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Métiers manuels : Délaissés car considérés comme dévalorisants

Des modèles de réussite pré-établis

PUBLIE LE : 14-08-2013 | 0:00
D.R

Les métiers intellectuels attirent davantage les jeunes comparativement aux métiers manuels, plus fatigants et moins reluisants, considérés en plus comme «dévalorisants» et donc, délaissés au fil du temps, ont expliqué des spécialistes en psychologie et sociologie. Les jeunes d'aujourd'hui sont en quête d'un statut social et ont tendance à choisir des professions intellectuelles pour se faire une place dans la société, car à leur yeux, l'accès à un rang social valorisant, même en apparence, est souvent synonyme d'un important poste professionnel, ont indiqué des psychologues et sociologues à l'APS. Les parents conscients des changements sociétaux, encouragent leurs enfants à faire des études, même si ces derniers ne sont pas prédisposés à suivre un parcours scolaire et universitaire. Les spécialistes s'accordent à dire que pour relancer des métiers manuels, il est impératif de les revaloriser par des incitations financières et de les réglementer par des grilles de salaires et par des protections professionnelles.
Pour le professeur en psychologie Houria Ahcene Djaballah, la promotion des métiers manuels par des valorisations financières est une condition, sine qua non, pour encourager les jeunes à opter pour des métiers manuels. Il est reconnu, dans le conscient collectif, que les métiers rémunérateurs attirent les jeunes qui opteront pour n'importe quelle profession du moment qu'elle leur permet d'avoir un bon salaire et des aides étatiques pour la création de leurs propre entreprise, a-t-elle expliqué. Par ailleurs, de l'avis des pédagogues, il serait inutile de s'acharner vainement à inculquer aux enfants l'importance des métiers intellectuels si leur intérêt est davantage dirigé vers des professions artisanales. S'agissant de la tendance au gain facile qu'adopte de plus en plus les jeunes, Mme Djaballah a suggéré d'éduquer les enfants sur les principes du travail bien fait et de l'argent durement mérité.

Des modèles de réussite pré-établis
La société doit s'interroger sur les modèles de réussite qu'elle présente aux jeunes en quête du bonheur, car la réussite n'est pas forcement liée aux conceptions renvoyées par la société et aux apparences, selon la spécialiste. Les jeunes en quête de succès oublient souvent que la réussite peut tout aussi bien être synonyme d'une évolution professionnelle dans les domaines de l'artisanat et des métiers manuels, du moment où le travail est exercé avec passion et fait avec conviction. Les jeunes trouveront aussi facilement leurs places et repères dans toute cette panoplie de métiers qui s'offrent à eux étant donné que le secteur de l'emploi connaît actuellement un déficit important en petits métiers. D'un point de vue sociologique, il est démontré qu'un métier attire du moment qu'il revêt une importance professionnelle et qu'il permet une intégration sociale. D'après le sociologue Saïb Musette, ce ne sont pas tous les jeunes qui refusent d'exercer des métiers d'artisans, car les citoyens en âge de travailler acceptent de faire n'importe quel métier, si les conditions de travail et de rémunération s'y prêtent. Pour que les jeunes s'intéressent davantage à ces métiers nécessaires pour l'économie, M. Musette a proposé une intégration technologique et moderne dans ces métiers, pour rehausser leur attractivité. Par ailleurs, il a suggéré de prendre des mesures à même d'assurer la durabilité de l'exercice des métiers saisonniers, proposant, entre autres, une continuité dans la rémunération et une formalisation par l'attribution d'une assurance sociale. Si la plupart tendent à se diriger vers des métiers intellectuels, c'est aussi en raison du niveau d'instruction de la population algérienne qui a évolué au même titre que les aspirations des jeunes. A ce sujet, la présidente de l'association Iqraa Aïcha Barki, a fait savoir que le taux d'analphabétisme en Algérie était situé à 19 % en 2013, contre 43 % dans les années 1990 et 90 % après l'indépendance, se basant ainsi sur une étude menée par son association. Malgré tout, le constat sur le terrain montre que les travaux manuels trouvent toujours preneur parmi les jeunes.

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