion est une notion consacrée par les articles 15 et 16 de la Constitution de 1989 et maintenue dans toutes les autres Constitutions qui ont succédé. Le premier article énonce que la commune est la collectivité de base alors que le second stipule que les assemblées élues représentent l’importance de la participation du citoyen. Un concept dont les contours ont été clarifiés durant ces dernières années à travers les réformes politiques initiées en Algérie. A cet effet, le nouveau texte du code de wilaya insiste dans plusieurs de ses articles, sur la transparence considérée comme un élément essentiel de gouvernance ainsi que le code communal qui a consacré tout un chapitre à la « participation ».
 

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