jeudi 15 novembre 2018 10:17:25

Animation : Profusion de spectacles et campings à ciel ouvert

Il faut mettre le nez dehors la nuit, pour s’apercevoir qu’Alger, en ce mois sacré de Ramadan vit à un rythme trépidant avec les magasins littéralement pris d’assaut, les lieux de repos et de villégiature, de détente et de farniente « assiégés » par des marées humaines, une circulation automobile dantesque et faut-il l’avouer absolument éprouvante pour les nerfs.

PUBLIE LE : 08-08-2013 | 0:00
D.R

Il faut mettre le nez dehors la nuit, pour s’apercevoir qu’Alger, en ce mois sacré de Ramadan vit à un rythme trépidant avec les magasins littéralement pris d’assaut, les lieux de repos et de villégiature, de détente et de farniente « assiégés » par des marées humaines, une circulation automobile dantesque et faut-il l’avouer absolument éprouvante pour les nerfs.

A chaque Ramadhan, Alger à l’instar des autres villes du territoire national est saisie d’une frénésie nocturne, d’une folle envie de se défouler et de lâcher la bride à une pulsion bridée par une journée sévère de jeûne et de privation.
Le spectacle d’une ville en pleine « euphorie » tranche indubitablement avec le cliché tellement répandu de l’Algérois viscéralement casanier, frileux, engoncé dans son pyjama et vivant retranché dans son domicile comme un ermite.
Les comportements changent littéralement et l’envie de se distraire et de se balader, de vivre dans une communion par trop envahissante se lisent  sur tous les visages mais surtout se vérifient par les actes. Pour s’en convaincre, il suffit de déambuler à travers les rues, les boulevards, le front de mer pour s’apercevoir qu’Alger  demeure en dépit de tout, une cité authentiquement méditerranéenne, assoupie la journée, pour cause de chaleur suffocante, et particulièrement ragaillardie quand tombe la nuit. Le contraste est flagrant entre cette chaleur estivale diurne dont les répliques ont de quoi tempérer tous les ardeurs en ces longues journées suffocantes à l’excès. La cité se replie sur elle-même, subit les aléas d’une température élevée en ce mois de  jeûne. Les rues sont outrageusement calmes, les quelques rares badauds vaquent à leurs occupations faisant contre mauvaise fortune bon cœur. Ce n’est que partie remise car dès l’après-midi,  le carrousel des voitures et les longues processions des véhicules annoncent un renversement de décor de la manière la plus impromptue. L’effervescence commence à battre son plein, montant à une cadence ininterrompue. Les guichets  d’Algérie Poste se taillent la part du lion avec leurs cortèges de clients qui s’alignent en rangs d’oignon, cherchant fébrilement ou placidement un dû pour lequel, il va falloir ferrailler dur. Bab El Oued, Belouizdad, la place du Premier Mai et tant d’autres  quartiers populaires sortent de leurs coquilles.
 Quand vient la nuit, l’enthousiasme se décuple, les énergies se libèrent. Les citoyens  investissent les grandes artères et les hauts lieux de distraction dans le but de passer une belle soirée. Les accès principaux d’Alger sont saturés et l’affluence des grands jours affiche un tempo des plus excitants. Les lieux de distraction et de farniente s’offrent à profusion à des Algérois de tous âges avides de s’amuser et de prendre du bon temps. L’ambiance est bon enfant avec ses mines réjouies, ses bousculades, ses plateaux musicaux, où chanteurs, artistes et autres vedettes du showbiz, alimentent avec une régularité de métronome une pléthore  spectacles nocturnes.
Les goûts diffèrent d’une famille à l’autre et en fonction des bourses.  Il y a celles qui préfèrent  fréquenter les parcs d’attractions, particulièrement prisés par les enfants qui trouvent un bel exutoire à leur âme de gosses férus d’amusements, de sensations fortes et de réflexes jubilatoires. Sauf qu’il faut s’armer de patience pour dénicher une place à l’intérieur de ces établissements. Ce sont des flots de gamins qui s’y déversent sans interruption prenant d’assaut les manèges et autres jeux ludiques.  
 Les parents ne semblent pas trop gênés par les frais occasionnés par leur progéniture, mais il faut quand même débourser pour le ticket à 200 DA le sacrifice  en vaut la chandelle car au vu des plaisirs prodigués à ces enfants qui se repaissent de boissons fraîches, de glaces rafraîchissantes, de succulents gâteaux, qui s’offrent des jouets variés et tant d’autres caprices, l’on se dit tout de même qu’il y a des petits plaisirs qui mettent tellement du baume au cœur.  

