mercredi 15 juillet 2020 14:01:48
D.R

Organisé le 20 Août 1956, près de deux années après le déclenchement de la lutte armée, le congrès de la Soummam
est indéniablement un fait historique de premier plan. Pour bon nombre de chercheurs et d’historiens, il a constitué une étape charnière dans le triomphe de la Révolution algérienne. Le congrès de la Soummam avait rendu indispensable l’organisation
de la lutte armée, de la structurer et de lui donner une véritable assise nationale.

Deux éminents responsables conscients de cette  nécessité de doter la Révolution d’institutions solides pour poursuivre l’action politique et militaire, lui  avaient alors donné un sens et une portée révolutionnaire. Il s’agit d’Abane Ramdane et de Larbi Ben M’hidi, les chevilles ouvrières et les concepteurs patentés de ce congrès qui a fait date dans l’histoire de notre lutte de Libération nationale.
Leur acte avait été favorablement accueilli par les responsables et les chefs de zone.
Pour beaucoup d’historiens, mais également d’anciens combattants et combattantes, la plate-forme de la Soummam, ayant sanctionné les travaux de ce congrès, est d’une grande valeur  pour la construction du pays et de la nation.  
La décision de le tenir à  Ifri (Bejaïa), dans la zone III,  devenue par la suite wilaya III, est très protégée par le colonel Amirouche et ses djounouds.   
D’importantes décisions ont été prises et qui se sont avérées décisives En dépit des critiques exprimées à propos de ce conclave, il faut reconnaître que le Congrès de la Soummam avait pris des décisions décisives avec la  naissance de 6 Wilayas, du CNRA (une sorte d'Assemblée nationale) et du CCE (Organe exécutif de la Révolution), avec la primauté du politique sur le militaire et de l’intérieur sur l’extérieur, la mise en place d’une République démocratique et sociale…
 Imprégnées des principes de la Révolution, ces décisions donnent une idée de la marche suivie par le peuple algérien et ses représentants vers l’Indépendance, mais également vers l’édification d’un État moderne.

Rappel historique

Le déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954, est l’œuvre des militants  du CRUA (Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action) tous issus de l’OS (Organisation Spéciale) branche armée du PPA-MTLD, à la suite de l’éclatement de la direction de ce parti en deux factions : Comité central et Messali Hadj.
La direction de la Révolution passe alors aux «Six » du  CRUA qui sort au grand jour le 1er Novembre 1954 sous la conduite  du FLN (Front de libération national).
Le partage des responsabilités entre eux, après leur réunion du 23 octobre 1954 à Bologhine (ex-Saint-Eugène), s’était effectué de la manière suivante:
Zone 1, Aurès-Némencha : Mustapha Ben Boulaïd,
Zone 2, Nord-Constantinois : Mourad Didouche,
Zone 3, Kabylie : Belkacem Krim,
Zone 4, Algérois : Rabah Bitat,
Zone 5, Oranie : Mohammed Larbi Ben M’hidi.
(Les zones seront remplacées par les wilayas après le Congrès de la Soummam).
Quant à Mohamed Boudiaf, désigné par ses pairs «coordonnateur», il s’envole pour le Caire porteur de la Proclamation du 1er Novembre 1954 qui sera lue sur les ondes de Sawt-El-Arab, la Radio du Caire, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954 par Ahmed Ben Bella.
Ben Bella, Aït Ahmed et Khider, établis dans la capitale égyptienne, où ils représentaient la délégation extérieure du PPA-MTLD avaient entre-temps opté pour le CRUA et avec les «6»,  ils constituaient à «9» la première direction du FLN.
Avant de se séparer à Bologhine, les premiers s’étaient donnés rendez-vous au 12 janvier 1955 pour faire le point de la situation, malheureusement les événements surgis de la guerre ne leur ont pas permis de se rencontrer.
Abane Ramdane  libéré en janvier 1955, après 6 ans de détention, regagne son village natal, où il est rejoint par Krim Belkacem et Amar Ouamrane.
En mars 1956, le Front républicain socialo-communiste a remporté les élections législatives et Guy Mollet, chef de la SFIO, est porté au pouvoir. Grâce aux «pouvoirs spéciaux» qui lui furent votés par la nouvelle assemblée, le gouvernement de gauche augmente le potentiel de son armée. De 200.000 hommes en 1956, l’effectif de cette dernière va s’élever à 400.000.
En même temps, Guy Mollet lance son triptyque : cessez-le-feu, élections, négociations. Son idée était d’obtenir la reddition de l’ALN. Après quoi, il organiserait des élections en vue de dégager des «élus» avec lesquels il «négocierait». Un moyen d’imposer une solution militaire.
Pour le FLN, il n’y avait pas d’autres perspectives que la guerre. Sur le plan international,  à  l’ONU, lors de la 10e session, les délégués arabes ont tenté d’inscrire la «question algérienne» à l’ordre du jour.
Abane Ramdane finit par prendre l’initiative de s’adresser aux chefs de maquis en vue d’une rencontre. Il avait déjà l’accord de Krim (Kabylie) et de Ouamrane (Algérois), il n’arrive pas à joindre Ben Boulaïd évadé de la prison de Constantine depuis novembre 1955. A Youcef  Zighoud (Nord Constantinois) il délègue Saâd Dahlab. Zighoud adhère pleinement à l’idée. Les éléments qui étaient à l’extérieur sont également touchés.
                                              
