lundi 12 novembre 2018 19:54:32

Ouverture aujourd’hui à Addis-Abeba de la réunion de haut niveau pour l’élimination de la faim : L’autre grand défi des Africains

Eliminer la faim en Afrique d’ici 2025, à travers l’adoption de "nouvelles approches unifiées", thème majeur de la réunion de haut niveau prévue aujourd’hui dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba, constitue un autre grand défi que les Africains veulent relever dans les prochaines années.

PUBLIE LE : 01-07-2013 | 0:00
D.R

Eliminer la faim en Afrique d’ici 2025, à travers l’adoption de "nouvelles approches unifiées", thème majeur de la réunion de  haut niveau prévue aujourd’hui dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba, constitue un autre grand défi que les Africains veulent relever dans les prochaines années.

Même si dans plusieurs pays africains, les revenus par habitant se sont  améliorés grâce aux programmes de lutte contre la faim et l’extrême pauvreté, mis en œuvre par les gouvernements avec le soutien de l’Union Africaine (UA),  de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et d’organismes locaux et internationaux, des millions de personnes souffrent encore de malnutrition. Selon les données d’organisations spécialisées, il y a encore 239 millions de personnes mal nourries en Afrique, soit près d’un quart de la population du continent.  
Dans la seule région du Sahel, près de 19 millions de personnes sont menacées par l’insécurité alimentaire ou en souffrent déjà, en raison de l’une des pires sécheresses de l’histoire, alors que dans le Corne de l’Afrique 12 millions de personnes vivent dans les mêmes conditions. Un défi pouvant être relevé mais nécessitant une volonté politique            L’Union africaine, la FAO et l’institut Lula, qui co-organisent la réunion  de haut de niveau, se sont déclarés "convaincus" qu’avec une volonté politique "solide", l’Afrique peut relever le défi et réduire la faim de manière durable. Ces trois partenaires ont estimé que grâce au NEPAD et à ses différents  programmes, l’Afrique à les bases nécessaires pour trouver des solutions durables  au problème de la faim, relevant qu’un ensemble de mesures "audacieuses" est nécessaire pour mobiliser le soutien multipartenaire, multisectoriel et intergouvernemental aux politiques et programmes nationaux et régionaux d’élimination totale de la faim.  
L’harmonisation et les complémentarités entre les programmes et cadres du NEPAD, depuis le programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA) dans le secteur agricole jusqu’au plan d’action pour l’environnement (PAE) dans le secteur de l’environnement et des ressources naturelles et le programme de développement des infrastructures en Afrique (PDIA) dans le secteur  des infrastructures, s’avèrent "indispensables" à la réalisation de l’objectif de l’élimination de la faim, a-t-on indiqué.
L’UA, la FAO et l’institut Lula ont, toutefois, noté que compte tenu de la prédominance de l’agriculture dans la plupart des pays africains, "il  est évident que l’agriculture et le PDDAA constituent le premier point d’entrée",  saluant la priorité donnée par l’UA à la dynamique PDDAA pour la prochaine décennie. Cela "témoigne de l’engagement politique continu de l’Afrique de faire  de l’agriculture le moteur de croissance du continent", a-t-on expliqué.
APS

Sécurité alimentaire en Afrique
Ouverture de la conférence internationale

La conférence internationale sur l'éradication  de la famine en Afrique s'est ouverte, hier à Addis-Abeba, avec pour objectifs la redynamisation des partenariats et la mise en place d'une approche commune pour renforcer la sécurité alimentaire sur le continent, ont indiqué les organisateurs.          
Initiée par l'Union africaine (UA), l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Institut Lula du Brésil, cette réunion vise à engager le débat sur les politiques et stratégies à suivre en vue d'éradiquer la famine en Afrique à l'horizon 2025.           En plus des représentants d'organisations régionales et internationales, nombre d'ambassadeurs accrédités en Ethiopie assistent à cette réunion de deux  jours.  La conférence planchera également sur les moyens de soutenir les pays africains pour mettre à profit les expériences réussies des autres partenaires,  notamment "l'Initiative faim zéro" du Brésil.          
Les travaux de la réunion seront couronnés par l'adoption d'une déclaration sur l'engagement politique afin de promouvoir les efforts en matière de lutte contre la faim, le partage des technologies et le renforcement de la sécurité alimentaire. 

