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8e festival de chaabi : Public fidélisé et candidats valorisés

Une cuvée prometteuse appelée à se prendre en charge

PUBLIE LE : 28-07-2013 | 0:00
D.R

Le 8e Festival national de la chanson châabi aura réussi, après une semaine de compétition, à fidéliser le public algérois grâce aux bonnes prestations des plus talentueux des candidats, valorisés à leur tour par un accompagnement musical de qualité et un encadrement artistique exigeant, relèvent les observateurs avisés.

Dédiée à la musique populaire et ouverte gracieusement au public, ce concours culturel annuel, qui a récompensé les trois meilleurs candidats, aura proposé des récitals de niveau inégal, mais avec une orchestration de haute facture, révélant des interprètes prometteurs et attirant, au fil des soirées, de plus en plus de passionnés du châabi, un genre musical des plus prisés pendant  le Ramadhan.
Avec une moyenne de quatre prestations par soirée, cette 8e édition aura fait découvrir au total trente-deux jeunes chanteurs, dont deux femmes, venus de différentes régions d'Algérie. Autodidactes, issus d’associations ou formés aux conservatoires de musique, ils ont privilégié des morceaux classiques du répertoire du «Melhoun» avec un souci partagé d’authenticité et de reconnaissance à l'égard de leurs aînés, deux qualités majeures que tout vrai chanteur de chaâbi se doit de cultiver s'il veut se hisser au niveau des maîtres.
Ce choix de poètes classiques comme Sidi Lakhdar Benkhlouf, Ben  Msayeb, Kaddour Driss El Alami ou autre, n’a pas empêché des prétendants au premier prix de proposer des interprétations plus au moins originales, en jouant sur les variations des modes, des rythmes et des airs (H'wa) de textes célèbres, à l’exemple de Amar Meddah de Médéa.
 Ce dernier, 21 ans, benjamin de la sélection, a fortement séduit par sa maturité vocale et son originalité dans l’interprétation très rythmique d’un «Med'h», réputé difficile, de Mahboub Stambouli, parolier disparu en 2002.
D’autres candidats ont chanté des versions connues de ces «Q'sid», privilégiant  la démonstration de leur maîtrise musicale et d'une diction quasi parfaite du texte, deux des critères retenus par le jury, en plus de la maîtrise du rythme, de la mémorisation, de l’authenticité du texte et de la présence sur scène. Parmi les prestations les plus remarquées, celle de Saâdi Amine d’Alger qui a interprété Rebbi âla Lem’lih Idabbar, un poème de Hadj M’hamed El Anka lui-même, et qui avait emporté l'adhésion générale grâce à ce choix  approprié, servi par une présence sur scène remarquable et un timbre de voix singulier. Les participants ont, en outre, été unanimes à voir dans le festival «une occasion d’approfondir leurs aptitudes musicales» au contact de l’orchestre dirigé par Omar Tafiani et grâce aux orientations du directeur artistique, Abdelkrim Amimour. Le festival aura aussi été, pour nombre d'entre eux, une opportunité de parfaire leur connaissance de l’histoire de textes du chaâbi, vieux de plusieurs  siècles, de leurs bonnes versions, notamment en suivant les conférences données  tous les après-midi avant les répétitions.                      

Une cuvée prometteuse appelée à se prendre en charge
Le nouveau commissaire du festival, Noureddine Boukhatem, n'a pas manqué pour sa part de se déclarer satisfait de l'organisation du festival et du «climat de convivialité et d’échange» qui y a régné entre les anciens lauréats et les concurrents, dont certains se sont révélés «très prometteurs pour l’avenir de la chanson chaâbi en Algérie», estime-t-il en guise de premières évaluations  livrées à l'APS. M. Boukhatem a assuré, à l'occasion, de sa volonté de «ne pas abandonner les lauréats» après le festival, et de leur octroyer une «aide substantielle» à leur promotion artistique. Le soutien attendu pourrait prendre la forme, a-t-il expliqué, de tournées et de concerts à organiser en collaboration avec l’ensemble des parties prenantes au développement de l'art et de la culture au niveau local. Cette promotion doit aller de pair, selon lui, avec une prise de conscience  des lauréats dans «la prise en charge de leur carrière artistique en devenant  acteurs de leur propre succès». Le festival, qui s'est achevé dans la nuit de vendredi à samedi, a été dédié cette année à la mémoire du poète algérien, disparu en avril dernier, Mustapha Toumi, auteur de l'éternel Sobhane Allah Ya L'tif.

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