M. Sellal l’a déclaré lors de ses entretiens avec M. Barroso : L’Algérie œuvre à donner une dimension «pérenne» et «stratégique» à ses relations avec l’UE

L’Algérie œuvre à donner une dimension «pérenne» et «stratégique» à ses relations avec l’Union européenne (UE), a indiqué hier à Alger, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal.
PUBLIE LE : 08-07-2013 | 0:00

L’Algérie œuvre à donner une dimension «pérenne» et «stratégique» à ses relations avec l’Union européenne (UE), a indiqué hier à Alger, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal. 

«L’Algérie œuvre, depuis la signature de l’accord d’association en  2002, à donner une dimension pérenne et stratégique à ses relations avec  l’UE, une dimension que dictent la proximité géographique, les enjeux économiques ainsi que le caractère déterminant du facteur humain et son apport à une meilleure connaissance entre les peuples», a déclaré M. Sellal lors de ses entretiens avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, élargis aux membres des deux délégations. Pour le Premier ministre, «ce sont là autant d’éléments de complémentarité économique et d’atouts majeurs dont peuvent se prévaloir l’un et l’autre des deux partenaires pour satisfaire les besoins sans cesse grandissants et de plus en plus diversifiés de nos populations». Après avoir rappelé que l’Algérie est engagée dans un processus de «profondes»  réformes politiques et institutionnelles et connaît d’»importantes» mutations économiques, M. Sellal a réaffirmé de «manière solennelle» l’attachement  du pays «à aller encore plus loin» dans le renforcement de sa relation  de coopération avec l’UE et dans l’approfondissement du dialogue politique avec la partie européenne. Le Premier ministre a, en outre, mis en exergue la «grande importance»  qu’accorde l’Algérie au parachèvement de consultations pour la révision du calendrier de démantèlement tarifaire «dans des conditions satisfaisantes pour les deux parties».
«L’Algérie et l’UE devraient procéder à l’ouverture de discussions exploratoires sur un projet de plan d’action dans le cadre de la politique européenne de voisinage rénovée, qui constituera un facteur de développement des relations entre les Etats et les peuples», a, par ailleurs, estimé M. Sellal. Il a précisé que les visites effectuées en Algérie, au cours des derniers mois, par de hauts responsables de la Commission et du Parlement européens «sont autant de témoignages de notre volonté partagée de faire de nos relations bilatérales un modèle à l’échelle euro-méditerranéenne, euro-maghrébine et euro-africaine». Procéder à une évaluation exhaustive de la relation Algérie-UE. Evoquant la visite de M. Barroso à Alger, le Premier ministre a estimé qu’elle offrait une «excellente» opportunité pour procéder à une évaluation «exhaustive» de la coopération bilatérale entre l’Algérie et l’UE, laquelle «ne cesse de se développer dans tous les domaines pour le bien et l’intérêt des deux parties».
Il a également relevé que cette visite intervenait à un moment où la relation bilatérale entre l’Algérie et l’UE «affiche un bilan particulièrement positif et riche en acquis et réalisations dans les domaines économique, culturel et autres». «Je ne perds pas de vue le dialogue politique et la qualité des contacts de haut niveau qui existent entre les responsables des exécutifs ou des institutions parlementaires», a-t-il relevé. Pour M. Sellal, cette visite «constitue également une occasion  importante pour un échange de vues et d’analyses sur les actions et opérations engagées ces dernières années et les projets à inscrire pour donner plus de  consistance, de densité et de diversité au partenariat entre l’Algérie et l’UE».
 Le Premier ministre a fait remarquer que la visite de M. Barroso à Alger «intervient dans un contexte régional et international particulièrement difficile, porteur de menaces à la paix, à la stabilité et à la sécurité de notre espace commun». «Ce sont là des défis auxquels nous devons faire collectivement et solidairement  une grâce à une concertation permanente et à un dialogue fructueux», a souligné M. Sellal.

Les entretiens élargis aux membres des deux délégations
Les entretiens entre le Premier ministre, Abdelmalek  Sellal, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont  été élargies, hier ,aux membres des deux délégations. Les entretiens se sont déroulés en présence du ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, du ministre de l’Energie et des Mines, Youcef Yousfi, du ministre de l’Industrie, de la Petite et Moyenne entreprise et de la Promotion de l’investissement, Cherif Rahmani, du ministre du Commerce, Mustapha Benbada et du secrétaire d’Etat chargé de la Communauté nationale à l’étranger, Belkacem Sahli ainsi que de la délégation accompagnant M. Barroso.


Le président de la Commission européenne lors d’une conférence de presse
« Le mémorandum d’entente signé a un caractère stratégique »

