lundi 19 novembre 2018 23:46:22

13e rencontre internationale de l’AICESIS : L’intégration socioprofessionnelle des jeunes une préoccupation majeure

Des prix AICESIS du millénaire (OMD) ont été remis à des associations du Brésil, de Chine et du Congo.

PUBLIE LE : 12-09-2013 | 0:00
D.R

Les travaux de la 13e rencontre de l’Association internationale des conseils économiques et sociaux et institutions similaires (AICESIS) se sont ouverts, hier, au palais des Nations sous la présidence de M. Mohammed Seghir Babès, président du CNES. Prévue sur deux jours, la rencontre, qui a enregistré la présence d’ambassadeurs accrédités à Alger de pays membres de l’AICESIS et de représentants et d’organisations onusiennes, notamment  l’Organisation internationale du travail (OIT), de l’UGTA représentée par son SG, M. Abdelmadjid Sidi Saïd, a été consacrée, à l’occasion de cette cession finale qui marque la fin de la mandature algérienne entamée en 2011, à la problématique de l’emploi et au rôle de la société civile dans l’intégration socioprofessionnelle des jeunes dans un contexte mondial caractérisé par une récession des dynamiques économiques de nombreux pays avec impact négatif sur les stratégies de développement. La table ronde organisée pour la circonstance a permis d’aborder les principaux axes du rapport de l’association sur la thématique du travail.
La crise financière internationale, dont les effets sont toujours omniprésents, a particulièrement affecté le secteur de l’emploi, avec, comme conséquences directes, l’aggravation du niveau du chômage, une restriction de l’accès aux droits sociaux, et contribué à la précarité du travail. En l’absence d’alternatives face à la dégradation des conditions de vie par rapport à la rareté de l’offre d’emplois, les Conseils économiques et sociaux, appuyés par les instances de l’ONU, notamment l’Organisation internationale du travail, ont engagé des réflexions et émis des recommandations susceptibles de contribuer à une meilleure prise en charge de cet épineux problème. M. Babès, qui a mis en avant la contribution de l’OIT dans l’effort dans l’action de l’AICESIS, a fait savoir que la mandature de l’Algérie a été marquée par la conclusion d’un accord «inédit» de coopération entre les deux institutions.
«Une initiative qui connaîtra une suite avec d’autres organisations du système onusien et qui constitue une passerelle communicative, d’autant plus que l’OIT a été pour l’AICESIS, une perspective institutionnelle pour construire une coopération hors pair», a-t-il souligné.
Aussi, ce rendez-vous constitue «une nouvelle étape dans le développement de notre association», a affirmé le président du CNES. Le document de synthèse de l’AICESIS sur l’emploi et le rôle de la société civile, organisée dans l’intégration socioprofessionnelle des jeunes, traité et adopté lors de cette rencontre, aborde une série de questionnements communs à toutes les sociétés, note M. Babès. La synthèse  présentée par M. Bouras Djoudi, membre du CNES, met en exergue, en effet, une série de problématiques liées à la crise mondiale et ses conséquences sur l’emploi et la précarité du travail. Progression du chômage, défaillance de l’emploi, discrimination qui affecte beaucoup plus les femmes et les catégories sociales modestes ou peu qualifiées, flexibilité dans les relations de travail (CDD) qui concoure à la vulnérabilité de l’emploi, inégalités dans l’accès au travail, prédominance du capital financier au détriment du social, rareté de l’offre d’emplois, sont les caractéristiques de la conjoncture mondiale, d’où l’urgence d’actions concertées pour remédier à une situation qui risque de s’aggraver face à la faiblesse des opportunités sur les marchés du travail et l’amenuisement des ressources.
 Le document qui souligne cette nécessité d’une prise en charge effective de la problématique de l’emploi qui affecte massivement les jeunes de par le monde, ce qui interpelle la société civile pour une plus grande implication dans la recherche de solutions concertées et adaptées, a affirmé l’intervenant. À ce propos, l’OIT a déjà mis en garde contre le «traumatisme» né chez les jeunes du fait du chômage combiné à  l’inactivité et au travail précaire dans les pays développés et à l’appauvrissement des travailleurs dans les pays en développement. Dans le même ordre d’idées, l’AICESIS relève un état de rupture au niveau des systèmes d’insertion, une faiblesse des capacités des économies à créer de l’emploi,  une inadéquation formation-emploi relevée par l’ensemble des CNES, ainsi qu’un manque de  proportionnalité entre les coûts du travail et la productivité, ce qui limite l’employabilité des jeunes. L’AICESIS, qui ne s’est pas limitée à un simple constat, a émis des recommandations en direction des gouvernements, des organisations internationales, des opérateurs économiques, ainsi que des partenaires sociaux et des organisations de la société civile.
L’association invite ainsi les organisations internationales, notamment onusiennes, à s’impliquer davantage dans la problématique de l’emploi et des systèmes de prise en charge et d’accompagnement des dispositifs et programmes publics d’emplois ciblés, et aux démarches de lutte contre le chômage.
Les gouvernements sont appelés, pour leur part, à intensifier les offres d’emploi  dans le cadre de dispositif à haute intensité de main-d’œuvre, à soutenir les conditions de mise en œuvre du pacte mondial pour l’emploi et l’agenda du travail décent, à concourir à l’amélioration de la gestion du marché du travail et à un accompagnement des jeunes demandeurs d’emploi, particulièrement les catégories vulnérables. Il s’agira également, pour les décideurs, d’améliorer l’efficacité des dispositifs d’emploi.
Les opérateurs économiques, principal acteur dans cette démarche sont sollicités pour encourager l’apprentissage des jeunes, l’apprentissage sur le tas, et pour assurer aux recrues un encadrement approprié.
La société civile et les partenaires sociaux ne peuvent demeurer en reste de la politique de l’emploi, estime l’AICESIS qui souligne la responsabilité de ces derniers en tant que «partenaire primordial des pouvoirs publics» et d’intermédiaires entre organisations, institutions et entreprises. Les concernés, suggère l’AICESIS, devront être partie prenante dans l’élaboration des politiques de l’emploi et contribuer aux stratégies de lutte contre le chômage et la précarité de l’emploi.
Une position réaffirmée par le représentant du BIT qui a souligné l’importance du dialogue social et la concertation dans la promotion de la dimension sociale de l’emploi, des paramètres qui militent pour un pacte mondial de l’emploi. L’intervenant, qui soulignera l’importance de l’intégration socioprofessionnelle des jeunes, a suggéré que la «stimulation de l’emploi passe par une politique macroéconomique adéquate».
L’AICESIS, qui encourage toute initiative dans le sens de la promotion de l’emploi, a décerné les prix AICESIS du millénaire à des associations du Brésil, de Chine et du Congo, pour leurs efforts dans l’accomplissement des OMD «plein emploi, travail décent et productif pour réduire la pauvreté».
DEMMAD Akila

