lundi 19 novembre 2018 00:45:57

Anciens tueurs de l’OAS : La Ligue française des droits de l’homme dénonce les tentatives de réhabilitation

La Ligue française des droits de l’homme (LDH) a dénoncé mardi “avec force” les tentatives de réhabilitation des anciens tueurs de l’OAS et les “dérives idéologiques” sur les aspects “positifs” de la colonisation.

PUBLIE LE : 05-06-2013 | 0:00

La Ligue française des droits de l’homme (LDH) a dénoncé mardi “avec force” les tentatives de réhabilitation des anciens tueurs de l’OAS  et les “dérives idéologiques” sur les aspects “positifs” de la colonisation. “Il est indispensable que soient officiellement reconnus, simplement  reconnus, les crimes et méfaits qui ont accompagné la colonisation et la guerre  d’indépendance de l’Algérie”, écrit la LDH dans un communiqué ouvert à signature.          “Indispensable, poursuit-elle, pour bannir en France toutes les formes de racisme que ces dérives alimentent. Indispensable pour permettre le renforcement des liens d’estime et d’amitié entre les peuples algérien et français, l’établissement  d’une coopération active et sincère entre la France et l’Algérie”.     Ce communiqué, intitulé “Non à de nouveaux éloges de l’OAS”, intervient  pour dénoncer la décision prise par le Collectif aixois des rapatriés (CAR)  d’inaugurer le 7 juin à Aix-en-Provence, un monument érigé “à la gloire” des  membres du sinistre commando Delta de l’OAS, Albert Dovecar et Claude Piegts.         
 Ces derniers ont participé à l’assassinat de Roger Gavoury, commissaire  central d’Alger, dans la nuit du 31 mai au 1er juin 1961, au moment où s’ouvraient les négociations des Accords d’Evian pour mettre fin à la guerre d’Algérie. Condamnés à mort, Dovecar et Piegts ont été exécutés le 7 juin 1962.         
 Des monuments de même nature que ceux de Nice, Toulon, Perpignan et  Marignane, ont été érigés “à la gloire de tels assassins”, rappelle la LDH. “C’est précisément le 7 juin 2013 que le CAR a choisi pour inaugurer  à Aix-en-Provence cette stèle qui sera installée dans la cour de la maison du maréchal Alphonse Juin, propriété de la ville d’Aix, devenue véritable casemate de la nostalgie”, dénonce la LDH. Elle précise que l’actuelle équipe municipale en a confié la gestion au CAR qu’elle subventionne “abondamment”.          
 “Coutumier des éloges de la colonisation et de l’OAS, le président du collectif, René Andrès, lance un appel pour l’inauguration d’un espace appelé  à devenir le haut lieu de la mémoire, et de la conservation, de la vérité du  peuple Pied-Noir et Harkis”, déplore la Ligue française.          Elle affirme que l’Association de défense des anciens détenus de l’Algérie  française (ADIMAD) soutient cet appel, observant que ces “irréductibles de l’Algérie  française” ont prévu de se retrouver, comme chaque année, début juin autour de la tombe de Claude Piegts au Touvet, dans l’Isère. La LDH indique aussi que “l’hommage” initialement prévu le 2 juin “a soulevé de telles protestations” qu’il vient d’être interdit par la préfecture  de l’Isère. Ses initiateurs l’ont reporté au 9 juin, deux jours après la cérémonie d’Aix. Plusieurs organisations ont déjà signé ce communiqué dont le “Mrap”,  “Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons”, “l’Association  nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS” (ANPROMEVO), “l’Association Nationale des Pieds-Noirs Progressistes et leurs amis” (ANPNPA), “Les anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre” (ACG) et “le  Réseau Sortir du colonialisme”. De son côté, le “Réseau Sortir du colonialisme” a, dans un autre communiqué, “condamné” les appels faits dans plusieurs villes de France comme Perpignan ou Aix-en-Provence à se rassembler le 7 juin prochain pour “célébrer la mémoire  des tueurs de l’OAS et rendre hommage à l’Algérie Française et donc aux crimes  commis en son nom”. Il relève que dans plusieurs villes, les maires ont pris la “lourde  responsabilité” de soutenir ces manifestations “négationnistes intolérables”. Le “Réseau Sortir du colonialisme” demande également que soient retirées  ces stèles des lieux publics dédiés au recueillement et que soient prononcés  des arrêtés d’interdiction contre “des manifestations indignes faisant l’apologie  de crimes”.          Le Réseau affirme enfin soutenir toutes les initiatives de contre-manifestations qui auront lieu à cette occasion.
 

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