samedi 20 juillet 2019 13:38:10

Hommage aux membres du CCE au Forum de la Mémoire d’El Moudjahid : Les héros ne meurent jamais

Trois questions à Mohamed Abbas, chercheur en Histoire : "Le GPRA a donné une image de l’Algérie plus importante "

PUBLIE LE : 04-09-2013 | 0:00
Ph. : Nacera

A l’issue  du  Congrès  de la Soummam, tenu  le 20 aout 1956  , une charte politique fut adoptée, un découpage territorial défini et des instances  de commandement désignées, en l’occurrence  le  Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA),  de 34 membres, donnant au FLN une instance délibérative souveraine et le  Comité de coordination et d’exécution (CCE) , formée en premier lieu de cinq membres, et par la suite de 9,   qui en constituait l’organe de direction.   Ce haut commandement   de la révolution, sera remplacée, le 19 septembre 1958 ; par le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne).   

Hier, le forum de la Mémoire d’El Moudjahid, initié en coordination avec l’Association Machaal Echahid ;    qui a repris ses cycles de conférences historiques, est revenu sur la naissance du CCE et   la désignation des membres chargés de « coordonner la Révolution et d’exécuter les directives de son conseil national (CNRA) créé dans cet objectif ».  Le professeur Zoheir Ihadaden, connu pour être l’historien de la presse nationale est d’abord un grand militant du mouvement national. C’est donc en chercheur en Histoire et témoin privilégié qu’il a animée une conférence sur le rôle assigné au CCE et sur le choix de ses membres.
Aussi, il rappellera que cette instance, au même titre que le CNRA, a vu le jour le 20 aout 1956. Sa durée de vie se limitera à 2 années, car elle sera remplacée , en 1958 , par le GPRA , qui sera présidé par Ferhat Abbas. Le Comité , passera par deux phases , la première se terminera en 1957 et la deuxième en 1958. Chaque étape se distingue de l’autre.  A son installation, le CCE sera composé par Larbi Ben Mhidi , Abane Ramdane , Krim Belkacem , Youcef Bekhedda et Saad Dahlab. En 1957, il sera élargi à d’autres cadres de la révolution et la composante atteindra ainsi le nombre de 9. Les nouveaux membres seront Ferhat Abbes, Abdelhamid Mehri , Lakhdar Bentobbal et Abdelhafid Bousouf,  Lamine Debaghine,  Mahmoud Cherif et Ouamarane . Certains membres seront désignés au poste de ministre au sein du GPRA.  Zoheir Ihadaden , dont le récit est basé sur les témoignages du fils de Ouamara , le propriétaire de la maison, sise Telemely , actuellement Krim Belkacem , quelle étrange coïncidence,  ou se tenaient les réunions du CCE , dira que Krim Belkacem qui avait pour charge la Wilaya III  assistait très peu aux rencontres.  Quant au choix des membres, Ihadaden dira, que la désignation de la composante n’avait aucun rapport avec la représentativité des wilayas.  Quant à la principale mission du CCE, elle consistait essentiellement à la collecte des articles qui allait être publiés sur les colonnes du journal révolutionnaire El Moudjahid, organe centrale du FLN et porte voix de l’Algérie combattante. Le CCE, sera également derrière l’organisation de la grève des 8 jours qui a propulsé la question algérienne dans les couloirs de l’ONU.  Mais après l’arrestation de Larbi Ben M’hidi et son assassinat les membres du CCE quittent  Alger. Deux prendront le chemin de la Tunisie et les deux autres celui du Maroc.  Le 25 octobre 1957, le CCE se réunit à Tunis.
 Lors de cette rencontre , il sera procédé à la répartition des missions à chaque membre. Pour l’historien ; cette décision a participé  en quelque sorte à disloquer l’instance , car pour lui , il n’aurait pas fallu limiter les taches de chacun. Zoheir Ihadaden , dira que le CCE a été crée dans le but de coordonner entre les différentes wilayas historiques. Et il n’hésitera pas à qualifier cette démarche de «  tare », car en répartissant les missions , il a été mis fin à la coordination  qui pourtant a été très bien assurée lors de la première phase de l’existence du CCE.   De coté  le moudjhahid Allal Thaalibi , qui a été membre du CNRA , a estimé qu’il ya eu déviation avec  l’élargissement de la composante du CCE de 5 à 9 membres.  
Il a également rappelé que Aissat Idir   faisait partie du CCE ( le 6 eme membre )  , mais il a été emprisonné puis assassinés.
Le chercheur en Histoire, Mohamed Abbes , a tenu à souligner le rôle joué par le moudjahid Saad Dahlab ; qui a été le premier à organiser une conférence de presse au Caire , au mois de juillet 1957. La traduction en langue anglaise était assurée par Mhamed Yazid , et Abdelhamid Mehri , traduisait la conférence en langue arabe.
Nora Chergui

