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Par manque de motivation : Les jeunes boudent les petits métiers

Les petits métiers, notamment la plomberie et la maçonnerie n'ont plus la cote ces derniers temps en Algérie, non en raison de leur inutilité mais par manque de vulgarisation et d'intérêt pour captiver et motiver les jeunes.

PUBLIE LE : 14-08-2013 | 0:00
D.R

Les petits métiers, notamment la plomberie et la maçonnerie n'ont plus la cote ces derniers temps en Algérie, non en raison de leur inutilité mais par manque de vulgarisation et d'intérêt pour captiver et motiver les jeunes.

Retrouver un bon maçon, un habile électricien ou un excellent plombier pour des travaux ménagers ou juste une petite bricole relève souvent de l'exploit, notamment dans les grandes villes, à l'instar d'Alger. Il y a quelque années pourtant, les jeunes, dès qu'ils trébuchaient à l'école et avaient des difficultés à poursuivre leurs cursus scolaire, ils optaient automatiquement pour un petit métier pour devenir peintre, plombier, électricien et ainsi gagner leurs vie et subvenir aux besoins de la famille.
Mais le peu d'intérêt et le manque de vulgarisation et d'information accordés pour la promotion des petits métiers a fait que d'innombrables jeunes recourent à d'autres activités, notamment le commerce pour gagner quelque dinars et ne pas rester les poches vides. «Venez acheter les derniers nés du cinéma mondial, vous ne les trouverez que chez moi et nul part ailleurs», hurlait, à tue-tête Abdenour, 18 ans (niveau 1re année moyenne), au marché Ferhat Boussaad, d'Alger (ex-Meissonier).
Abdenour a très tôt arrêté ses études pour subvenir aux besoins de sa famille. «Je n'ai pas eu la chance de faire une formation pour devenir plombier, électricien ou peintre. Je ne sais pas à qui m'adresser, sinon ça fait longtemps que j'aurais opté pour l'un de ces métiers», a-t-il indiqué à l'APS qui l'interrogeait sur les raisons l'ayant dissuadé de choisir un petit métier. Il s'est dit disposé à tout moment, si l'occasion se présentait, de faire une formation et devenir un électricien professionnel. «Actuellement, c'est moi qui nourrit tous les membres de ma famille. Mon père est au chômage et ma mère est femme au foyer. Je gagne ma vie sans voler, ni tendre la main, mais j'aimerai bien exercer un métier», a-t-il soutenu.  

Motiver les jeunes pour réhabiliter les petits métiers
«Achetez-en un paquet, c'est des essuie-tout au toucher soyeux», recommande de son côté Fayçal, 22 ans, (niveau 2e année moyenne), à l'adresse d'une jeune femme qui s'est approchée de son amas de marchandise hétéroclite à la rue Bouzrina (ex-rue de la Lyre). Fayçal a affirmé qu'il avait fait une formation en électricité bâtiment, mais tarde pour l'instant à se lancer dans l'exercice de ce métier. Pour lui, la formation qu'il avait suivie découlait d'une conviction profonde pour un métier qui le passionnait depuis son jeune âge, et non d'une quelconque influence de son proche entourage. «Je gagne bien ma vie pour le moment. Me lancer dans le métier d'électricien ne m'emballe pas dans l'immédiat. Je ne sais pas dans quelle aventure je vais me lancer, mais j'y compte bien exercer ce métier et j'attends juste le moment opportun», a-t-il observé.
Il ajoute que les jeunes ont besoin de motivation et d'encouragement pour exercer ces petits métiers, soulignant que la plupart d'entre eux disent se sentir exercer des métiers dénués de prestige et d'intérêt. «La plupart des jeunes de ma génération qui ne réussissent pas dans leurs études, se rabattent dans le commerce parce que c'est plus commode. Nous avons besoin d'être valorisés pour pratiquer avec conviction et convenablement ces petits métiers. Ces métiers doivent être réhabilités», explique-t-il. Pour sa part, le président de la Fédération algérienne des artisans et de l'artisanat traditionnel, affiliée à l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Réda Yaici a mis l'accent sur la nécessité de mettre en valeur les petits métiers pour motiver et inciter les jeunes à les exercer sans complexe. «Les jeunes ont besoin d'être motivés sérieusement, notamment par un bon salaire. Il est erroné de dire qu'ils ne veulent pas exercer ces petits métiers.
Au contraire, ils ont exprimé lors des entretiens que nous avions eu avec eux toute leur disponibilité et leur optimisme», dira-t-il. M. Yaici a indiqué, dans ce sens, que son organisation avait lancé depuis 2013, un programme d'action pour intégrer tous les jeunes qui n'ont pas pu accéder au lycée dans le système d'apprentissage.
 

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