Le Congrès et ses décisions

Le Congrès se réunit dans la maison forestière d’Ighbal, à Ifri, non loin d’Ighzer Amokrane, sur la rive gauche de la Soummam, à quelques kilomètres d’Akbou.
Le procès-verbal de la première séance donne la liste des membres mentionne la présence de :
Ben M’hidi, représentant de l’Oranie (président de séance),
Abane, représentant le FLN (secrétaire de séance),
Ouamrane, représentant de l’Algérois,
Krim, représentant de la Kabylie,
Zighoud,  représentant le Nord-Constantinois,
Bentobbal, adjoint de Zighoud.
Membres absents :
Ben Boulaïd, représentant des Aurès-Nemenchas,
Si Chérif, représentant le Sud (excusé après avoir adressé son rapport à la réunion).
Les congressistes n’avaient pas la certitude absolue de la mort de Ben Boulaid, qui remontait à cinq mois, ce qui explique que son nom figure dans cette liste.
Les zones furent remplacées par six wilayas découpées chacune en zones (mintaka), secteurs (nahia), région (kasma), chacune d’entre elles dirigées par quatre membres selon le principe de la direction collective. Le Conseil de wilaya comprenait un colonel politico-militaire assisté de trois commandants : militaire, politique, liaisons et renseignements. Le secteur sanitaire était rattaché au Conseil de wilaya.

Conseil national de la révolution et Comité de coordination et d’exécution (CNRA et CCE)

Le Congrès procéda à la désignation des organes de direction : CNRA (Conseil national de la Révolution algérienne) et le CCE (Comité de coordination et d’exécution). Le CNRA, parlement du FLN, joue le rôle de direction suprême du mouvement. Il prend des décisions d’orientation politique, militaire, économique et sociale, en même temps que celle d’une assemblée législative, symbole de la souveraineté nationale. Il désigne l’exécutif : CCE. Il engage des négociations avec l’adversaire, se prononce sur la guerre et la paix.
Le CNRA, désigné par le Congrès de la Soummam se composait de 34 membres : 17 titulaires et 17 suppléants.
L’ALN fut uniformisée dans sa structure et sa hiérarchie.
Sur le plan de la justice, aucun officier, quel que soit son grade, n’a le droit de prononcer une condamnation à mort. Des tribunaux furent créés à l’échelle secteur et zone pour juger civils et militaires. L’accusé avait le droit de choisir sa défense.

