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Le délégué général de l’ABEF a radio Chaîne III : « Il faut augmenter la part de financement de l’investissement productif »

Invité, hier, de la Chaîne 3 de la Radio nationale, le délégué général de l’Association des banques et établissements financiers (ABEF) s’est félicité de la bonne santé financière des banques algériennes, soulignant que celles-ci ont maintenant la capacité d’une grande intervention dans les crédits.

PUBLIE LE : 23-06-2013 | 23:00
D.R

Invité, hier, de la Chaîne 3 de la Radio nationale, le délégué général de l’Association des banques et établissements financiers (ABEF) s’est félicité de la bonne santé financière des banques algériennes, soulignant que celles-ci ont maintenant la capacité d’une grande intervention dans les crédits.  

«Aujourd’hui, nous avons un système bancaire solide. Ce n’est pas peu dire dans la conjoncture de crise internationale actuelle. Le facteur de stabilité du système bancaire est quelque chose d’extrêmement important. Que nous ayons des banques qui affichent des résultats extrêmement positifs, il faut s’en féliciter. Et nos banques ont la capacité d’une grande intervention dans les crédits », a déclaré M. Abderezak Trabelssi sur les ondes de la radio.
L’invité de la rédaction a, d’autre part, mis en exergue que la Banque d’Algérie vient de publier le rapport trimestriel 2013, document qui vient confirmer une série de rapports établis depuis des années déjà. Ce document révèle concrètement, et de manière chiffrée et sans équivoque, qu’il y a une croissance « extrêmement importante » des crédits. Le taux de croissance est, en effet, à 2 chiffres au moment où, faut-il le rappeler, beaucoup de pays souffrent d’une faiblesse de la croissance du crédit. Le deuxième constat indiscutable et irréfutable — par ce que chiffré — concerne la part des crédits alloués au secteur privé qui est plus importante que celle accordée au secteur public, et ce depuis 2005. Chiffres à l’appui, il dira qu’au 1er trimestre 2013, il a été enregistré « une hausse de crédits de l’ordre de 2.300 milliards de dinars pour le secteur privé. Un peu moins a été accordé au secteur public ». M. Abderzak Trabelssi, et tout en relevant que « la hausse des crédits se poursuit », qualifiera cet aspect de « très positif ». Il nuancera, toutefois : « Cela ne veut pas dire que ces crédits sont orientés vers l’investissement productif » et c’est là où, selon lui, réside toute  la problématique. Insistant particulièrement sur l’impérieuse nécessité de « s’y intéresser de manière plus approfondie », le délégué général de l’ABEF martèle : « Il faut augmenter la part de financement de l’investissement productif ».
De l’avis de M. Trabelssi, « la statistique que l’on a à travers les crédits à moyen et long terme est une statistique qui commence à devenir de moins en moins pertinente parce qu’elle ne colle pas forcément à un financement de l’investissement. Il faut que l’on s’intéresse de plus près au financement de l’investissement productif ».
Mais comment faire pour que le secteur privé, tel qu’il est aujourd’hui (TPE, PME et grandes entreprises) se développe ? Rappelant qu’il existe en fait toute une série d’actions visant à faciliter, du point de vue bancaire, la tâche de l’investisseur productif. Il mettra en exergue l’impératif de lever l’ensemble des obstacles s’opposant à l’investissement productif et de faire en sorte que ce dernier devienne « moins  risqué pour les banquiers ». Pour M. Abderzak Trabelssi, il ne suffit pas de mettre de l’argent pour que l’investissement productif avance. « Sinon, il y a longtemps  que l’investissement productif aurait décollé ». Il soutient qu’il « ne s’agit pas d’argent parce que c’est le dernier maillon. Il s’agit, tout simplement, de revoir et de revisiter l’environnement de l’entreprise privée qui s’inscrit dans l’investissement productif ».
Relevant que nous avons à élargir le paysage des produits de financement dans notre économie, il rappelle que les dernières études sur le secteur privé montrent que nous avons une majorité d’entreprises qui sont des très petites entreprises (TPE). « Nous avons aussi des petites et moyennes entreprises ainsi que de grandes entreprises.  Il faut que nous adaptions l’offre de produits de financement à ces différentes catégories d’entreprises. Comme « première » réponse à cette adaptation de l’offre aux besoins du marché, il citera celle de l’ABEF. L’ABEF a engagé dans le cadre d’une coopération internationale avec GIZ qui est un programme allemand de développement, un programme de mise en place du financement de très petites entreprises qui dure depuis plus d’une année. Aujourd’hui, les mécanismes à la fois de formation et des tests ont été mis en place dans deux banques pour pouvoir généraliser la formation des banquiers sur la micro-finance, indique l’invité de la rédaction.  Mais pourquoi ne l’avoir pas fait plus tôt ? M. Trabelssi rappelle que le recensement de l’ONS indiquant que plus de 90% des entreprises sont des TPE date de l’année dernière. « Il n’y a qu’à cette date-là qu’on a eu une idée plus ou moins exhaustive du secteur privé », soutient le délégué général de l’ABEF. Et de préciser : « Avant, il n’y avait pas d’études exhaustive. Il y avait des appréciations, des analyses, des  estimations, mais pas d’étude exhaustive. La première étude exhaustive sur le secteur privé c’est celle fournie par l’ONS.»
Au sujet des opportunités de financement qui sont à prendre en charge par les banques, M. Trabelssi notera qu’il « nous manque cette connaissance des marchés qui existe ailleurs ». C'est-à-dire, des établissements spécialisés qui ne font que les études de marché, de manière à signaler le risque aux gens et partant savoir dans quel créneau se positionner. Or, « nous n’avons pas cet outil et nous devons absolument le mettre en place », selon M. Trabelssi.
A retenir, par ailleurs, au premier trimestre 2013, le volume des financements enregistrés à l’importation était de plus de 12 milliards de dollars. « C’est un niveau qui  reste inférieur par rapport à celui de l’an dernier. Toutefois, si les financements de l’investissement productif ne connaissent pas la croissance que l’on souhaiterait, ce n’est pas à cause de l’importation », note M. Trabelssi.

Soraya G.



 

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