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Rachid Benaïssa, ministre de l’agriculture : « 7 millions de personnes touchées par la politique de renouveau agricole »

Sur les 1.100.000 exploitations agricoles en Algérie, seulement 174 fermes sont gérées par l’État

PUBLIE LE : 23-07-2013 | 23:00
D.R

Invité du forum hebdomadaire du quotidien d’information national Liberté, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural a abordé plusieurs questions liées au développement du secteur de l’agriculture, et notamment celles liées aux différents dispositifs mis en place pour améliorer la sécurité alimentaire de notre pays.
M. Rachid Benaïssa a tout d’abord indiqué que l’agriculture algérienne se doit de relever des défis majeurs en tant que levier de la croissance et d’impulser une dynamique qui puisse garantir une amélioration constante de la sécurité alimentaire, ainsi qu’une réelle promotion du monde rural.  Il  a indiqué que les  différentes politiques agricoles suivies depuis l’Indépendance ont eu pour constante, selon des fortunes diverses, d’améliorer la sécurité alimentaire à travers le développement de la production agricole et de contribuer à l’amélioration des conditions de vie et de travail en milieu rural.  
 Dans sa consistante introduction, M. Rachid Benaïssa a déclaré que la politique de renouveau agricole et rural se conçoit dans ses objectifs en tant qu’instrument contribuant à l’émergence d’une nouvelle gouvernance de l’agriculture et des territoires ruraux. Ce renouveau est fondé sur trois piliers :
une politique d’intensification et de modernisation et d’intégration des filières de large consommation (céréale, lait, pomme de terre, oléiculture, viandes… ) ; une  approche novatrice du développement rural (les projets de proximité de développement rural intégré PPDRI) ; un renforcement des capacités humaines et l’appui technique aux producteurs, se traduisant  par  un programme  de promotion  des capacités humaines,  d’assistance technique qui engage le pays dans la voie d’une modernisation des méthodes de l’administration agricole. Le renouveau agricole et rural ne peut se concevoir sans une agriculture évoluant dans un monde rural stabilisé. Il fallait réconcilier l’agriculteur avec lui-même, son territoire, toucher, a dit le ministre, toute la population rurale qui représente 40% de la population algérienne, recréer l’espoir, lutter contre la fracture sociale.  Le renouveau agricole et rural s’impose comme objectif l’idée que le monde rural, c’est  l’avenir. Utilisant une image très simple, le ministre a comparé le milieu rural à un océan, et les agriculteurs sont des poissons. Si l’océan est bien oxygéné, les poissons seront gros.
La politique du renouveau rural, indique M. Rachid Benaïssa, a touché plus de 7 millions de personnes durant les quatre dernières années.   L’Algérie ne pouvait pas réussir son agriculture  sans le développement du monde rural. Il a relevé, toutefois, des lenteurs dans la réaction de certains secteurs pour accompagner la dynamique que connaît ce monde rural.                 

Dispositions pour régler le problème du foncier agricole
Abordant la question du foncier agricole, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural a indiqué que des dispositions seront prises prochainement pour permettre la cession du droit de concession instauré pour l’exploitation des terres relevant du domaine privé de l’État. Des dispositions organisationnelles seront promulguées très prochainement et seront mises à la disposition des wilayas pour permettre la cession du droit de concession, a affirmé M. Rachid Benaïssa. La loi 10-03 régissant le foncier agricole relevant du domaine privé de l’État permet aux concessionnaires de céder, de transmettre et d’hypothéquer leur droit de concession qui a remplacé le droit de jouissance perpétuelle des ex-exploitations collectives et individuelles relevant du domaine privé de l’État. On a reconnu que la propriété privée existe en Algérie. Il existe 1.100.000 exploitations agricoles en Algérie, seulement 174 fermes sont gérées par l’État, a dit le ministre.  Quelque 219.000 exploitants sont concernés par cette conversion, mais l’Office national des terres agricoles (ONTA) a reçu, à ce jour, 219.050, a indiqué M. Benaïssa.
Il  s’est montré particulièrement satisfait de l’attitude positive des citoyens concernés par cette nouvelle législation foncière. C’est un des dossiers les plus délicats et qui s’est le plus dressé en obstacle pour le développement de l’agriculture algérienne depuis l’indépendance,  a fait remarquer le ministre. Sur un autre sujet, M. Rachid Benaïssa a fait part d’une réunion qui va se tenir jeudi prochain qui concerne la filière avicole. Il sera décidé de  la reconduction de l’exonération de la TVA et des droits de douanes sur le maïs et le soja.   Cette mesure a de fortes chances pour qu’elle soit reconduite pour une deuxième année consécutive. Le ministre a estimé que cette filière avicole connaît une évolution qui n’est pas assez  suffisante, selon ses propos.                  
La reconduction de la détaxation de ces deux matières qui constituent  80% de l’aliment de volaille sera intégrée dans la loi de finances complémentaire pour 2013.
 Le ministre avait conditionné la reconduction de cette mesure par le maintien des prix à la baisse et l’effort que doit consentir l’interprofession pour la restructuration et la pérennisation de la filière avicole.  M. Rachid Benaïssa a également évoqué les négociations concernant l’adhésion de l’Algérie  à l’OMC touchant le volet agricole. L’Algérie a échafaudé une série de dispositions qui plaident pour sa politique du renouveau agricole et rural, soulignant  que suite à la crise alimentaire mondiale de 2008, il est admis de plus en plus dans le monde que les agriculteurs doivent développer des systèmes de production et de régulation, ce qui n’était pas possible il y a dix ans.
Le ministre a évoqué la question de la qualité du blé français importé par l’OAIC, observant que cette denrée répondait aux exigences  du cahier des charges de l’office.         
 «Pour avoir de la farine panifiable destinée à la fabrication de la baguette de pain consommée en Algérie, le cahier des charges de l’OAIC exige certaines conditions techniques à respecter»,  a-t-il enfin précisé.                   
M. Bouraib

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