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Relance de la consommation : Oui, mais surtout de la production nationale

À la prochaine tripartite consacrée à l’économie, il est question d’aborder, parmi les sujets cruciaux liés à la relance de nos entreprises, celui de la consommation des ménages et surtout de son effet dopant sur la production nationale.

PUBLIE LE : 10-09-2013 | 0:00
D.R

À la prochaine tripartite consacrée à l’économie, il est question d’aborder, parmi les sujets cruciaux liés à la relance de nos entreprises, celui de la consommation des ménages et surtout de son effet dopant sur la production nationale.

La mise en place et en œuvre  récente d’une centrale des risques chargée de suivre l’endettement des ménages et  l’ambition de relancer la consommation procèdent de  la volonté de solliciter de façon croissante la production nationale qui a besoin d’un saut qualitatif et quantitatif substantiel pour les prochaines étapes.
La relance du crédit à la consommation devrait en principe profiter à la production nationale avant d’aller «booster» les importations et les transferts de devises vers l’étranger ; encore faut-il que la production nationale soit mise en situation et en condition non seulement d’augmenter sérieusement ses performances en volume, mais d’accélérer encore sa diversification et ses niveaux de qualité. Pour ce faire, un grand nombre de mesures doivent être prises pour aider les entreprises algériennes à se mettre en ordre de produire plus et mieux, et surtout celles qui ont été déstructurées pour des différentes raisons exogènes à leur management  et responsabilité.
Cela exigera, sans aucun doute, un accès soutenu et préférentiel aux financements bancaires d’exploitation et d’investissements pour les entreprises de production et des mesures d’accompagnement pertinentes pour remettre en état de «navigabilité», celles qui ont subi des dégâts et pertes de toute nature dues à la traversée d’un période houleuse de tempêtes et d’avaries.
La production nationale a besoin également d’investissements importants inscrits dans le cadre d’une stratégie où secteur public et secteur privé doivent pouvoir multiplier les synergies et les économies d’échelles dont pourrait profiter le consommateur algérien en trouvant sur le marché, une offre suffisante et conforme aux standards internationaux, car c’est à ce niveau que la solution radicale aux questions de consommation, de pouvoir d’achat, d’autonomie relative, de création d’emplois pourra être trouvée et réalisée avec succès, car il s’agira alors d’un succès partagé et durable.
Vouloir «booster» la consommation, et notamment la consommation de produits locaux sans impulser la production nationale ne servira à rien, si ce n’est à créer une demande sans offre, à nourrir l’inflation et à «légitimer» et valider l’offre générée par l’importation. Certes, la création d’une centrale des risques surveillant l’endettement des ménages est un projet utile, ancien et louable. Il faut dire que le crédit à la consommation le plus significatif a concerné surtout le financement de biens durables comme la voiture ou le logement.
Or, ces deux produits auxquels les Algériens aspirent ont connu des conjonctures différentes : pour la voiture, le crédit a été suspendu, pour le logement, c’est l’offre de logements qui pose problème (foncier, promotion, réalisation, coûts, délais, qualité, etc.).
À ce niveau, il faut dire que si tout le monde veut financer la demande de logements, on ne se bouscule pas au portillon pour fiancer l’offre. Pour les autres biens de consommation intéressant les consommateurs, à savoir les produits électroménagers, l’ameublement, les équipements domestiques, le produit étranger domine le marché, et la pratique du crédit est recherchée pour différentes raisons : facturation, transparence, fiscalité. Il faut espérer que les produits locaux soient attractifs et complétifs, et que l’accès au crédit soit facilité, certes, mais encadré afin que les revenus des ménages ne soient pas «laminés» par une trop grand prise de risques et de crédits créant des situations de contentieux et de sinistralité préjudiciables aux consommateurs, aux banques et aux producteurs et offreurs de biens. Il y a une marge de manœuvre et une «fenêtre de tir» à explorer et à exploiter que la tripartie pourra mettre à profit dans les années à venir.
Yacine Ould Moussa

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