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L’Islam et l’Occident : Entre le poids du passé et les exigences de l’avenir (III)

De ce point de vue s’explique la bienveillance de l’Islâm à l’égard du monde chrétien, même dans les circonstances particulières où il se trouva en position de dominateur.

PUBLIE LE : 04-08-2013 | 0:00
D.R

De ce point de vue s’explique la bienveillance de l’Islâm à l’égard du monde chrétien, même dans les circonstances particulières où il se trouva en position de dominateur. Les chrétiens ou les juifs qui se trouvèrent à un moment ou à un autre sous le pouvoir d’un Etat musulman ne se trouvèrent jamais marginalisés ou en butte à un sentiment de rejet ou de discrimination. Bien au contraire, beaucoup d’entre eux assu-
mèrent de hautes responsabilités dans l’Administration voire même des responsabilités de premier vizir (ministre) comme ce fut le cas pour le grand-père du célèbre saint Jean Damascène, Ibn Sardjoun, sous le califat omeyyade.
Cette convivialité, dont fit preuve l’Is1âm vis-à-vis des peuples chrétiens qu’il rencontra dans ses conquêtes, lui attira leur sympathie et, par la suite, leur conversion en masse. «D’où provient cette force d’attraction qui pousse les Grecs, les Syriens, les Egyptiens, dépositaires à la fois des civilisations antiques et de la civilisation chrétienne, à se rapprocher aussi rapidement que possible de la civilisation musulmane ? se demande le Pr Haider Bammate.
Il n’est qu’une réponse à cette question, écrit Henri Pirenne, et elle est d’ordre moral. Tandis que les Germains n’ont rien à opposer au Christianisme de l’empire, les Arabes sont exaltés par une foi nouvelle. C’est cela, et cela seul qui les rend inassimilables. Car, pour le reste, ils n’ont pas plus de préventions que les Germains pour la civilisation de ceux qu’ils ont conquis. Au contraire, ils se l’assimilent avec une étonnante rapidité. En science, ils se mettent à l’école des Grecs, en art à celle des Perses... Ils ne demandent pas mieux, après la conquête, que de prendre comme un butin la science et l’art des infidèles ; ils les
cultiveront en l'honneur d’Allah. Ils leur prendront même leurs institutions dans la mesure où elles seront utiles».
Cependant, lorsque des circonstances historiques particulières mettaient les deux civilisations l’une en face de 1’autre, l’islâm observa toujours un comportement des plus corrects et des plus honorables. Même en période de guerre et d’hostilité entre les deux parties, l’lslâm ne changea jamais sa ligne de conduite faite de noblesse et d’esprit de chevalerie avec ses ennemis du moment. Ce comportement, comme nous l’avons vu plus haut, était dicté par les règles imposées par le Coran et la Sunna du Prophète (qsssl). Dans son «Histoire des croisades», Michon écrit : «Mahomet défendit à ses compagnons de tuer des moines parce que ce sont des hommes de prière. Quand Omar s’empara de Jérusalem, il ne fit aucun mal aux chrétiens. Quand les croisés se rendirent maîtres de la ville sainte, ils massacrèrent sans pitié les musulmans et brutalisèrent les juifs».
Au IXe siècle déjà, le patriarche de Jérusalem dans une lettre à celui de Constantinople, écrit : «Les adeptes de l’Islâm sont équitables. Ils ne nous font aucun tort et ne se livrent à aucun acte de violence envers nous».
De même, un évêque nestorien, après que la Syrie tomba aux mains des musulmans, envoya une lettre à l’un de ses amis dans laquelle il écrit : «Ces Arabes, à qui Dieu a accordé de nos jours la domination sont devenus aussi nos maîtres ; mais ils ne combattent point la religion chrétienne. Bien plus, ils protègent notre foi, ils respectent nos prêtres et nos saints hommes et font des dons à nos églises et à nos couvents ».
Tout au long de ses relations tumultueuses avec l’Occident, la même grandeur d’âme guida la conduite de l’Islam, une grandeur d’âme que matérialisa, à sa juste mesure, l’illustre Salah-Eddine Al-Ayoubi (Saladin) en accordant la vie sauve aux chrétiens qui occupaient Jérusalem après sa libération des croisés. Et dire qu’un siècle plus tôt, la conquête de la ville sainte par les chrétiens donna lieu à un massacre effroyable que Raymond d’Argiles, chanoine du Puy, décrit
ainsi : «Il y eut tant de sang répandu dans l’ancien temple de Salomon que les corps morts y nageaient portés ça et là sur le parvis ; on voyait flotter des mains et des bras coupés qui allaient se joindre à des corps qui leur étaient étrangers, de sorte qu’on ne pouvait distinguer à quel corps appartenait un bras qu’on voyait se joindre à un tronc. Les soldats eux-mêmes qui faisaient ce carnage supportaient à peine la fumée qui s’en exhalait».
L’on se rappelle aussi le voyage surprise que fit Saint François d’Assise au sultan Al-Kâmil, à Damiette, en Egypte, en pleine guerre des croisades, où il fut reçu avec tous les honneurs dus à son rang. L’on se rappelle aussi le comportement combien héroïque et humaniste de l’Emir Abd El-Kader volant au secours des chrétiens de Damas, menacés par la révolte des Druzes.
Ce ne fut pas, malheureusement, les seules fois où l’Occident chrétien faisait preuve d’intolérance et de fanatisme vis-à-vis de l’Islâm et de ses adeptes. L’ attitude de l’Occident fut toujours empreinte d’hostilité et de rejet épidermique à l’égard de l’Islâm, ce qui laissa, pendant longtemps, dans l’imaginaire musulman, une impression de répulsion et d’incompréhension : «Dans toutes les régions arrachées aux paiens ou reprises à l’Islâm, écrit Bernard Lewis, le christianisme était imposé par la force et, tôt ou tard, les musulmans devaient choisir entre la conversion, l’exil ou la mort. Le sort des juifs dans l’Europe médiévale n’aurait pas incité les disciples d’autres religions non-chrétiennes à aller s’établir ou même à voyager dans ces pays. Aucune communauté musulmane ne s’était donc implantée en Europe chrétienne, ce qui compliquait considérablement la vie de l’éventuel visiteur musulman dont les besoins spécifiques — mosquées, bains, viandes et aliments préparés selon l’usage et les normes religieuses, et autres nécessités de la vie musulmane — ne pouvaient être satisfaits ».
Tandis que les minorités chrétiennes jouissaient pleinement de la liberté de la pratique religieuse et gardaient le droit de gérer leurs institutions et lieux de culte, dans les pays régis par l’Islâm, aucune communauté musulmane ne pouvait subsister sous une domination chrétienne. Le sort réservé par les champions de la Reconquista aux musulmans d’Andalousie est éloquent à ce sujet.
Aux croisades et autres agressions armées, les Occidentaux ajoutèrent leurs critiques malveillantes et leurs atteintes à la foi et aux valeurs de l’Islâm et des musulmans. Tandis que les musulmans vénèrent et respectent pieusement tous les prophètes de Dieu, notamment Jésus fils de Marie, les Occidentaux, eux, aussi bien ceux qui se disent chrétiens que ceux qui sont libres penseurs, ne trouvent aucun scrupule à dénigrer le Prophète Mohammed (qsssl) et à accuser l’Islâm de tous les maux de l’humanité !
Ce fut là le rôle dévolu à l’orientalisme en général. Autant les croisades ont laissé des séquelles dans la chair des musulmans, autant l’orientalisme a laissé des blessures indélébiles dans leur âme. Conçu à l’origine comme un support scientifique et psychologique au service du colonialisme, l’orientalisme se confondit avec le sectarisme religieux le plus outrancier que l’Eglise manifesta à l’égard de l’lslâm. C’est grâce à ses études et à ses jugements sur l’Orient en général qu’il est arrivé à se forger un égocentrisme et un complexe de supériorité dont il n’arrive plus à se débarrasser. Si souvent au service des entreprises missionnaires impériales, colonialistes ou politiques à l’égard du Tiers-Monde, cet «orientalisme» a largement contribué à créez, à l’usage des occidentaux, une justification «scientifique» de leurs prejugés, de leurs prétentions hégémoniques et, finalement, de leur domination».
(A suivre)
(Sources : Revue Etudes Islamiques n°10)