Un vivier populaire
Bab El Oued, un quartier viscéralement populaire avec son cachet breveté « belda »  pur sucre, ne déroge pas à la règle. Le contraire nous aurait d’ailleurs étonnés. Avec sa désormais place forte, en l’occurrence le  parc  Kettani, situé sur un front de mer exotique et aquatique à souhait, l’heure est à la prise  d’assaut systématique, enfiévrée et assourdissante. Aux alentours, la circulation automobile est affolante, un ballet dantesque et une noria inextinguible de voitures ont de quoi refréner les ardeurs des automobilistes les plus récalcitrants. Mais rien n’y fit le « boom » du commerce des véhicules aura installé pour longtemps Bab El Oued dans la case des agglomérations les plus saturées par la circulation automobile. C’est le prix à payer quand on veut s’affranchir des transports publics. Ce qui n’est pas à proprement parler, une si bonne idée. Les  familles campent à l’intérieur de la place Kettani face à la mer. La colline de Sidi Bennour et les hauteurs de Notre-Dame-d’Afrique observent le spectacle, regardent d’un œil apaisé toute cette turbulence qui s’épanche à leurs pieds. La place Kettani a beau disposer d’un « minuscule » parking blotti discrètement  dans  un coin retiré, il n’en demeure pas moins que les  automobilistes sont contraints de tourner en rond pour pouvoir stationner les voitures. Un vrai tour de force avant de rejoindre le parc d’attractions. Les fragrances  marines sont particulièrement bénies par les badauds qui y trouvent leur compte et oublient la canicule.   
Cet espace grouillant de monde renoue avec sa vocation de lieu de détente  avec une fréquentation assidue en été. Les rigueurs de l’hiver installent un climat et une atmosphère qui n’est pas loin de la platitude que de rares pêcheurs et quelques passants investissent tant bien que mal. Il est tentant de remarquer que la gent féminine réputée réfractaire aux sorties de nuit, rompt brutalement les idées reçues et prend position en si grand nombre dans cet endroit. Paniers en mains, elles s’assoient à l’endroit qui leur sied, munies de provisions de thé, de café, de boissons et de gâteaux. Pour elles, c’est l’heure de la bombance en bord de mer. C’est aussi un moment de partage convivial, de retrouvailles entre voisines, de communion. Le temps s’écoule inexorablement à coup de palabres interminables, de cancans malicieux, de rires à pleine gorge, de longues discussions à bâtons rompus. Ce camping de fortune fait de bric et de broc fait plaisir à voir. Des familles humbles et besogneuses s’attablent et dégustent avec un bel appoint des mets simples et frugaux. C’est l’endroit idéal quand on n’a pas les moyens de passer sa soirée dans un aquaparc aménagé dans l’enceinte d’un  centre commercial par exemple, où la  « Sahra » coûte les yeux de la tête avec des  tickets d’entrée à 600 DA par personne.
 
Cirque Amar et cafés populaires
Une attraction de taille pour ce Ramadhan 2013. Le chapiteau du cirque Amar est installé depuis le début du mois  au parking d’Ardis avec une foisonnante ménagerie (lions, tigres, otarie, zèbres et kangourou). Le cirque Amar prend une connotation tellement particulière dans l’esprit des Algériens qui ont vécu avec sa réputation et sa notoriété depuis leur tendre enfance. C’est le spectacle phare de ce Ramadhan qui s’invite dans l’enceinte de l’antique cité des Béni Mezghena. Sauf qu’il faut mettre un bémol à son enthousiasme dans la mesure où pour nombre de parents et de citoyens amoureux des jeux du cirque, le  tarif, cet épouvantail tant redouté par les ménages, cet obstacle qui se dresse telle l’épée de Damoclès, est jugé très cher car variant entre 900 et 1.500 DA par personne. De quoi faire réfléchir deux fois plutôt qu’une avant de se décider à s’offrir ce spectacle inénarrable.
C’est le temps de la résurrection des orchestres de musique chaabie. Ils ont tendance à se multiplier dans les cafés populaires en ce mois de Ramadan béni. On les rencontre dans différents quartiers de la capitale. Belouizdad, le Ruisseau, dans les quartiers périphériques de la ville. Les gens renouent avec ces spectacles musicaux pour faire perdurer une tradition ancienne ou par nostalgie, il faut le dire. Les férus se délectent aux rythmes des qacidate comme au bon vieux temps des grands maîtres du chaabi.  
M. Bouraib 

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