M. Sellal reçoit le directeur général de la FAO  

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a reçu hier après-midi à Addis-Abeba (Ethiopie) le directeur général de l’Organisation  des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), José Graziano  da Silva.  
L’audience a eu lieu en marge de la réunion de haut niveau sur les nouvelles approches unifiées pour éliminer la faim en Afrique. Au cours de l’entretien, le directeur général de la FAO a exprimé sa  "gratitude" à l’Algérie pour son rôle de "premier plan" dans les efforts pour  éliminer la faim en Afrique, sa solidarité avec les pays africains et son soutien à la FAO.
Il s’est également félicité de la participation algérienne au sommet  des chefs d’Etat et de gouvernement sur les nouvelles approches pour éliminer  la faim en Afrique qui se tiendra aujourd’hui. L’entretien a aussi permis aux deux parties d’aborder les thèmes à l’ordre du jour du sommet et le projet de déclaration qui sera adopté.
Par ailleurs, une "forte volonté" a été exprimée de part et d’autre pour le renforcement de la coopération entre l’Algérie et la FAO ainsi qu’entre l’Afrique et l’organisation onusienne.


Vaincre la famine : une affaire d’hommes

lL’Afrique. L’imaginaire le couvre en permanence du costume de la tragédie dont les sinistres tailleurs ont pour nom catastrophes naturelles, guerres et conflits.
Comment le débarrasser de cette identité qui n’est pas conforme à la réalité même si subsistent, çà et là, quelques oripeaux qui prouvent que beaucoup reste à faire ? Quels partenariats engager, pour que l’Afrique ne rime plus avec famine et que les aléas climatiques ne soient pas les déterminants exclusifs de la sécurité alimentaire ? La conférence internationale sur l’éradication de la famine en Afrique qui se déroule au siège de l'UA devrait sortir avec un canevas de travail pour la décennie à venir. La première difficulté tiendra certainement à l’affirmation d’une volonté politique commune entre les participants de travailler en concertation pour casser cette première image qui associe la sècheresse  et l’hostilité de la nature avec la famine.
La conférence d’aujourd’hui dispose du  Programme détaillé pour le développement de l'agriculture africaine (PDDAA), qui fête ses dix ans et a déjà fait ses preuves dans une trentaine de pays.
Ce continent peut-il se libérer de la faim ? Saura-t-il trouver les chemins de la sagesse pour s’enrichir des expériences des uns et des autres et soulager les 23% d'Africains qui sont sous-alimentés et les 40% d'enfants âgés de moins de cinq ans qui souffrent de malnutrition ou d'un retard de croissance ? L’instabilité politique post-indépendance  qui a caractérisé les régimes de nombreux pays et les guerres civiles ont fait plus dans l’aggravation de la famine que la stérilité des bosquets du Soudan, l’aridité de la savane de la Somalie ou les plaines délaissées de l’Éthiopie.
 La terre a été retournée pour y enfouir des mines. Elle a été bombardée, piétinée par des milliers de pieds nus de populations fuyant les zones d’insécurité pour s’entasser dans les camps de réfugiés. Un potentiel perdu qui n’a rendu que plus dramatique, plus visible et plus spectaculaire les effets dévastateurs de la sécheresse sur des terres à fort potentiel agricole situées, pourtant, à quelques encablures de fleuves et de lacs qui jamais ne tarissent.
 Toutefois, avant même d’évoquer  les ravages des conflits sociaux, il s’agit surtout d’enclencher un travail de longue haleine pour que  la dégradation des terres par méconnaissance écologique, la  mauvaise gestion des ressources en eau, des méthodes de production inefficaces ou des technologies de stockage inappropriées ne réduisent à néant tous les efforts pour faire reculer le spectre de la famine.
Il s’agit de briser la fatalité de la famine par la coopération, la solidarité et le transfert de technologie.
Le Fonds fiduciaire pour la sécurité alimentaire que le Congo, l'Angola et la Guinée équatoriale ont promis d’alimenter est une première pierre à l’édifice. Un deuxième niveau réside dans certaines expériences : le Malawi est passé en moins de dix ans d’importateur de denrées alimentaires à producteur excédentaire. L’Angola a initié tout un programme d’émergence d’un secteur agricole en mesure de satisfaire sa consommation alimentaire par l'accès au crédit des petits exploitants.
L’Éthiopie mène, elle aussi, un programme original de protection sociale comprenant des services de micro finance et des bons d’alimentation.
D’autres pays succombent, hélas,  aux Fourches Caudines du marché mondial. 66% des terres acquises en Afrique visent à produire des agrocarburants, contre 15% seulement destinés à la production d’aliments.
 La terre « nourricière » se trouve ainsi détournée de sa vocation essentielle  pour s’intégrer dans cette logique dévastatrice des biocarburants. A peine sortie des turbulences sociales, des communautés entières se trouvent prises dans les griffes de la logique des grandes exploitations spéculatives qui la menacent d’expropriation. C’est, finalement, face à toutes ces questions que cette réunion doit centrer son potentiel en affirmant une volonté commune, partagée pour promouvoir le développement rural et stabiliser sur leurs terres les petits agriculteurs en leur assurant une protection sociale et un cadre de vie apaisé.
Finalement, gagner le combat contre la faim ne revient-il pas à créer un environnement capable d’absorber les besoins des populations locales pour leur permettre de vivre dans la dignité ?
M. Koursi

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