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Bordj Bou-Arréridj : Le cirque Amar enchante les enfants

Le cirque Amar, qui effectue une tournée de 18 mois en Algérie, a fait une halte à Bordj Bou-Arréridj.

PUBLIE LE : 03-06-2013 | 23:00
D.R

Le cirque Amar, qui effectue une tournée de 18 mois en Algérie, a fait une halte à Bordj Bou-Arréridj. Cette halte, permet au public de se familiariser avec ce spectacle unique qui est formé de plusieurs arts et sports mais aussi de se rappeler que le fondateur du cirque est un enfant de la région   né à Bordj Bou-Arréridj, en 1880, et a fondé le cirque au début du 20e siècle.

Bien sûr, c’est la famille italienne Togni qui a repris la marque, même si cette dernière a gardé son caractère international. En effet 12 nationalités participent au spectacle, soit directement à travers les artistes ou  par la technique et l’administration. Ce qui n’empêche pas que la plupart des membres de l’équipe, au nombre de 50, effectuent des numéros, font de l’entretien et assurent même la sécurité.
Cette disponibilité n’a d’égal que leur agilité et leur courage. Ce qui n’a pas manqué de charmer le public local qui a apprécié le niveau de représentation, même s’il a regretté les tarifs élevés. Pour une famille de 5 personnes, il faut débourser 7.500 DA pour la première classe, 6.000 pour la deuxième et 4.500 pour la troisième.
C’est d’ailleurs l’excuse avancée par la direction du cirque qui rappelle que le spectacle est le même que celui qui est donné au niveau international. La même direction qui rappelle les charges de l’équipe note même que les tarifs sont plus bas que ceux pratiqués dans les autres pays. Ils précisent que les handicapés sont exemptés du paiement tout comme beaucoup de démunis qui ont bénéficié grâce à l’intervention des services de la wilaya de billets gratuits. Les écoliers ont eu droit quant à eux à une réduction des tarifs s’ils sont accompagnés par leurs enseignants.
Autant dire que pour avoir droit à une représentation de qualité il faut mettre le prix. Les spectateurs présents, constitués essentiellement de familles, en ont eu pour leur argent tant les numéros étaient fascinants. Des animaux sauvages, qui devenaient dociles comme ce phoque danseur ou cet hippopotame gourmand qui ont été introduits pour la première fois, aux exercices d’adresse sur le câble qui provoquaient des frayeurs et des exclamations, aux courses poursuites des motos dans un petit globe qui ont séduit lorsque la lumière était éteinte pour ne garder que ces cercles lumineux et continus, le spectacle valait le déplacement. A propos de ces derniers, le parking du stade du 20-Août-55, qui a été choisi pour abriter le chapiteau, a été lui aussi apprécié pour son emplacement stratégique.  Le cirque constitue ces jours-ci le lieu de divertissement préféré des Bordjiens. Son apport dans l’animation de la wilaya est certain. Il a permis à beaucoup d’entre eux de meubler les fins de journées qui restent fraîches ces jours-ci. Notons que les représentations ont  lieu à 18 heures sauf le samedi et le vendredi ou une autre séance est prévue à 15 heures. Le cirque qui est déjà passé par 12 wilayas doit se déplacer à Annaba avant d’atterrir durant le mois de ramadhan à Alger. Les habitants de cette wilaya ont de quoi passer les soirées du mois sacré.
F. D.

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La saga des Amar
Ahmed Ben Amar el Gaid qui a fondé le cirque qui porte son nom est est né à Bordj Bou-Arreridj, en 1880. C'est à Sétif qu'Ahmed Ben Amar dressa pour la première fois son chapiteau rouge et vert. Il avait auparavant rodé son spectacle de danseuses et animaux dans plusieurs localités situées en Kabylie. Ami des bêtes et grand expert en chevaux, il sortit pour la première fois d'Algérie pour aller vendre des pur-sang en Angleterre. A la suite de ce voyage, il mit au point un spectacle coloré, avec des danseuses, des Ouled Nails, qu'il intitula « la grotte algérienne », et partit à la conquête du monde. Le succès fut si complet qu'Ahmed se mit à rêver à un immense chapiteau itinérant où évolueraient fauves, danseuses et saltimbanques. Parcourant les foires à la recherche d'animaux, il rencontra un jour le directeur de la « Ménagerie Lozérienne » de Mende, Monsieur Bonnefoux, qui venait de capturer un loup.
Ahmed décida d'acquérir la bête sauvage pour la dresser et en faire une des vedettes de son spectacle. Grâce à cette rencontre, Ahmed fit connaissance de Marie, la sœur du directeur. De l’union de Ahmed et Marie naquirent six garçons, dont plusieurs perpétuèrent la tradition familiale. Quelques années plus tard Ahmed conçut un spectacle inédit avec trois de ses fils, sans danseuses, mais avec une fosse aux lions où il fit descendre ses trois fils, Ahmed, Abdelah et Mustapha « le plus jeune dompteur du monde »... Il s'agissait en fait d'une petite ménagerie, mais qui permit au nom Amar de commencer à se faire connaître, notamment lors de ses prestations dans diverses foires, comme la Foire aux Pains d'Épices à Paris en 1909. Peu à peu, « Les plus jeunes dompteurs du monde », comme le proclamait la réclame du spectacle, eurent de plus en plus de succès et attirèrent un public toujours plus nombreux.
Après la mort d'Ahmed en 1913, Marie reprit les rênes de l'entreprise et après une interruption due à la Première Guerre mondiale, la notoriété du cirque s'étendit à nouveau. L'établissement grandit. Dès 1926, « Le Grand Cirque Ménagerie Amar Frères » devint célèbre au-delà des frontières. Forts de leur popularité grandissante, les frères Amar prirent quelques années après la route vers l'Algérie, la Tunisie et le Maroc. Partout l’accueil fut exceptionnel. La troupe continua sa tournée en Égypte, Grèce, Turquie, Bulgarie, Hongrie, Autriche, Italie avant de rejoindre Paris couverte de gloire.
Le fils aîné, prénommé comme son père Ahmed et qui vécut très longtemps avec la comédienne Florelle, fut pendant de longues années dresseur d'éléphants. Omniprésent sous le chapiteau et d'une autorité reconnue de tous, il a été chargé de la direction du cirque en tournée.
Perfectionniste et exigeant avec la troupe, mais d’abord avec lui-même, il contribua à la réputation du cirque familial. C'est le cadet, Mustapha, surnommé « le colonel », qui donna au cirque sa popularité internationale.
Avant de diriger toute la troupe, de son bureau des Champs-Élysées, il s'était illustré sur la piste en dompteur intrépide. Un soir, en représentation à Bruxelles, un accident a failli lui coûter la vie, sa tête, prise en tenaille par les mâchoires d'un tigre, en garda pour toujours les cicatrices. Cette frayeur passée, Mustapha prit en main l’administration du cirque familial et ne parut plus sur la piste.
C'est lui qui en 1929 décida de lui faire franchir la Méditerranée. Cent vingt véhicules furent nécessaires pour l'acheminement du matériel, de la ménagerie et de la troupe. Ali, le troisième frère, après avoir connu la gloire comme dresseur d'ours blancs, s’occupa des finances. Chérif, le plus jeune, qui avait succédé à Mustapha auprès des fauves, devint par la suite l’administrateur de la troupe.  Baptisé « Cirque Géant » avec sa double piste dès 1929, le cirque Amar ne cessa ensuite d'évoluer pour faire face au succès et il fallut créer une deuxième troupe, le « Cirque des Cirques » ; non sans avoir auparavant créé un spectacle à Paris en s'installant à l'Empire, avenue Wagram, à deux pas de l’Arc de Triomphe. Sous l'impulsion de Mustapha, ils montèrent dans cette salle des spectacles éblouissants, invitant les attractions les plus étonnantes, mais aussi des exhibitions sportives animées par Gilbert Richard, (remarqué par Mustapha Amar, il fit ses débuts en 1947 sur la piste de son cirque en tant que « Monsieur Loyal »), « le plus jeune Monsieur Loyal du monde » (moins de 18 ans), se plaisait à plaisanter, en parlant de lui, du célèbre Mustapha, surnommé « Phapha », et des présentations d'artistes de music-hall, tel Fernand Raynaud.
Avec l'arrêt des voyages, pendant la Seconde Guerre mondiale, trois cirques se dressèrent autour de Paris : « Le Grand Cirque » de Mustapha, le « Cirque international » d'Ali et le « Nouveau cirque de Paris » dirigé par Ahmed et Chérif. La paix revenue, les tournées reprirent avec des spectacles toujours plus étonnants. En pleine Guerre froide, Moscou et New York offrirent un « pont d'or » pour recevoir le cirque Amar. Le gouvernement japonais invita Mustapha à Tokyo pour choisir les meilleures attractions d'Asie à présenter en Europe. En 1960, l'héritier et le grand patron d'un des plus importants cirques d'Europe tînt à fêter le centenaire de l'entreprise familiale par une prestigieuse tournée en Algérie. Un train spécial de 54 wagons quitta Paris. Une centaine d'artistes présentèrent 23 numéros, sous un chapiteau géant à 8 mâts. Ce fut le dernier grand épisode de la saga Amar, la mort successive des frères Amar y mettant fin. En avril 1964, lors du passage du cirque à Châteaudun, trois éléphants, vraisemblablement énervés par les bruits d'un boulodrome tout proche, rompirent leurs chaînes et s'échappèrent dans la rue, semant la panique et tuant un enfant de quatre ans. Ces trois animaux, alors jugés trop dangereux, furent transférés au parc zoologique de la Tête d'Or à Lyon. En 1968, Mustapha Amar se résigna à abandonner la direction du cirque.
Jean Roche dirigea le cirque jusqu'en 1972. Jacob pris le relais pendant un an, jusqu'à ce que l'enseigne du cirque soit reprise par la famille Bouglione en 1973.

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