Dans un préambule assez circonstancié, le président de la commission européenne M. José Manuel Barroso  a exprimé lors d’un point de presse animé  hier, en marge de sa visite à Alger, sa joie d’être en Algérie à un moment où le pays célèbre le  cinquantenaire de son indépendance nationale. Il s’est déclaré particulièrement réjoui par le fait que l’Europe soit un partenaire engagé avec l’Algérie.  
Il a indiqué que la relation entre l’Union européenne et l’Algérie est forte, fondée sur un respect et une confiance réciproque. Elle  s’annonce très prometteuse, en particulier, avec le mémorandum d’entente dans le domaine de l’énergie, signé hier, par l’Algérie et l’Union européenne. Ce document qui vient d’être paraphé à Alger par les deux parties, revêt un caractère stratégique avec un  contenu et des objectifs stratégiques. Il s’agit d’un instrument de développement de la coopération énergétique entre l’Algérie et l’UE.
 M. Barroso considère également que le mémorandum permet de développer le dialogue et la coopération, que ce soient les hydrocarbures et les nouvelles formes d’énergie, les énergies renouvelables. Il a déclaré avoir invité la partie algérienne  à venir participer à une réunion qui se tiendra prochainement à Bruxelles qui s’inscrit dans le cadre d’un  groupe de coordination pour le gaz, ainsi qu’une participation  à Bruxelles en décembre, à une réunion de tous les pays de la méditerranée au niveau ministériel pour les énergies renouvelables, notamment pour l’énergie solaire. Le but est d’adopter un plan solaire pour toute la Méditerranée. L’Algérie a sans aucun doute, un mot très important à dire. Le domaine de l’énergie, qui est domaine très important du partenariat euro-méditerranéen, est un facteur partagé de prospérité et de stabilité, a déclaré M. Barroso. Il a ajouté que la coopération entre l’Algérie et l’UE couvre de larges domaines (économie, sciences, culture) avec un approfondissement du dialogue politique sans oublier un accord de principe sur le démantèlement tarifaire. «Ces derniers temps, il y a une intensification des échanges à un haut niveau. J’ai invité le premier ministre officiellement à visiter Bruxelles».
M. Barroso a souligné que l’Union européenne est très attentive à voir le développement d’une Algérie stable, démocratique et prospère, et déclare qu’elle suit avec beaucoup d’intérêt son processus démocratique.  Nous pensons, a-t-il dit, qu’une société civile forte, qui puisse être à l’écoute des préoccupations des gens, est une societé qui peut garantir la stabilité. Le président de la commission européenne a indiqué que l’U.E. soutient les avancées du processus économique avec notamment, une création d’emplois très bénéfique pour l’avenir de la jeunesse algérienne. Il a déclaré que le processus d’accession de l’Algérie à l’OMC, reste une préoccupation pour l’Union européenne, tout en affirmant qu’il a eu un entretien sur l’état d’avancement des discussions sur ce sujet avec le Premier ministre, M. Abdelmalek Sellal. L’Union européenne manifeste un grand intérêt à voir l’Algérie adhérer à cette organisation. C’est très important pour la diversification économique, l’ancrage de l’économie algérienne dans les réseaux économique et commercial.
M. Barroso a encore indiqué avoir abordé la question des mouvements de personnes qui est un sujet d’intérêt mutuel. Il a fait part aussi, de vouloir approfondir le dialogue au sujet de la mobilité des personnes. C’est une préoccupation des autorités algériennes. On peut évoluer dans le sens d’une plus grande mobilité pour les étudiants, les chercheurs et ceux qui veulent plus de contact avec l’Europe. «J’ai proposé au Premier ministre, un dialogue sur toutes ces questions qui touchent la mobilité des personnes, à la question du contrôle des frontières, aux visas. J’espère que quelque chose de positive fera jour. Nous voulons une plus grande ouverture dans les contacts. Cette dimension doit être renforcée».

«L’UE et l’Algérie collaborent étroitement sur la question du Sahel»

Concernant la sécurité régionale, l’Union européenne et l’Algérie sont préoccupées par la situation qui prévaut au sud Sahara et au Sahel. «On a convenu de coopérer étroitement sur cette question», a déclaré M. Barroso.
 Il s’est déclaré partisan d’une coopération plus étroite entre les pays du Maghreb. «L’union européenne est prête à soutenir leurs efforts dans ce sens, en particulier dans les domaines du commerce et de l’économie. Nous croyons qu’une coopération régionale plus intense apporterait des bénéfices en termes de prospérité, de sécurité pour la région et pour l’Union européenne. M. Barroso a indiqué s’être investi à différents échelons de la responsabilité qu’il a pu assumer, en faveur d’un dialogue intermaghrébin, rappelant qu’il est à l’origine avec le ministre algérien des Affaires étrangères, de l’initiative d’un dialogue des 5 plus 5. Le président de la commission européenne a plaidé pour une mer Méditerranée qui soit  un pont qui unit. Et à ce titre, il a rappelé que le rôle de l’Algérie est déterminant, notamment dans la perspective d’un partenariat qui s’intègre dans la durée à tous les niveaux. M. Barroso a, en outre indiqué qu’il a été convenu avec la partie algérienne de discuter sur les questions stratégiques sécuritaires.

Crise égyptienne : «Les nouvelles autorités doivent tout faire pour rétablir l’ordre constitutionnel»

M. Barroso a évoqué la situation qui prévaut en Egypte. A ce titre, il a déclaré : «Nous suivons avec une grande préoccupation et intérêt l’évolution en Egypte. La démocratie ce ne sont pas simplement les élections. C’est aussi la capacité de l’Etat, du régime à inclure non diviser, pas à polariser. L’analyse de l’Union européenne montre qu’il y avait une polarisation de la société égyptienne.
C’est face à cette polarisation que l’armée est intervenue. C’est très important maintenant pour les autorités intérimaires de tout faire pour rétablir l’ordre constitutionnel c’est essentiel que dans cette période les libertés fondamentales soient assurées notamment qu’il n’y ait pas un recours à des pratiques comme celles qu’on a connues dans le passé parce qu’il y avait un régime qui ne respectait pas les libertés fondamentales. Nous allons travailler dans ce sens avec nos partenaires égyptiens.
Il y a une leçon à retirer, c’est que la démocratie se fait avec les démocrates, il faut des élections démocratiques mais un effort de la societé dans son ensemble, des forces politiques pour un consensus sur les grands principes. La démocratie ne signifie pas au vainqueur d’exclure, c’est l’inclusion qu’il faut opérer et non l’exclusion.
M. Bouraib


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