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JO 2020 : Istanbul, Madrid et Tokyo : qui aura le dernier mot ?

L'air du temps n'est plus à la démesure et le CIO, après avoir cédé aux sirènes de l'exotisme avec Rio de Janeiro 2016, voudrait le rêve sans controverse en désignant Istanbul, Madrid ou Tokyo pour les JO d'été 2020.

PUBLIE LE : 07-09-2013 | 0:00
D.R

L'air du temps n'est plus à la démesure et le CIO, après avoir cédé aux sirènes de l'exotisme avec Rio de Janeiro 2016, voudrait le rêve sans controverse en désignant Istanbul, Madrid ou Tokyo pour les JO d'été 2020. Tendance low-cost pour Madrid, pont entre Orient et Occident pour Istanbul, jeux high-tech pour Tokyo : ces trois dossiers aux couleurs différentes promettent tous un spectacle magnifique.

Si, sur le plan technique, les trois villes ont été jugées parfaitement aptes à organiser le plus grand rendez-vous sportif planétaire, elles ont cependant chacune leur nuage noir : la Turquie et les aspirations sociales de sa fragile démocratie, comme l'a démontré le vaste mouvement de contestation anti-gouvernemental en juin, l'Espagne et son économie empêtrée dans la crise, ou le Japon et le spectre de Fukushima. Or des nuages noirs, il y en a déjà quelques-uns dans l'horizon olympique. Les promesses de samba faites il y a quatre ans par le Brésil virent au tango face aux retards dans les chantiers, et les gigantesques manifestations qui ont occulté la Coupe des Confédérations de football en juin alimentent désormais les craintes que le Mondial-2014, puis les jeux d'été 2016, puissent être pris en otage.

Doha et Bakou écartées
La Russie, qui a déployé une armée de bulldozers pour transformer d'ici février 2014 en station de sports d'hiver la ville de Sotchi, station balnéaire des bords de la mer Noire, est d'ores et déjà assurée de décrocher la médaille d'or des jeux les plus chers de l'histoire, avec une facture avancée désormais à 50 milliards de dollars, cinq fois le budget initial. Et les polémiques enflent autour du caractère très peu écologique de ces JO et d'une récente loi russe jugée homophobe par beaucoup. Désormais, la tendance n'est plus à la surenchère et au choix controversé, comme l'a laissé entrevoir le CIO en mai 2012 en écartant Doha de la course finale pour les JO-2020, ainsi que Bakou, soit les deux villes dotées des plus gros moyens financiers parmi les cinq candidates au départ. Quinze mois plus tard, la bataille est perçue comme extrêmement serrée entre les trois finalistes, si bien qu'elle pourrait se gagner à Buenos Aires par les poignées de main dans les corridors et la passion mise dans les présentations finales. La Turquie, seul des trois pays en lice à n'avoir jamais décroché les jeux, estime que son heure est venue. Le sceau olympique viendrait comme une reconnaissance de son nouveau statut de puissance régionale sur l'échiquier mondial, elle dont les quatre précédentes candidatures n'avaient même pas été jugées crédibles.

Madrid, l'anti-bling-bling
La Turquie rêve d'être le premier pays à majorité musulmane où brille la flamme olympique, le premier à offrir des jeux à cheval sur deux continents. Mais pour avoir les moyens de concrétiser ses ambitions, il lui en coûterait plus de 22 milliards d'euros. La facture de loin la plus lourde des trois, même si sont pris en compte des investissements publics dans des infrastructures qui seront réalisées quoi qu'il en soit, Jeux ou pas. A contre-courant de la tendance bling-bling, Madrid a inventé les jeux de l'austérité. Avec un projet bien ficelé et un budget minimaliste dans les standards olympiques, 5 milliards d'euros, la capitale espagnole fait le pari de démontrer que les anneaux olympiques ne sont pas un luxe inaccessible. Loin de se laisser décourager par ses deux échecs consécutifs, Madrid s'est déjà dotée des structures qu'elle envisageait dans ses projets antérieurs, au point que mis à part un village olympique, elle n'a plus grand-chose à construire. Comme les Espagnols, les Japonais se sont remis en course après leur candidature ratée pour les jeux de 2016, et ce, malgré le tsunami qui a ravagé le nord-est du pays en mars 2011. Avec les jeux Olympiques, le Japon veut tourner la page de cette catastrophe et retrouver sa fierté en prouvant au monde entier que l'archipel est toujours une grande puissance économique, royaume de l'efficacité et de l'innovation technologique. 

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