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Hadiths

Le Messager d’Allah (que la paix et le salut d'Allah soient sur lui) a dit : «Si vous commettiez des fautes de manière excessive, puis vous demandiez pardon à Allah, Allah vous pardonnerait.»
Rapporté par Ibn Mâjah et authentifié par Albâny.

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Le Messager d’Allah (que la paix et le salut d'Allah soient sur lui) a dit : «On a rendu la prière agréable à mes yeux.»
Rapporté par Tabarâny et Nassâï et authentifié par Albâny.

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Le Messager d’Allah (que la paix et le salut d'Allah soient sur lui) a dit : «Nul ne fait de bonnes actions aussi valeureuses que prier, réconcilier les gens et avoir un bon comportement. »
Authentifié par Albâny dans As-silssilah As-sahîhah.

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Le Messager d’Allah (que la paix et le salut d'Allah soient sur lui) a dit : «La prière est la première chose sur laquelle la personne sera jugée. Si elle s’avère bonne, la personne a réussi et sera bienheureuse, et si elle s’avère mauvaise, elle a échoué et sera malheureuse.»
Rapporté par Tirmidhy et Nassâï et authentifié par Albâny.

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Le Messager d’Allah (que la paix et le salut d'Allah soient sur lui) a dit : «Celui qui ne verse pas l’aumône obligatoire (zakât) est en enfer.»
Rapporté par Tabarâny et authentifié par Albâny.

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