mercredi 13 novembre 2019 14:40:43

Exposition sectorielle sur le thème « Mémoire et réalisations» : Un secteur en mutation

Dans une ambiance conviviale et festive, l’exposition sectorielle, sur le thème «Mémoire et Réalisations» du secteur de la pêche, a été inaugurée hier au palais de la culture Moufdi-Zakaria (Alger) par le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques M. Saïd Ahmed Ferroukhi, en présence d’une dizaine de ministres, notamment ceux de l’Environnement et de l’Agriculture.

PUBLIE LE : 30-06-2013 | 0:00
D.R

Dans une ambiance conviviale et festive, l’exposition sectorielle, sur le thème «Mémoire et Réalisations» du secteur de la pêche, a été inaugurée hier au palais de la culture Moufdi-Zakaria (Alger) par le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques M. Saïd Ahmed Ferroukhi, en présence d’une dizaine de ministres, notamment ceux de l’Environnement et de l’Agriculture.

A cette occasion, le premier responsable du secteur M. Saïd Ahmed Ferroukhi a mis l’accent sur les différentes étapes du secteur  en  exprimant  sa satisfaction quant au développement  qu’ont connu les différentes filières de la pêche. Selon lui, l’Algérie, à partir du début du XVIe siècle, disposait de capacités reconnues dans le domaine maritime : plus de 80 bâtiments navals, 15.000 marins, des chantiers  de construction  navale, des raïs célèbres. La colonisation maritime, a-t-il dit, « s’est évertuée  à détruire l’ensemble  de  ces  capacités». Et de poursuivre : «En 1930, date  du centenaire de la colonisation française, le nombre de pêcheurs en Algérie avait été  évalué à plus de  5.000 dont moins de 06% (400) était  constitué  par des Algériens.»   Il faut attendre  les  années  50,  a-t-il ajouté, « pour que ce chiffre  atteigne une proportion de 50%, pour  une flottille totale de 1.000 bateaux de pêche et une production  moyenne de 20.000 tonnes/an». Selon lui, «la majorité  de ces professionnels algériens  seront  confinés dans les petits segments de flottille et dans les fonctions subalternes ».
Au-delà des chiffres et des indicateurs qui  caractérisent les réalisations de ces cinquante dernières années, le ministre a souligné qu’«il faut principalement  retenir  que ces efforts  auront  permis avant tout d’entreprendre et de réaliser la décolonisation maritime, la réappropriation  de l’espace maritime de ces ressources, de notre capacité à le réintégrer à la souveraineté nationale».
L’ indépendance aura permis aux pêcheurs algériens, a-t-il dit, entre autres «de pouvoir porter le titre de raïs pour 4.000 d’entre eux, d’être armateurs de chalutiers, de sardiniers, de petits métiers pour plus de 4.500 et d’accéder pour 40.000 d’entre eux, toutes catégories confondues, à la formation  dans les instituts, les écoles, les centres de formation  professionnelle ainsi que de transmettre leur  savoir accumulé à  50.000 inscrits maritimes qui ont aujourd’hui pour 60% un âge inférieur au cinquantenaire que nous célébrons». Malgré nos ambitions  et fortes attentes  et les expériences multiples sur le plan institutionnel, organisationnel et professionnel cumulées au cours de ces cinquante dernières années, M. Ferroukhi a indiqué qu’« il est important de ne pas perdre le fil de l’histoire, la nécessaire accumulation pour progresser et la lucidité pour préserver notre capacité à valoriser, à développer et à exploiter nos ressources maritimes et halieutiques».
En ce qui concerne les projets aquacultures, le ministre a souligné : «Nous avons actuellement trois projets aquacoles qui  sont en train de produire et trois autres projets qui entreront cette année en production de poissons. Notre souci en premier lieu est de s’appuyer sur ces expériences pour pouvoir lancer un nouveau programme qui permettrait de passer à une phase plus massive de production autour de l’aquaculture. » Selon lui, actuellement «il y a pas moins d’une quinzaine de projets qui peuvent être rattrapés ». Ces derniers, a-t-il précisé, « ne sont pas encore arrivés  à l’étape de production ».  Il y a lieu de souligner que lors de cette cérémonie, en plus des ministres présents, plusieurs générations de responsables, de pêcheurs, de professionnels, de cadres et scientifiques ont participé a cette occasion.
Makhlouf Aït Ziane
 