La plate-forme de la Soummam

La plate-forme de la Soummam analyse la situation politique 20 mois après le déclenchement de l’insurrection, fixe les objectifs à atteindre et les moyens d’y parvenir. En outre, elle pose le problème des négociations et les conditions de cessez-le-feu qui serviront de base, cinq ans plus tard, aux négociations d’Evian :
Reconnaissance de la Nation algérienne une et indivisible (opposée à la fiction coloniale de «l’Algérie française» et à toute idée de partage ethnique ou confessionnel).
Reconnaissance de l’Indépendance de l’Algérie et de sa souveraineté pleine et entière, dans tous les domaines, y compris la Défense nationale et la diplomatie (contre le principe de l’autonomie interne).
Libération de tous les Algériens et Algériennes emprisonnés, internés ou exilés pour activité politique ou armée.
Reconnaissance du FLN comme seul représentant du peuple algérien et seul habilité à toute négociation. En contrepartie le FLN est garant et responsable du cessez-le-feu au nom du peuple algérien.
«Seul le CNRA est habilité à ordonner le cessez-le-feu dans le cadre fixé par la Plate-forme», proclame la Plate-forme de la Soummam.
L’étude d’un «gouvernement provisoire» et sa proclamation fut laissée à l’initiative du CCE.
Face à la propagande de la France qui accusait le FLN d’être au service d’une puissance étrangère, la Plate-forme de la Soummam définit ainsi la Révolution : «La Révolution algérienne est un combat patriotique dont la base est incontestablement de caractère national, politique et social. Elle n’est inféodée ni au Caire, ni à Londres, ni à Moscou, ni a Washington».
Son mérite aura été d’avoir fourni aux militants et aux cadres du FLN, à l’extérieur comme à l’intérieur, des repères d’orientation clairs et fermes pour la poursuite du combat.
Le principe de la nation algérienne, partie intégrante du Maghreb arabe, fut solennellement proclamé.
Vis-à-vis de la minorité européenne et juive le droit d’opter pour la nationalité algérienne est reconnu à titre individuel et sur demande de l’intéressé.
Ce qui a honoré la Révolution algérienne, c’est qu’il n’y a jamais eu de pogrom anti juif. Pas de profanation de synagogues, ni d’églises au cours des 7 années et demie de guerre.
La Plate-forme de la Soummam a fait connaître au monde le visage d’une Algérie luttant pour une cause juste, dépourvue de chauvinisme et de haine raciale, ouverte à tous ses habitants, y compris aux non-musulmans, tournée vers l’avenir.
 Le Congrès a doté la Révolution d’une autorité nationale : le CNRA et d’un organe d’exécution : le CCE, il a tranché le conflit intérieur-extérieur par deux décisions capitales : Primauté de l’intérieur sur l’extérieur, primauté du politique sur le militaire
 M. Bouraib

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20 aout 1955
Une profondeur stratégique

Le samedi 20 août 1955 à midi, 1er Moharrem du nouvel an hégirien 1375, un  mouvement insurrectionnel de grande ampleur a été déclenché dans vingt-cinq villes du nord-Constantinois.
Le plan d’attaque des responsables de la Zone II (future Wilaya II) avait été minutieusement dressé par l’état-major de l’ALN du nord-Constantinois. Le vendredi 19 août 1955, à 5h du matin, Zighoud Youcef, chef de la Zone II du nord-Constantinois, fixait l’heure de l’assaut généralisé au samedi 20 août 1955 à midi.
Le  successeur de Mourad Didouche avait pris la décision de lancer des unités de l’ALN et surtout la population de plusieurs régions du nord-Constantinois contre toute présence coloniale dans ces régions. La situation dans la région était relativement préoccupante.
Après la mort de Mourad Didouche, le 18 janvier 1955 dans le combat d’oued Boukerker, la relation avec les autres Zones était presque inexistante, surtout avec la Zone I (Aurès) où les grandes opérations de ratissage “Violette” et “Véronique” isolèrent l’Aurès, considéré comme le berceau de la Révolution.
Parallèlement, au mois de mai 1955, le colonel Ducourneau, chef d’un régiment de parachutistes, déclencha une série d’opérations dans la région où plusieurs douars furent rasés, de nombreuses personnes abattues froidement, sans compter les humiliations, les bastonnades et les viols.
Le général Parlange s’installa également à Constantine avec les pleins pouvoirs civils et militaires. Les effectifs furent portés à 100.000 hommes et une division fut transférée d’Allemagne en Algérie.
Tout ceci constitua aux yeux des dirigeants de la Révolution,  un plan pour la destruction de la Révolution dans l’Est algérien. En organisant les manifestations populaires,  Youcef Zighoud visait plus d’un objectif. Il fallait dégager l’Aurès, étaler le front de lutte sur une aire beaucoup plus large,  créer une situation irréversible, en approfondissant le fossé séparant colonisateur et colonisés. La répression coloniale fut particulièrement dure et rappela celle du 8 mai 1945 à Sétif et à Guelma. Cette insurrection du 20 août 1955 s’inscrit dans la trajectoire du 1er-Novembre 1954.
La perte de Mourad Didouche, en janvier 1955, n’arrête pas la consolidation de l’organisation dans le nord-Constantinois, qui sera l’une des zones inexpugnables de l’ALN avec le massif de Collo et de l’Edough couverts de chênes-lièges et aux pentes raides.
Après l’indépendance de notre pays, lors du deuxième Congrès des anciens moudjahidine, tenu en juillet 1965, il a été décidé la création d’une journée du Moudjahid dont la date a été fixée le vendredi 20 août 1965.

Chronique d’une journée caniculaire
Le samedi 20 août 1955 à midi précise, étaient ciblés des casernes de gendarmerie, les commissariats de police, les réserves de carburant et les symboles du pouvoir colonial. L’offensive fut menée en plein jour, et se caractérisa  par la diversité de ses objectifs, la coordination des actions, l’étendue du territoire, l’implication aussi des populations civiles pour rappeler les opérations du 1er Novembre 1954.
« La Révolution », pour  reprendre les mots de «  Si Ahmed » comme ses proches aimaient à appeler Zighoud, traversait un cap difficile et le chef de la Zone 2 du nord-Constantinois en était  particulièrement conscient qui confessait à ses cadres rassemblés au douar Zamane « qu’il  avait appréhendé ce jour où le destin de la Révolution reposerait sur mes épaules. » C’est au terme d’un mois d’isolement et d’évaluation de la situation  dans le douar de Boussatour que Zighoud convoque les cadres de la Zone 2 — Bentobal, Mostefa Benaouda, Boubnider, Kafi, Smain Zighed, Messaoud Boudjeriou, entre autres —  et les informe de ses décisions.
Il faut en effet  rappeler que la réunion prévue en janvier 1955 par les fondateurs du FLN – Boudiaf, Ben Boulaïd, Didouche, Krim, Bitat, Ben M’Hidi – n’avait pu se tenir. Boudiaf, Ben M’Hidi, requis par la question de l’armement étaient à l’extérieur, Didouche tombé au champ d’honneur le 18 janvier, Ben Boulaid et Bitat arrêtés respectivement en février et en mars laissaient seul Krim sur le terrain de combat.
 La lecture, essentiellement politique, que Zighoud faisait de cette situation l’avait conduit à  la nécessité de « la relance de la Révolution » et faut-il ainsi prendre acte de la profondeur stratégique de l’offensive du 20 Août 1955 qui, les évènements devaient vite le vérifier, dépassaient les seules limites territoriales du nord-Constantinois.
Selon les chiffres rendus publics par les autorités françaises les attaques du 20 août ont fait soixante et onze victimes européennes, alors que la répression, conduite par l’armée française et les milices civiles européennes, ont fait entre douze et quatorze mille morts algériens, selon un rapport rendu public par le FLN et jamais démenti.
 L’historien Benjamin Stora pouvait écrire à raison que « La France entrait en guerre », pour preuve, les décisions du gouvernement Edgar Faure portant extension de l’état d’urgence, alors appliqué dans les Aurès et en Kabylie, à l’ensemble du territoire algérien et plus particulièrement celle du renforcement du contingent combattant de quelque cent quatre-vingts mille hommes par le maintien et le rappel de classes d’appelés.
Sur le terrain, même le FLN/ALN, en dépit de toutes les difficultés et de la répression, affirmait de nouveau avec force sa capacité d’agir et nul doute que l’offensive du nord-Constantinois aura pesé sur l’opinion algérienne.
Elle aura eu le mérite de prolonger l’action initiée en novembre et de poser au FLN et aux Algériens les questions décisives de sa poursuite tant au plan militaire que politique.

Zighoud Youcef, un révolutionnaire de premier plan
Zighoud Youcef est né le 18 février 1921 à Smendou, un village qui porte aujourd'hui son nom (au nord-est de Constantine) et est mort le 25 septembre 1956 à Sidi Mezghiche (wilaya de Skikda). Il a fréquenté en même temps l'école coranique et l'école primaire française. Après avoir obtenu le certificat d'études en langue française, il est contraint d'abandonner ses études du fait des contraintes imposées par les autorités coloniales aux Algériens en matière d'enseignement contrairement aux Européens. Animé d'un esprit nationaliste à toute épreuve, Zighoud Youcef adhère dès l'âge de 17 ans au Parti du peuple algérien (PPA) dont il fut, en 1938, le premier responsable à Smendou. Elu du Mouvement pour le Triomphe des libertés démocratiques (MTLD) en 1947, il fait partie de l'Organisation Spéciale (OS) qui doit préparer la lutte armée. Arrêté en 1950 puis incarcéré à la prison d'Annaba, il s'en évade en avril 1954 et entre dans la clandestinité pour s'engager dans l'action militante du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA) dès sa création.
Le 1er novembre 1954, il est aux côtés de Didouche Mourad, responsable du nord-Constantinois – une zone qui deviendra la Wilaya II de l'Armée de libération nationale (ALN) –, et participe ensuite, toujours avec Didouche Mourad, le 18 janvier 1955, à la bataille d'Oued Boukerkar, à l'issue de laquelle Didouche trouve la mort. Zighoud Youcef le remplace à la tête de la Wilaya II. C'est dans cette fonction qu'il organise et dirige la fameuse offensive du 20 août 1955. Un an jour pour jour après cette offensive, le 20 août 1956, a lieu le Congrès de la Soummam qui met définitivement en place les structures organiques et politiques de la Révolution de Novembre. Zighoud Youcef, qui en est l'un des promoteurs, est nommé membre du Conseil national de la révolution algérienne (CNRA), élevé au grade de colonel de l'ALN et confirmé comme commandant de la Wilaya II. Peu après, il regagne son poste de combat et commence à mettre en pratique les décisions du Congrès. C'est au cours d'une tournée d'explication et d'organisation dans les unités placées sous son autorité que Zighoud Youcef tombe dans une embuscade tendue par les forces françaises à Sidi Mezghiche (wilaya de Skikda) le 25 septembre 1956. Il avait à peine 35 ans.
M. B.

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Conférence au journal Echaab  
Deux étapes significatives de notre lutte de Libération

Le forum du journal Echaab, en collaboration avec l’Union nationale des femmes algériennes (UNFA) de la daïra de Sidi M’hamed, a organisé une conférence suivie d’un débat sur le 20 Août 1955 et le 20 Août 1956. Deux événements qui ont pesé de tout leur poids sur le déroulement de notre lutte de Libération nationale.  La conférence, animée par M. Ameur R’khila, professeur à la faculté des sciences politiques de l’université d’Alger, a vu la présence de moudjahidine et de moudjahidate ainsi que d’un nombreux public attentif et attentionné.
Mme Nouria Hafsi, secrétaire générale de l’UNFA, a prononcé  une brève allocution en la circonstance et a exprimé sa vive satisfaction à l’égard d’une rencontre organisée dans le cadre de la célébration de la journée du Moudjahid.
Elle a situé, en quelques mots, l’importance historique de ces deux événements et a insisté sur  la nécessité de tirer les enseignements précieux de notre histoire nationale en particulier lorsqu’il s’agit de transmettre aux jeunes générations les messages nobles de notre lutte de libération nationale.
Le professeur Ameur R’khila, à qui a été dévolue la tâche d’animer la conférence en présentant sa communication sur les deux événements,  a  d’abord relevé que la Révolution algérienne a instauré le principe de l’autodétermination et a sonné le glas de l’idéologie coloniale et du fait colonial. C’est un événement marquant du 20e siècle.
Les manifestations populaires du 20 août 1955 — sous la conduite du chahid Zighoud Youcef, soldées par des pertes en vies humaines considérables — ont permis à notre Révolution de remporter des acquis appréciables tant sur le plan interne qu’international.
Selon le conférencier, l’initiateur du 20 août 1955, le martyr Zighoud Youcef, s’est inspiré des faits de l’histoire de notre mouvement national en particulier, les massacres du 8 mai 1945 pour déclencher ce mouvement insurrectionnel. C’était aussi, une occasion pour affirmer la communauté de destin des peuples du Maghreb, de marquer la solidarité du peuple algérien avec le peuple marocain dont le souverain a été exilé à Madagascar.
Selon Ameur R’khila, il y eut 171 victimes européennes pour 12.000 Algériennes, mais la peur a changé de camp. Il y eut beaucoup d’Algériens qui ont choisi de rejoindre les maquis.
Abordant l’autre date marquante, qu’est le  congrès de la Soummam,  le conférencier a noté que parmi les conséquences qui en ont découlé,  on peut citer l’instauration d’une stratégie militaire qui fut utile pour la poursuite du combat libérateur. Et de permettre l’avènement d’une  direction nationale avec la création du CNRA et du CCE, la mise en place de structures dédiées à la mobilisation de nos compatriotes autour des objectifs de notre combat libérateur. Le conférencier a cité à titre d’exemple l’UGTA, les outils d’information et de sensibilisation de l’opinion publique nationale et internationale et la création d’un service cinéma pour diffuser à travers le monde, les images de notre Révolution. Aussi, pour lui, comme pour les experts présents, l’unification de la direction de la Révolution armée pour la première fois dans l’histoire des insurrections survenues durant la période coloniale est l’une des décisions historiques du Congrès de la Soummam, avec l’organisation du territoire national en six Wilayas, plus la Zone Autonome d’Alger, la création de la Fédération FLN en France, l’adoption de la plate-forme politique qui a permis la mise en place des structures et instances de la Révolution sur les plans intérieur et extérieur, en vue de transformer la lutte armée en une révolution populaire, et définir le champ d’action sur le plan diplomatique et conquérir l’opinion internationale pour soutenir la lutte armée du peuple algérien et son droit à recouvrer sa souveraineté nationale.
 Les décisions prises par le Congrès dans les domaines de l’organisation populaire, de la logistique, de la santé, du domaine spirituel et religieux, enfin rien n’est laissé au hasard... ce qui prouve que les participants au congrès sont des génies d’inspiration pour diriger une lutte armée.
A l’issue de la conférence, des moudjahidate ont été honorées à titre symbolique.
M. Bouraib

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