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Mohamed-Seghir BabÈs, président du CNES
La résorption du chômage dans le monde passe par la construction d’un large consensus
Le développement socioéconomique et la résorption  du problème du chômage dans le monde nécessite la construction d’un «large consensus» international, a affirmé, hier à Alger, le président du Conseil  national économique et social (CNES), Mohamed-Seghir Babès.   Dans son allocution à l’ouverture de la 13e rencontre internationale de l’Association internationale des conseils économiques et sociaux et institutions  similaires (AICESIS), M. Babès a préconisé la «construction d’un consensus mondial très large par les Conseils économiques et sociaux des différents pays pour pouvoir consacrer une stabilité, indispensable à tout développement», a-t-il souligné. Relevant que «les temps sont actuellement délicats», il a estimé que  seul ce consensus mondial était «à même de permettre la création de nouveaux emplois et de lutter contre le chômage», faisant observer, dans ce sens, que «les nombreux conflits et les zones de friction, que connaissent plusieurs pays, sont aggravés par le problème de chômage, qui risque d’être récupéré  et exploité». M. Babès s’est, par ailleurs, félicité de la coopération «prospère» entre l’AICESIS et l’Organisation internationale du travail (OIT), liées pa un accord qui prévoit, entre autres, d’organiser une conférence commune en décembre  prochain en Espagne. Cette conférence mondiale traitera, a-t-il dit, de «l’impact du rôle  des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires en réponse à la crise économique et financière mondiale et de l’emploi», a-t-il ajouté. Pour M. Babès, le partenariat avec l’OIT s’articule autour de l’emploi et la réinsertion socioprofessionnelle des jeunes, ce qui a amené l’AICESIS  et l’OIT à mettre en place un groupe de travail coordonné par le CNES (algérien). Le thème retenu pour la rencontre d’Alger, dont les travaux se poursuivent en séance plénière, porte sur «Le rôle de la société civile dans la promotion de l’emploi et la lutte contre la pauvreté et la corruption». 

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Emploi de jeunes
Les Conseils économiques et sociaux appelés à créer des partenariats « innovants »
Les Conseils économiques et sociaux (CES) sont appelés à nouer des partenariats «innovants» pour lutter contre le chômage et contribuer à la promotion de l’emploi des jeunes, a affirmé, hier à Alger, le directeur général adjoint du Bureau international du travail (BIT), Gilbert Houngbo.
S’exprimant lors des travaux de la 13e rencontre de l’Association  internationale des Conseils économiques et sociaux et Institutions similaires (AICESIS), M. Houngbo a aussi appelé les CES à susciter les débats sur la question du chômage chez les jeunes en raison de leur «rôle central» dans la société. Il a recommandé d’encourager les acteurs de la société civile à s’impliquer dans le développement, la mise en place et l’évaluation des initiatives prises en faveur de l’emploi des jeunes, ainsi que de contribuer à la promotion des droits de cette frange. Selon lui, les CES sont en train de jouer un rôle «clé» dans le traitement  des conséquences de la crise économique mondiale, ainsi que dans le renforcement du dialogue social entre les gouvernements et les partenaires sociaux, soulignant que ces structures avaient une part déterminante dans «l’identification et l’anticipation  des évolutions du monde du travail». Abordant la question du chômage dans le monde, M. Houngbo a rappelé que ce fléau avait touché, cette année, plus de 73 millions de jeunes, relevant que même ceux qui travaillaient ne pouvaient pas sortir de «la spirale de la pauvreté, car ils occupent des emplois précaires et informels». Il a, dans ce sens, indiqué que la population des jeunes «constitue un formidable atout pour les économies et les sociétés, à condition qu’elle occupe  des emplois décents et qu’elle soit intégrée dans la société», car, a-t-il mis en garde, l’exclusion sociale «peut également conduire à une déviance des systèmes  socio-économiques et politiques».

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