lundi 25 mai 2020 06:48:51

Selon le DG du CRAAG: “60 à 90 secousses telluriques enregistrées mensuellement dans le nord du pays”

Chaque mois, entre 60 et 90 secousses telluriques sont enregistrées dans la région nord du pays, a indiqué, hier, le directeur général du Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (Craag).

PUBLIE LE : 10-06-2013 | 0:00

Chaque mois, entre 60 et 90 secousses telluriques sont enregistrées dans la région nord du pays, a indiqué, hier, le directeur général du Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (Craag). S’exprimant sur les ondes de la Chaîne III  de la radio nationale, M. Abdelkrim Yellès a souligné que cette activité sismique nous impose une prévention qui passe essentiellement par la construction parasismique. Cela étant, la construction parasismique n’est pas « la seule » mesure recommandée, note l’invité de la rédaction, mettant en relief que la résilience des sociétés passe, en fait, par un certain nombre d’actions, notamment, l’éducation et la sensibilisation, les assurances, les interventions, le management des risques et l’information.Une chose est sûre, l’activité sismique que connaît actuellement notre pays va encore durer dans le temps. « Dans la région méditerranéenne, on assiste à la fermeture de la mer Méditerranée. C’est un phénomène géologique qui va se poursuivre pour très longtemps. La Méditerranée n’existera plus dans 20 ou 50 millions d’années et nous aurons la suture entre les deux grands continents que sont le continent africain et le continent européen », a-t-il déclaré. Cela dit et selon M. Yellès, c’est la région nord qui sera la plus sujette à ces séismes du fait qu’elle soit « proche de cette collision ». Sur la frange littorale, il n’y a pas de régions plus exposées que d’autres au risque sismique. « Les secousses touchent d’est en ouest l’ensemble de ces régions nord et donc nous n’avons pas de régions plus ou moins épargnées », a-t-il fait savoir, précisant tout de même que le risque de sismicité décroît en allant vers les régions du sud, situées loin de la zone de rapprochement. Interrogée, par ailleurs, sur l’intensité des tremblements de terre enregistrés en Algérie, le directeur du CRAAG a déclaré que ces derniers sont généralement faibles et que les grands séismes — tels que celui de Boumerdès en 2003 et de Chlef en 1980 — sont espacés dans le temps. « Nous avons deux à trois secousses faibles au quotidien, parfois nous avons des séismes modérés qui sont ressentis près des grands centres urbains. Les grandes secousses ont existé, mais elles sont espacées dans le temps », a-t-il rassuré. Mais les flux humains qui encombrent les grandes agglomérations de la bande nord du pays, pourraient-ils être, éventuellement, fatals ? Selon M. Yellès, il est clair qu’une surconcentration de la population sur la bande de littoral, là où nous avons l’exposition aux risques maximums, fait que nous soyons les plus vulnérables. Il recommande, alors, de faire en sorte que cette pression urbanistique soit réduite, comme le recommande, du reste, le schéma national de l’aménagement du territoire à l’horizon 2025. Revenant à l’acte de bâtir — essentiel dans une région sismique — le DG du CRAAG insistera sur toute l’importance du parasismique. Pour lui, l’ensemble des constructions devraient faire face à cette activité qui, rappellera-t-il, ne date pas d’hier, puisqu’elle est la résultante d’un processus géologique remontant au rapprochement des plaques tectoniques africaines et euro-asiatiques depuis près de 80 millions d’années. Concernant les règlements parasismiques, M. Yellès a déclaré que la réglementation de 1981, actualisée en 2003, est appliquée dans les grands programmes publics de logement. Il nuancera, toutefois. Les leçons de Boumerdès ont démontré que la vulnérabilité s’était essentiellement concentrée vers les auto-constructeurs. Plus explicite, il dira que dans les années 1990, il y a eu cette libéralisation de l’acte de bâtir pour les auto-constructeurs. Aujourd’hui, cette réglementation doit être appliquée par l’ensemble des constructeurs à titre particulier, soutient l’invité de la rédaction ajoutant qu’il y a « des améliorations à faire pour que le citoyen puisse être contraint d’appliquer ce règlement.»
Evoquant la loi la loi 04-20 de décembre 2004, M. Yellès dira que celle-ci est aujourd’hui « le point de repère » de toute la stratégie de prévention. « Il s’agit, encore, d’impulser et de mobiliser toutes les énergies pour mener à bien cette stratégie », a-t-il soutenu. A ce propos, il annonce une bonne nouvelle. Celle de la mise en place d’une délégation aux risques majeurs, laquelle délégation « va dynamiser davantage ce travail à l’échelle de toutes les institutions et coordonner les différentes actions de prévention. »
Soraya G.
 

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