mardi 17 septembre 2019 03:21:01

Lutte contre le pillage de pièces archéologiques : Création de cellules spécialisées

Les affaires traitées par la GN

PUBLIE LE : 02-06-2013 | 23:00
D.R

Le trafic des biens culturels prend de l’ampleur dans notre pays. C’est un fait incontestable que vient confirmer les statistiques des services de la Gendarmerie nationale qui font pourtant de leur mieux pour la protection de nos trésors à la double dimension historique et culturelle en engageant, à cet effet, d’importantes mesures, dont la plus importante est la création des cellules spécialisées dans la lutte contre les atteintes aux biens culturels.

Aussi, on notera la formation de 22 gendarmes spécialisés, s’ajoutant ainsi au dispositif déjà existants en matière de lutte contre toutes les formes de criminalité. En outre, le commandement de la Gendarmerie nationale est sur le point d’élaborer un programme de recyclage sur la protection du patrimoine culturel, au profit des éléments des deux brigades spéciales (Ghardaïa et Djanet) du 4e commandement régional d’Ouargla.                                                                                                                                   
Des descentes de patrouilles effectuées régulièrement dans les sites historiques et les zones archéologiques protégées, et des points de contrôle  montés sur les accès et routes y menant pour traquer d’éventuels trafiquants. La GN ne lâche pas les trafiquants, mais l’aspect lucratif de la chose encourage le pillage des biens culturels. Il est vrai que la vente d’un objet archéologique ou d’une pièce numismatique rapporte gros. D’autant plus que les circuits de commercialisation vers l’étranger se mettent rapidement en marche lorsqu’il s’agit d’effectuer ce genre de transactions.                                                                                                      
Pour la seule période du 1er trimestre de cette année 2013, les gendarmes ont récupéré 357 pièces archéologiques et procédé à l’arrestation de 14 personnes pour un total de 23 affaires liées à l’atteinte au patrimoine national traitées puis envoyées à la justice. Des chiffres qui démontrent que ce trafic prend désormais une forme de criminalité organisée, dont les auteurs ne lésinent pas sur les moyens en agissant dans un cadre structuré et en adoptant de nouvelles techniques. L’essentiel pour eux est de réussir dans leurs sales besognes, au risque de piller le patrimoine national des biens culturels. D’ailleurs, c’est dans l’optique de faire face à ce fléau que le Commandement de la GN a organisé, au profit du personnel des unités spécialisées en police judiciaire, des formations de recyclage axées sur la lutte contre les atteintes aux biens culturels (techniques d’investigation, procédures, processus criminalistique).                                                                                         
En 2012, le bilan de la GN concernant les activités liées à la lutte contre les atteintes aux biens culturels portait sur la saisie de 495 pièces et l’arrestation de 43 personnes pour 25 affaires. Des statistiques qui confirment la hausse d’année en année de ce trafic dans la mesure où en 2011, la Gendarmerie nationale a récupéré 278 pièces et arrêté 27 personnes, découvrant dans la foulée une dizaine de sites archéologiques lors de ses nombreuses activités relatives à la lutte contre la criminalité.
La GN a constaté par ailleurs 9 affaires liées à la vente illégale des objets archéologiques, 6 affaires de contrebande des objets d’art et 3 affaires de dégradation, destruction mutilation et abattage.                                         
Selon les statistiques, le plus gros des opérations enregistrées l’année passée ont eu lieu à l’est du pays où 80% des prises ont été effectuées (435 pièces archéologiques et 43 arrestations) par les unités de la Gendarmerie nationale du 5e commandement régional de Constantine, en collaboration avec la cellule régionale de lutte contre les atteintes aux biens culturels de Souk-Ahras. Ceci s’explique par la richesse patrimoniale que recèle cette région. À Guelma, par exemple, les gendarmes ont saisi 397 pièces archéologiques, tandis qu’à Souk-Ahras, 34 pièces ont été récupérées. 28 objets ont été saisis en outre à Alger et 14 à Ouargla. Le 1er commandement régional de Blida, assisté par la cellule régionale de Tipasa, a récupéré, pour sa part, 31 pièces archéologiques et procédé à l’arrestation de 5 personnes, contre la saisie de six pièces par le 2e commandement régional d’Oran, en collaboration avec la cellule régionale de lutte contre les atteintes aux biens culturels d’Oran.                                  Enfin, on compte 23 pièces archéologiques saisies au sud du pays par les unités du 4e commandement régional de la GN de Ouargla.

Récupération de 10.455 pièces archéologiques depuis l’année 2000
Le trafic des biens culturels a commencé à prendre de l’ampleur au début des années 2000, lorsque des bandes organisées entamaient leurs sales entreprises en pillant de précieux objets à la valeur inestimable.                   
De 2000 à 2012, on compte la récupération, par les différentes unités en charge de la lutte contre les atteints au patrimoine culturel, de quelque 10.455 pièces archéologiques et le traitement de 109 affaires qui ont mis en cause 132 personnes, dont 14 sont de nationalités étrangères. De 2000 à 2010, le bilan fait état de la récupération de 9.065 pièces numismatiques, dont 6.989 en 2006, de 861 pièces préhistoriques, dont 655 en 2007, de 105 mosaïques, de 279 fragments (céramique, métal...), de 76 statues (marbre, métal…) et de 18 armes antiques.
Si entre 2000 et 2005, la situation était plus ou moins «tranquille» (saisie de 127 pièces), il n’en est pas de même durant la deuxième partie de cette décennie. Dès 2006, en effet, un seuil intolérable a été atteint avec la saisie de plus de 7.110 pièces archéologiques pour 11 affaires, contre 917 pièces en 2007.
Une année plus tard, près de 1.490 objets archéologiques ont été récupérés, tandis qu’entre 2009 et 2010, la GN a mis la main sur 916 pièces archéologiques et découvert (42) sites archéologiques et cimetières antiques pour un total de 109 affaires constatées dans 24 wilayas et dont 83% d’entre elles ont été traitées par le 5e Commandement régional de la Gendarmerie nationale de Constantine. 16 cas ont été élucidés à Tébessa, 12 à Guelma, 11 à Sétif, 9 à Skikda et Souk-Ahras, 6 à Batna et 5 à Oum El-Bouaghi.
À noter par ailleurs qu’au cours de ces douze dernières années, il y a eu également des dizaines d’affaires liées à la vente illégale des objets archéologiques, au non déclaration de découvertes de pièces archéologiques, à la vente illégale.
SAM