---------------------------

Professeur Zoheir Ihaddaden
Le CCE a joué un grand rôle
Le Comité de Coordination et d’Exécution avait un rôle important dans le déroulement de la révolution. Il a déterminé les missions de  chaque wilaya,  déterminé  les grades dans au niveau de l’ALN, consolidé une bonne organisation qui a permis à la révolution  de résister. les membres du CCE (Comité de coordination et d'exécution) se sont réunis secrètement dans la maison de Yacef Saadi en haute Casbah : Abane Ramdane, Larbi Ben M'hidi, Krim Belkacem, Saad Dahlab et Benyoucef Benkhedda, véritables dirigeants de la révolution, avaient décidé de siéger dans la Casbah d'Alger où ils pensaient avoir une plus grande emprise sur les militants du FLN, de meilleures liaisons et surtout parce qu'ils étaient persuadés que la capitale était propice à la clandestinité totale, avec ses « planques », ses « caches » multiples, ses nombreux agents de liaison perdus dans la masse et les protections de toute sorte dont ils pourraient bénéficier.
Et puis siéger à Alger, c'était aussi être au cœur de l'Algérie et y appliquer la guérilla urbaine, aussi importante à leurs yeux que les combats et les actions dans les maquis.
Kafia Ait Allouache

---------------------------

Trois questions  à Mohamed Abbas,  chercheur en Histoire :
"Le GPRA a donné une image de l’Algérie plus importante "

Comment peut-on présenter le Comité de Coordination et d’Exécution ?
Le comité de coordination et d’exécution ou  CCE était l’organe central de la direction du FLN créé conformément aux décisions du  congrès de la Soummam en Août 1956. Cette structure fut remplacée en septembre  par 1958 par le GPRA. Elle était composée d’Abane Ramdane, Krim Belkacem, Larbi Ben M’hidi, Saâd Dahleb et Benyoucef Benkhedda.  Le CCE était  l’instance exécutive de la révolution algérienne après le congrès de la a Soummam. Il était chargé de coordonner la « Révolution » et d'exécuter les directives de son conseil national (CNRA) créé à cet effet comme l’organisation de la fameuse grève de 1957 et bien d’autres événements.  Il y a eu deux étapes : la première relative  au groupe du CCE composé de cinq membres où il y avait une certaine coordination entre eux lors de leurs réunions à Alger qui ont porté sur les diverses actions de lutte contre le colonialisme. La seconde étape était celle où le CCE était élargi avec la répartition  de certaines tâches. Mais la révolution a nécessité une autre étape qui est celle de la mise en place du  GPRA et donc le CCE a cédé la place au GPRA le 19 septembre 1958 pour des raisons internes qui concernent la révolution algérienne. Cette dernière est arrivée à un stade de développement surtout sur le plan extérieur, où il faut avoir un gouvernement à même de conférer    qui donne une image plus importante que le comité de coordination et d’exécution.

Quel était le vrai rôle de ce comité ?
C’était   un mini gouvernement qui, du point de vue interne, fut   une instance d’exécution et à l’extérieur  il a pris déjà les attributs d’un  gouvernement. Par exemple, le CCE attribua  neuf postes dont un porte parole du CCE  en la personne de Ferhat  Abbas, un responsable politique et médiatique, un responsable de l’armement, un responsable des affaires étrangères,  un responsable des finances, un responsable des forces armées….

Les conférenciers ont attesté qu’il n’y avait pas de coordination entre les membres du CCE. Qu’en pensez-vous ?  
Cela reste juste des points de vue. A mon avis, il y a eu toujours une coordination parce que si le CCE arrivait à se réunir à Alger dans des conditions sécuritaires très difficiles, il est plus facile de se réunir, alors à l’extérieur, au Caire ou en Tunisie… 
Je trouve qu’il y avait une bonne évolution en raison de l’armement qui a été acheté, les finances qui ont été mobilisées au service de la  révolution…. Il y avait des mini ministères qui travaillaient  et par la suite, se sont transformés  en gouvernement provisoire sous l’impulsion de l’action diplomatique, parce qu’un gouvernement est plus apte à incarner l’image de la révolution à l’extérieur mieux qu’un comité. Parmi ceux qui appelaient toujours à la mise en place d’un gouvernement, on cite  les responsables diplomatiques tels que Hocine Ait Ahmed, M’hamed Yazid. Cette attitude prend en considération, la position de  l’ONU qui s’était rendue compte  que la cause algérienne connait de grandes avancées,  donc il était primordial  de développer les instances dirigeantes.  Pour nos jeunes, il faut qu’ils sachent que le FLN historique a réussi une synergie parfaite   entre les trois facteurs de lutte, politique, diplomatique et militaire.
Entretien réalisé par Kafia Ait Allouache
 

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions