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Textile : Un plan de relance salutaire

L’option de l’Etat en faveur d’une relance effective du secteur du textile s’est déclinée par l’intermédiaire du ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, M. Chérif Rahmani, qui a indiqué, jeudi dernier, à M’Sila, que le projet de relance de ce secteur national sera entamé dans "les prochaines semaines".

PUBLIE LE : 26-08-2013 | 0:00
D.R

L’option de l’Etat en faveur d’une relance effective du secteur du textile s’est déclinée par l’intermédiaire du  ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, M. Chérif Rahmani, qui a indiqué, jeudi dernier, à M’Sila, que le projet de relance de ce secteur national  sera entamé dans "les prochaines semaines". La relance du secteur de textile figure parmi les solutions clés projetées par l’Etat pour développer l’industrie nationale, a souligné le ministre. Et pour cause : "La relance de l'industrie en Algérie est une urgence", déclarait-il en janvier. Le secteur perd en effet du terrain. En 2012, il représentait moins de 5% du PIB du pays, contre 7,5% en 2000. L'intéressé assure que son objectif est de favoriser "la création de nouvelles sources de richesses, en faisant appel au savoir-faire international pour localiser, ici en Algérie, des segments d'industrie afin de développer la qualité, l'innovation. Avec un budget d’Etat de l’ordre de 2 milliards de dollars consacré à la relance  du secteur du textile, les pouvoirs publics entendent mettre fin aux nombreuses entraves qui bloquent son essor et résorber une crise quasi endémique qui perdure depuis les années 1990.  Cette volonté se justifie amplement compte tenu de certains obstacles  que sont la hausse du prix du coton, l’insuffisance des opérations de  modernisation des équipements, l’invasion des produits provenant des marchés extérieurs, notamment chinois, etc. Ce sont autant de facteurs incapacitants dans une filière qui doit être promise à un meilleur avenir  au regard  des potentialités existantes dans notre pays, des ressources non négligeables escomptées légitimement dans la promotion de ce créneau. Ce faisant,  les pouvoirs publics, et c’est heureux,  sont en train de mettre les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu.

Un créneau porteur
S’agissant du textile, il faut rappeler que le secteur emploie actuellement 15.000 salariés alors qu’il y a deux décennies à peine, il mobilisait 200.000 travailleurs. Quelques milliers d’unités ont disparu pour cause d’importation massive de produits textiles. Cette situation préoccupante et pour le moins inconcevable a été appréhendée par les pouvoirs publics et les déclarations du ministre en charge du secteur affirment la volonté d’en finir avec cet état de fait. Cela étant, il faut relever que les estimations premières concernant le textile font ressortir un chiffre d’affaires de 38,5 milliards de dinars en 2014, soit un taux de  progression annuel de 10%.
Les investisseurs ne manqueront pas de se diriger vers l’Algérie dans le but de conquérir des parts de marché. L’Etat algérien se fixant pour objectif d’allouer un budget spécial pour le textile dans le cadre d’une feuille de route qui pourrait prendre les contours d’une nouvelle alternative pour l’économie nationale encore tributaire des ressources des hydrocarbures. Le  plan de relance  du textile et des cuirs est mis en place avec comme finalité, la modernisation, l’assainissement financier et l’encouragement de l’investissement productif et l’apport du partenariat avec des opérateurs étrangers notamment turcs.
C’est un enjeu majeur car il s’agit pour les opérateurs publics et privés de reconquérir quelque 95% de parts de marché national perdues durant les décades écoulées. Pour un marché de 500 millions de mètres linéaires, les fabricants nationaux ne transforment actuellement que 25 millions de mètres linéaires, alors que les industriels algériens transformaient 200 millions de mètres linéaires durant les années 1970 et 1980, dominant le marché domestique à plus de 70%.   Relevons également que les capacités de formation qualifiante, notamment dans l’ingénierie et la maintenance, font défaut depuis plus de 30 ans, nombre d’instituts ayant été fermés. Le gouvernement est déterminé à remettre le secteur industriel sur les rails à travers le lancement de plusieurs projets, en plus de facilitations multiples qu’il compte accorder aux porteurs de projets et investisseurs nationaux et étrangers. Dans le même ordre d’idées, M. Cherif Rahmani s’est montré optimiste quant aux perspectives industrielles en Algérie. « L’Algérie va s’industrialiser et chevaucher la troisième vague d’industrialisation dans le monde », affirmant que « l’industrie est devenue aujourd’hui la cause et l’urgence nationales et il ne peut pas y avoir d’avenir sans une industrie puissante, génératrice d’emplois, de valeur ajoutée et d’innovation pour éradiquer le marché informel et créer de la richesse.

Deux milliards de dollars pour  la relance du secteur
Le gouvernement a décidé de fournir différentes aides, pour un montant de deux milliards de dollars. En contrepartie, les usines de Meskiana, dans l’Est, et Chéraga, à Alger, doivent redémarrer. Le redémarrage des deux unités devrait offrir près de 400 emplois. Un effort particulier est consenti dans le domaine de la formation, avec 180 ingénieurs, diplômés, envoyés en formation complémentaire pour des masters. En parallèle, des unités de production de Bejaïa et Relizane, à l’arrêt, vont être relancées avec le concours de partenaires turcs.
Au total, une vingtaine d’unités, à l’arrêt parce que non rentables, sont concernées par le plan de relance, sous différentes formes.
Les professionnels du textile et des cuirs en Algérie sont en droit de s’attendre  à de meilleures perspectives pour cette filière, grâce aux résultats positifs enregistrés par la filière durant le dernier trimestre de l'année 2012, selon une enquête de l'ONS. Outre une hausse de l'activité et une stabilité des effectifs, les industriels  prévoient de "bonnes perspectives" de la trésorerie, indique une enquête d'opinion réalisée par l'Office national des statistiques (ONS) auprès des chefs d'entreprises de ce secteur.
 En effet, les industriels enquêtés ont déclaré que près de 68% des entreprises des textiles et plus de 49% de celles des cuirs ont utilisé leurs capacités de productions à plus de 75%. Cette enquête  qui porte sur le type et le rythme de l'activité industrielle, note que le degré de satisfaction des commandes en matières premières est toutefois inférieur à la demande exprimée, selon 50% des chefs d'entreprises des textiles, mais reste égal à la demande exprimée pour les industriels des cuirs qui ont relevé une stabilité de l'activité au dernier trimestre 2012.  
M. Bouraib

 

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