samedi 04 avril 2020 03:45:43

L’Islam et l’Occident : Entre le poids du passé et les exigences de l’avenir

Le monde musulman et le monde occidental ont eu des relations historiques tellement marquées par la haine et la passion, l’antagonisme, les coupures et les retrouvailles, qu’il leur est difficile de se tourner le dos et de s’ignorer en se regardant comme des chiens de faïence.

PUBLIE LE : 01-08-2013 | 0:00
D.R

Le monde musulman et le monde occidental ont eu des relations historiques tellement marquées par la haine et la passion, l’antagonisme, les coupures et les retrouvailles, qu’il leur est difficile de se tourner le dos et de s’ignorer en se regardant comme des chiens de faïence. De fait, depuis leur première rencontre tragique à Poitiers, en 732 de l’année grégorienne, l’lslâm et l’Occident chrétien ne se sont jamais plus séparés, leurs destins respectifs se croisant à chaque fois en des tournants décisifs de l’histoire qui laissèrent des traces indélébiles sur l’une et l’autre des civilisations. Au demeurant, il se trouve des historiens et non des moindres qui affirment que la bataille de Poitiers que certains chantres du chauvinisme occidental considèrent comme une victoire contre l’islamisation de l’Occident fut, au contraire, une véritable catastrophe pour l’Occident et partant pour l’humanité entière. C’est le cas de Claude Farrère, membre de l’Académie française qui écrit : « L’an 732 de notre ère, une catastrophe, la plus néfaste peut-être de tout le Moyen-âge s’abattit sur l’humanité ; et le monde occidental en fut plongé, pour sept ou huit siècles, sinon davantage, au tréfonds d’une barbarie que la renaissance commença seulement de dissiper et que la réforme faillit épaissir à nouveau. Cette catastrophe dont je veux détester jusqu’au souvenir, ce fut l’abominable victoire que remportèrent, non loin de Poitiers, les sauvages harkas des guerriers francs conduits par le carolingien Charles Martel, sur les escadrons arabes et berbères que le calife ‘Abd Ar-rahmane ne sut pas concentrer assez nombreux et qui succombèrent devant les guerriers francs. En cette journée funeste, la civilisation recula de huit cents années. Il suffit, en effet, de s’être promené dans les jardins d’Andalousie ou parmi les ruines éblouissantes encore de ces capitales de magie et de rêve que furent Séville, Grenade, Cordoue, voire Tolède, pour entrevoir dans un miraculeux vertige, ce qu’il serait advenu de notre France, arrachée par l’Islam industrieux, philosophe, pacifique et tolérant — car l’Islâm est tout cela — aux horreurs sans nom qui dévastèrent par la suite l’antique Gaule. Celle-ci fut asservie d’abord aux féroces bandits austrasiens, puis morcelée, déchirée, noyée de sang et de larmes, vidée d’hommes par les croisades, gonflée de cadavres par tant et tant de guerres étrangères et civiles, alors que, du Guadalquivir à l’Indus, le monde musulman s’épanouissait triomphalement dans la paix sous l’égide quatre fois heureuse des dynasties ommeyade, abbaside, seldjoukide, ottomane.
« A ces Français, je demanderai ensuite ce qu ’ils pensent de « notre » victoire de 732 sur les musulmans ? Et s’ils ne jugent pas avec moi que cette défaite d’un peuple civilisé par un peuple barbare fut, pour l’humanité entière, un grand malheur ? »
Après le reflux de l’Islâm de Poitiers et du Sud de la France, il se confina en Espagne et, dans une moindre mesure, au sud de l’Italie et du Portugal. Là, dans ces contrées, plongées alors dans une grande ignorance et barbarie, il jeta les bases d’une remarquable civilisation dont la magnificence et l’esthétisme n’ont d’égal que l’esprit de tolérance et de convivialité qui l’animait et qui fut reconnu par tous les historiens honnêtes et rigoureux.
L’expansion de l’Islâm ne prit pas, le plus souvent, la forme d’une invasion encore moins d’une colonisation, comme se plaisent à le prétendre certains historiens partiaux. Le savant espagnol Blanco Ibanez le proclame dans son livre Dans l’ombre de la Cathédrale : « L’Espagne, esclave de rois théologiens et d’évêques belliqueux, recevait à bras ouverts ses envahisseurs. En deux années, les Arabes s’emparèrent de ce que l’on mit sept siècles à leur reprendre. Ce n’était pas une invasion qui s’imposait par les armes, c’était une société nouvelle qui poussait de tous côtés ses vigoureuses racines. Le principe de la liberté de conscience, pierre angulaire sur laquelle repose la vraie grandeur des nations leur était cher. Dans les villes où ils étaient les maîtres, ils acceptaient l’Eglise du chrétien et la Synagogue du
juif ».
« Saint Ferdinand, écrit de son côté Viardot, se rendit à la mosquée et ce magnifique ouvrage du premier ‘Abd Ar-rahmane fut consacré au culte chrétien... Mais les autres monuments que nul caractère sacré ne protège contre une avidité barbare, contre une haine fanatique, disparurent dans les pillages et les dévastations de la conquête. Il ne resta rien, ni des riches abords de la mosquée, ni du merveilleux palais d’Al- Zahra... Des colonnes solitaires sont là pour attester que des nations civilisées occupaient jadis le vide inculte du désert ».
Pour sa part, un auteur contemporain écrit à ce
sujet : « Les chrétiens qui n’avaient pas renié leur foi sont globalement appelés « Mozarabes » ; ils ne sont pas persécutés et vivent en bonne entente avec les Arabes et les chrétiens convertis à l’Islam (...) Les conquérants arabes n’ont mis aucune entrave à la religion chrétienne ; l’Espagne conquise a conservé les diocèses de l’Espagne chrétienne et il y a trois archevêques (Tolède, Lusitanie, Bétique).
Les villes d’Al-Andaloûs comptent de nombreuses communautés juives entièrement libres civilement et religieusement, comme les chrétiens, dont les quartiers sont appelés par les Arabes « la ville juive » (madinat al-yahoûd). Les juifs, banquiers, prêteurs, gabeleurs, ont joué un rôle important de financiers, mais aussi de conseillers et d’ambassadeurs, au service des musulmans ou des chrétiens ».
(A suivre)

(Sources : Revue Etudes Islamiques n°10)

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Hadiths

Le Messager d’Allah (que la paix et le salut d'Allah soient sur lui) a dit : « Il n’est pas deux hommes qui s’aiment en vue d’Allah, sans qu’Allah n’aime plus celui dont l’amour envers son compagnon est plus intense. »
Rapporté par At-Tabarâny et authentifié par Albâny.

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Le Messager d’Allah (que la paix et le salut d'Allah soient sur lui) a dit : « Les meilleurs amis auprès d’Allah sont ceux qui se comportent le mieux avec leurs amis, et les meilleurs voisins auprès d’Allah sont ceux qui se comportent le mieux avec leurs voisins. »
Rapporté par Tirmidhy et authentifié par Albâny.

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Le Messager d’Allah (que la paix et le salut d'Allah soient sur lui) a dit : « N’aura pas vraiment la foi celui qui s’endort le ventre rassasié alors que près de chez lui son voisin est affamé. »
Rapporté par Hâkim et authentifié par Albâny.

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