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Les flux migratoires en débat : Nécessité de solutions communes

Jino Barcella, Conseil italien des réfugiés : “L'Algérie ne refoule pas les étrangers”

PUBLIE LE : 11-06-2013 | 0:00
Ph. Louiza M.

La dynamique économique que connaît l'Algérie pourrait favoriser des flux importants, notamment des pays voisins, de migrants en quête de nouvelles opportunités de travail, a indiqué, hier, Mario Lana, président de l’Union des juristes italiens pour la défense des droits de l’homme.  

M. Lana qui est intervenu à l’occasion d’une rencontre débat sur le thème «Flux migratoire et évolution des situations politiques et socio-sécuritaire dans la région», organisée par le Mouvement féminin de solidarité avec la famille rurale en collaboration avec la section Algérie du Centre international de recherche sur le terrorisme, a souligné que la gestion d'une telle situation nécessite le renforcement des mécanismes législatifs et réglementaires, et la mise en place de solutions communes entre les différents pays concernés par ce phénomène.
Il soulignera à cet effet l’importance «de renforcer les capacités et les moyens réglementaires pour la prise en charge de ces immigrés, à travers notamment des mesures d'accompagnement pour un retour de ces ressortissants dans de meilleures conditions». Il citera, à ce propos, le projet sur la problématique des flux migratoires mixtes en Algérie et le renforcement des capacités nationales de gestion, mis en place par l’Algérie en janvier 2011, et qui vise au renforcement de la protection des migrants et des capacités de gestion des flux migratoires mixtes en Algérie.
«Ce projet contribuera également au développement de la protection, y compris la protection sociale, et de l'assistance humanitaire en faveur des migrants, des réfugiés et des demandeurs d'asile, avec une attention particulière aux groupes de personnes vulnérables, d’autant qu’il permettra de sensibiliser et d’informer la société civile sur les questions liées aux flux migratoires mixtes», a-t-il expliqué. Par ailleurs, le conférencier a évoqué les retombées des tensions que connaissent les pays voisins et les flux de personnes fuyant les conflits et les violences vers le Sud algérien, notamment en provenance du Mali. Pour M. Lana, le «Printemps arabe» a entraîné une augmentation des flux migratoires, essentiellement vers l’Italie et la France, mais aussi à l’intérieur du continent africain.
De son côté, le directeur de recherche au Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread), Mohamed Saïb Musette, a estimé que depuis 2011, l’Algérie connaît le problème de flux migratoires, qui est une conséquence des contestations du «Printemps arabe», notamment, mais aussi de la situation dans certains pays africains, tel le Mali.
Il dira à ce titre que l’enquête qu’il a menée a fait ressortir que près de «65% des étrangers en Algérie sont des réfugiés». «21% sont des migrants, en situation irrégulière, provenant pour la plupart de l’Afrique subsaharienne. À un degré moindre, figurent les Syriens et les Libyens. Mais le taux le plus élevé (56%) concerne les réfugiés sahraouis.» Pour sa part, l’expert italien, Jino Barcella, a estimé que la gestion des flux migratoires implique tous les pays de la région, d’autant plus qu’il s’agit d’un phénomène à dimension régionale. Il citera à ce propos le projet pour le retour volontaire assisté des migrants illégaux, financé par l’Union européenne, qui constitue une solution au phénomène des flux migratoires.
Mais la mise en place de ce projet nécessite, selon cet expert, la mise en place d’une approche régionale, entre les pays européens et les pays africains. Maître Fatma-Zohra Benbraham a estimé, quant à elle, que la solution à ce phénomène réside dans l’assouplissement des procédures de délivrance de visas. «Une telle mesure pourrait atténuer également le problème de migration illégale des jeunes qui veulent découvrir le monde de l’autre rive de la Méditerranée», a-t-elle précisé.   
Salima Ettouahria

Jino Barcella, Conseil italien des réfugiés :
“L'Algérie ne refoule pas les étrangers”
"L'Algérie ne refoule pas les étrangers, et aucun centre de détention pour réfugiés n'existe sur son territoire", a affirmé, hier à Alger, un membre du Conseil italien des réfugiés. "Bien qu'on assiste à un mouvement migratoire plus grand dans la région (Afrique du Nord et Sahel, ndlr), l'Algérie ne refoule pas les étrangers, et il n'y a pas de centres de détention pour réfugiés dans ce pays", a déclaré Jino Barcella, membre du Conseil italien des réfugiés. M. Barcella a avancé que l'Union européenne "ne fait pas assez pour aider les pays de la région" face au problème des réfugiés. Toutefois, un projet intitulé "Renforcement des capacités de gestion des flux migratoires mixtes" est initié par la Commission européenne en coordination avec la CNCPPDH depuis janvier 2011, a noté Me Mario Lana, président de l'Union des juristes pour la défense des droits de l'homme et vice-président du Conseil italien des réfugiés.

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