ressources halieutiques : Un potentiel à valoriser

Longtemps laissée pour compte, la pêche en Algérie commence à peine à redevenir comme une ressource très importante de l’économie, après les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et des services. La pêche devrait, désormais, constituer un domaine qui augmente la richesse et l’économie et aussi un élément important de l’équilibre économique. Le littoral algérien s’étend sur 1.200 km le long de la mer Méditerranée et convient bien aux ports de pêche. Plusieurs espèces de poissons y sont pêchées et représentent une grande valeur commerciale.  Ainsi, l’exploitation des ressources halieutiques constitue un facteur économique important, favorisant une hausse de l’emploi pour les habitants des 14 wilayas côtières où se trouvent 31 ports de pêche  et plusieurs marchés de gros de poisson ; le secteur de la pêche en Algérie compte 74.000 marins pêcheurs professionnels  qui exercent sur ces côtes. L’Algérie a signé plusieurs accords et conventions de coopération et de partenariat dans ce domaine, néanmoins, le pays n’est pas bien classé en tant que producteur de produits de pêche au niveau international. La production est actuellement de 73.000  tonnes.
Compte tenu de cela, les pouvoirs publics, le ministère de tutelle en tête, se sont fixé comme objectif le renforcement de la formation des professionnels pour moderniser le secteur. Ainsi, l’investissement public et privé devrait être orienté vers la formation d’abord, et la flottille ensuite. Quant à la modernisation du secteur, elle va surtout permettre de diminuer les coûts et d’augmenter la productivité. En 2012, plus de 3.100 élèves se sont inscrits aux différentes formations (initiale, continue et spéciale). La formation est le quatrième axe de la feuille de route tracée par le secteur, qui compte développer également d’autres segments dont la pêche maritime, l’aquaculture et la promotion de la pêche côtière.
La mise à niveau du secteur et la formation des professionnels sont devenues obligatoires suite à la ratification, par l’Algérie, des conventions internationales notamment celles portant sur la sécurité des pêcheurs en mer.
Au plan de la commercialisation du poisson, “une anarchie totale a caractérisé le secteur’’ du fait que ce sont des commerçants qui n’ont ni registre du commerce ni documents, qu ont accaparé le marché. Cette situation est due au manque de suivi et de contrôle, alors qu’en principe, dans chaque port de pêche, il doit y avoir une brigade permanente 24h/24h, et celui qui  n’a pas de registre du commerce n’a pas accès au port de pêche. Pour redynamiser justement le secteur, il y a aussi l’obligation faite pour les marins de respecter les lois, les normes pour les filets et les tailles marchandes, d’autant plus que l’Algérie a signé la convention de Barcelone qui protège les mammifères marins.
Il convient aussi de savoir que si l’Algérie a un important potentiel de développement sectoriel, il n’en demeure pas moins vrai que l’activité est caractérisée par l’éparpillement géographique des communautés de pêcheurs, l’enclavement et par des conditions de vie et de travail précaires, notamment pour ceux qui exercent la pêche artisanale.
A cela vient s’ajouter le manque d’infrastructures et d’encadrement appropriés favorisant, par défaut, le développement de circuits informels, nuisibles aussi bien à la ressource qu’au développement socio-économique des régions côtières, des collectivités et des populations concernées par cette activité de pêche, d’où la nécessité d’améliorer la compétitivité du secteur de la pêche et l’accroissement de sa contribution dans l’économie nationale.
Aussi compte tenu de cette réalité, l’actuel ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, Sid-Ahmed Ferroukhi, s’est engagé à appliquer strictement la feuille de route élaborée par son département pour améliorer les conditions d’exercice des activités de pêche. Cette feuille de route «comporte de nombreux axes, à même d’assurer une économie de pêche durable», et vise également à trouver des solutions idoines permettant l’augmentation de la production nationale, de générer des emplois et de protéger les ressources halieutiques contre certaines «pratiques illicites et malsaines’’.
Farid B.



 

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