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L’Islam et l’Occident : Entre le poids du passé et les exigences de l’avenir (V ET FIN)

Tant que l’Occident demeure prisonnier de l’image d’Epinal qu’il s’est forgée de l’Islâm, tant qu’il persiste à lui donner des leçons paternalistes selon sa propre vision des choses, en oubliant que l’Islâm a ses propres valeurs et référents, tant qu’il persiste à vouloir s’ingérer dans ses affaires intérieures...

PUBLIE LE : 05-08-2013 | 23:00
D.R

Par Messaoud Boudjenoun

Tant que l’Occident demeure prisonnier de l’image d’Epinal qu’il s’est forgée de l’Islâm, tant qu’il persiste à lui donner des leçons paternalistes selon sa propre vision des choses, en oubliant que l’Islâm a ses propres valeurs et référents, tant qu’il persiste à vouloir s’ingérer dans ses affaires intérieures, tant qu’il refuse de voir dans la civilisation musulmane un système de valeurs valable et capable de gérer les affaires de la vie moderne et les aspirations spirituelles et temporelles des hommes, il sera difficile pour lui de se comporter en partenaire équitable du monde musulman, d’avoir avec lui des relations normales, dépassionnées, basées sur le respect mutuel et l’intérêt commun.
Les deux civilisations sont condamnées à coexister et à se supporter, eu égard à leur poids et à leur influence sur la scène internationale et au rôle qu’elles peuvent jouer dans le maintien et la préservation de la paix dans le monde. Pour cela, l’Eglise a un grand rôle à jouer sur le plan aussi bien moral que politique. Son autorité indéniable exige d’elle qu’elle agisse concrètement pour réparer les injustices et les torts commis tout au long de l’histoire contre l’Islâm. Pour ce faire, elle est tenue d’inculquer à ses fidèles le respect de l’Islâm et des musulmans, de leur foi, de leurs valeurs et de leurs symboles, tout comme les musulmans respectent le christianisme, ses valeurs, ses symboles et ne veulent pas s’ingérer dans ses affaires intérieures. Le dialogue avec l’Islâm est une de ces actions positives que l’Eglise peut initier et approfondir pour apprendre à mieux connaître son vis-à-vis et surtout pour mieux le respecter, en sachant que beaucoup de choses — beaucoup plus qu’on ne le croit — sont communes aux deux religions, les plus importantes dans le monde. En effet, et comme le rappelle un des hommes de l’Eglise les plus ouverts à la compréhension de
l’Islâm et des musulmans, «le dialogue n’est pas contraire au témoignage qu’on doit porter de sa foi. L’homme étant un être social, il lui est naturel de communiquer son expérience à ses semblables. Comment l’expérience religieuse qui est la plus élevée de toutes, ferait-elle exception ? Ce serait en définitive nier les exigences de la fraternité universelle qui est la loi
fondamentale de la vie humaine ».
Nous avons vu dans cette optique que l’Islâm s’est toujours montré correct et juste dans ses relations avec l’Occident et tout ce qu’il représente comme valeurs et comme civilisation. Mieux encore, l’Islâm a reconnu l’existence de l’Occident en tant que civilisa- tion ; dès ses débuts, il a reconnu les valeurs chrétiennes. En effet, le dialogue avec le christianisme
remonte à la révélation coranique : « Et ne discutez avec les gens du Livre que de la manière la plus courtoise.»
C’est à la lumière de ce verset qu’il faudrait comprendre la bienveillance dont ont fait preuve les leaders du monde musulman vis-à-vis des chrétiens, depuis le Prophète (qsssl), Omar Ibn-Al-Khattâb, Omar Ibn-Abd-Al-Azîz, Sâlah-Eddine Al-Ayyoûbi, Soulaymân Al-Qanoûni (Soliman le Magnifique) l’Emir Abd-El-Kader et bien d’autres.
C’est dire la disponibilité de l’Islâm au dialogue et à la coexistence pacifique, en dépit des torts et des injustices dont il n’a cessé d’être l’objet de la part de l’Occident qui persiste à vouloir voir en lui un rival et une menace pour ses valeurs et ses intérêts. La suspicion caractérise le comportement de l’Occident à l’égard de l’Islâm ; il n’arrive pas à se débarrasser des avatars du passé. « Depuis plusieurs années, écrit le père Michel Lelong, c’est un esprit de croisade anti-islamique qui semble à nouveau souffler en Occident: une croisade dont les prédicateurs sont aussi ardents — et plus divers encore — qu’à l’époque médiévale. Car cette fois, des porte-parole de divers partis, des hommes politiques au pouvoir ou dans l’opposition, des journalistes de la presse écrite et parlée, des intellectuels de gauche et de droite, parmi lesquels des chrétiens qui semblent ignorer les appels de Vatican II se retrouvent pour dénoncer à l’unisson « le péril musulman ». Il n ’est pas étonnant qu’une telle campagne ait trouvé d’ardents porte-parole dans les rangs des milieux politiques et religieux les plus conservateurs, aussi hostiles à la décolonisation qu’aux orientations données par le dernier Concile ».
L’lslâm exige — et c’est son droit — d’être respecté dans ses valeurs et dans ses choix doctrinaux et d’être traité comme un interlocuteur et un partenaire à part égale et non comme un adversaire potentiel avec toute la suspicion et l’incompréhension qui en découlent. Son poids spirituel, politique, économique et démographique ainsi que la place qu’occupe le monde musulman sur le plan géostratégique lui donnent ce droit. De son côté, l’Occident doit se débarrasser de ses
préjugés et de son égocentrisme pour considérer
l’Islâm et la civilisation qu’il véhicule comme un vis-à-vis à part entière, avec qui il faudrait traiter dans le respect et la considération mutuelle. Les deux civilisations en sortiront largement bénéficiaires ainsi que l’humanité dans son ensemble. C’est à ce prix-là et à ce prix-là seulement que l’Occident pourra faire sa
repentance et payer sa dette envers le monde musulman qu’il a agressé plusieurs fois (croisades), colonisé pendant des siècles et dont il a pillé sans vergogne les richesses. Ainsi, il pourra tourner la page noire de ses relations avec l’Islâm.