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Les affaires traitées par la GN
Des affaires importantes liées au trafic de biens culturels, c’est ne pas ça qui manque ! Et naturellement, certaine d’entre elles se distinguent et constituent de grosses prises effectuées par les services de la Gendarmerie nationale.
En octobre 2012, et agissant sur renseignements, les éléments de la brigade territoriale de la GN de Dahouara (Guelma) ont intercepté, sur la RN 20, reliant Guelma à Constantine, trois personnes à bord d’un véhicule, en possession de 30 œuvres d’art.
Passés au crible des spécialistes de la direction de la culture de Guelma, il s’est avéré que la saisie était un vrai trésor. Cinq statuettes métalliques datant de l'époque punique, 20 médailles en bronze datant du 20e siècle, une chope et une cuillère en argent, une assiette en bronze de la période antique et enfin deux pièces de météorites.
Les investigations menées par les gendarmes ont démontré que les malfaiteurs écumant dans l’Est algérien, notamment dans les wilayas de Souk Ahras, Annaba, Skikda et Biskra, exercent différentes fonctions (commerçant, journalier et fonctionnaire), et s’adonnent à la contrebande et à la vente des pièces archéologiques récupérées ou trouvées suite à des fouilles illégales. Ils ont, à cet effet, établi des contacts avec des ressortissants tunisiens en vue d’organiser la vente de 365 pièces de monnaies antiques.                           
 Toujours à Guelma, véritable plaque tournante de ce trafic, les éléments de la brigade territoriale de la Gendarmerie nationale de Medjez Sfa ont récupéré, en premier lieu, 14 pièces de monnaie en bronze datant de l'époque antique en possession de trois personnes qui circulaient sur la RN16 reliant Souk-Ahras à Guelma. Quelques jours plus tard, les enquêteurs ont arrêté 11 autres personnes, dont une Tunisien, à Souk-Ahras, Skikda et Biskra, et surtout récupéré un butin de guerre estimé à plus de 350 pièces archéologiques datant des époques numidienne et romaine.                 
À Souk-Ahras, les gendarmes ont appréhendé 4 personnes pour le recel et le trafic illégal des biens culturels. Ils étaient en possession d'un sabre en bronze, datant de l'époque coloniale. Autre grosse affaire traité par la GN, la découverte à Jijel de deux sites archéologiques menacés. Les membres de la cellule de la protection des biens culturels de Constantine se sont déplacés sur place et ont pu observer leur état piteux dans lequel ils se trouvaient. Le premier concerne le site d’El-Rabta datant de l'ère phénicienne et qui se compose de 42 tombes. D’ailleurs, il a été proposé pour être classé. Le second site de Toualbia, proposé pour être classé depuis 1998, est une surface en mosaïque datant de l’ère romaine. Les constatations des spécialistes ont révélé que les deux sites étaient à l’abandon, chose qui a encouragé des citoyens à construire illégalement des habitations sur les tombes funèbres, ce qui les a gravement endommagées. En 2007, à El- Tarf, les gendarmes de la brigade d’Aïn Assel ont récupéré deux statuts représentants Jésus le Christ et Notre Damme Marie qui étaient sur le point d’être vendus par un groupe de trois malfaiteurs, arrêtés pour trafic illégal des biens culturels. Les investigations ont révélé que ce réseau active dans l’Est algérien et procède à la contrebande et à la vente des pièces archéologiques, trouvées suite à des fouilles illégales. Le groupe allait en outre établir des contacts avec des étrangers en vue de planifier le vol de ces objets.
Ne se contentant pas de la vente classique des objets, les trafiquants ne manquent pas d’idées et vont à ce propos jusqu’à recourir à l’Internet pour écouler leurs produits, loin des regards indiscrets. Comme c’était le cas à Annaba où la GN a traité ce type d’affaire en 2009. Deux individus ont été arrêtés après avoir tenté de vendre des pièces antiques (66 pièces de monnaie, une lampe à huile, un statut en bronze représentant un cheval).
D’autres bandes établissent des relations à l’étranger et mettent en place de solides réseaux pour faire sortir les pièces archéologiques. À ce titre, une affaire similaire a été traitée, à Guelma, en 2010, par la compagnie territoriale de la Gendarmerie nationale de Bouchegouf, laquelle a démantelé ce réseau composé de 4 personnes, dont 1 policier. Les trafiquants ont établi des contacts avec une femme tunisienne dénommé «El Hadja Fatma» en vue de planifier le vol des objets d’art de différentes périodes antique, islamique et ottomane (68 pièces de monnaie, trois jarres en poterie, une lampe à huile en métal, 5 statuts en bronze représentant des dieux romains).
SAM
 

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