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Trafic de carburant : Une gangrène qu’il faut éradiquer

Deux membres du gouvernement, Daho Ould Kablia, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales et Youcef Yousfi, ministre de l’Energie et des Mines, sont montés au créneau pour informer l’opinion publique sur l’ampleur prise, ces dernières années, par le trafic de carburant, détourné par des bandes organisées aux frontières est et ouest de l’Algérie.

PUBLIE LE : 24-07-2013 | 0:00

Deux membres du gouvernement, Daho Ould Kablia, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales et Youcef Yousfi, ministre de l’Energie et des Mines, sont montés  au créneau pour informer l’opinion publique sur l’ampleur prise, ces dernières années, par le trafic de carburant, détourné par des bandes organisées aux frontières est et ouest de l’Algérie.
 « La contrebande du carburant est une gangrène pour l’économie nationale. Ça suffit !», a déclaré devant des journalistes Youcef Yousfi, en marge d’une visite de travail effectuée lundi dans la wilaya d’El Oued. Et pour cause : 1,5 milliard de litres de carburant sont annuellement détournés d’une manière illégale.
Quelques jours avant lui, Daho Ould Kablia, ministre de l’Intérieur avait indiqué que 25% de la production nationale de carburant est gaspillée et exportée illégalement vers les frontières. Pour se faire une idée, cette quantité permet à 6.000 véhicules de tourner au-delà de nos frontières.
Les pertes financières pour l’Algérie sont énormes.
Elles sont estimées à 100 milliards de dinars soit 1 milliard de dollars. Imaginez ce qu’on peut faire avec une telle somme. Le nombre de logements, d’écoles, d’hôpitaux que l’Etat aurait pu construire, s’est révolté le ministre de l’Energie et des Mines.  Les propos des deux ministres s’ils renseignent sur l’ampleur de la saignée subie par le Trésor public, visent surtout à alerter les Algériens des conséquences économiques de ce trafic.
Des conséquences sur lesquelles il n’est plus possible de fermer les yeux. Il est, en effet, plus possible pour l’Etat de tolérer de tels agissements, des délits en fait, qui sont l’œuvre de citoyens sans scrupule ni morale et qui se soucient peu ou prou du tort causé à l’économie nationale.
 Des délits qui appellent à la prise de mesures urgentes sous peine de porter atteinte à la sécurité.
« La wilaya de Tlemcen consomme plus de carburant qu’Alger », avait indiqué Ould Kablia. Or,  il n’est un secret pour personne que le différentiel est revendu chez nos voisins marocains, dont  Tlemcen est  frontalière. Un trafic d’autant plus inadmissible qu’il s’explique  par la politique de subvention que l’Etat algérien pratique. Les prix du carburant en Algérie sont inférieurs  à ceux pratiqués au Maroc et en Tunisie.  
Mais ce qui est encore plus incompréhensible  c’est que les mesures prises par le gouvernement en vue d’endiguer le trafic, en décidant notamment des restrictions sur l’approvisionnement des wilayas frontalières suscitent le courroux des citoyens au prétexte qu’elles provoquent des tensions. Pourtant, ce sont là les premières mesures qui s’imposent pour contrecarrer les contrebandiers. Mais sans le civisme  et l’implication des citoyens elles ne suffiront pas.
Dès lors, faut-il relancer le projet d’augmenter les prix des carburants pour dissuader les auteurs de ces agissements du fait qui ne trouveront plus leurs comptes puisque les prix pratiqués en Algérie seront alignés sur ceux pratiqués au Maroc et en Tunisie.
L’idée mérite d’être creusée. Ce qui est sûr c’est qu’au vu de l’ampleur des dommages occasionnés par ce trafic, il n’est plus permis de tergiverser ni de se taire...
N. Kerraz
 

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