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Hadiths

38- Le Messager d’Allah (que la paix et le salut d'Allah soient sur lui) a dit : « Je te conseille le jeûne, car il n’y a rien en comparaison.»  Rapporté par Tabarâny et authentifié par Albâny.
Le Messager d’Allah (que la paix et le salut d'Allah soient sur lui) a dit : « Celui dont la vie prend fin durant une journée pendant laquelle il jeûne rentrera au paradis. » Rapporté par Bazzâr et authentifié par Albâny.

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Le Messager d’Allah (que la paix et le salut d'Allah soient sur lui) a dit : « Souhaitez-vous savoir qui d’entre vous est le meilleur et qui est le pire ? Le meilleur d’entre vous est celui en qui nous espérons le bien et de qui nous ne redoutons pas le mal et le pire d’entre vous est celui en qui nous n’espérons pas le bien et de qui nous redoutons le mal. » Rapporté par Tirmidhy et authentifié par Albâny.

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Le Messager d’Allah (que la paix et le salut d'Allah soient sur lui) a dit : « Celui à qui on a chargé de commander les affaires des musulmans puis abuse d’eux par la tromperie est en enfer.» Rapporté par Tabarâny et authenfié par Albâny.

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Le Messager d’Allah (que la paix et le salut d'Allah soient sur lui) a dit : « Il n’y a point un moineau ou un animal plus gros que l’homme ne tue sans excuse, sans qu’Allah ne lui demande des comptes le jour de la résurrection au sujet de ce qu’il a tué. » Rapporté par Nassâï et authentifié par Albâny.
 

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