jeudi 13 dcembre 2018 08:24:47

Journée internationale de l’enfance

Quand l’enfance va, tout va. Car c’est autour d’elle que se construit le monde. Ce même monde qui sera ce que l’enfant sera.

PUBLIE LE : 01-06-2013 | 0:00
D.R

Toute la solicitude voulue…

Quand l’enfance va, tout va. Car c’est autour d’elle que se construit le monde. Ce même monde qui sera ce que l’enfant sera. Raison de plus pour tout mettre en œuvre pour que cette frange si vulnérable ne tombe point entre les griffes de n’importe quel malfrat… Et l’Algérie qui en a pris conscience depuis déjà un bon bout de temps continue, sans coup férir, à concilier deux grandes batailles qui valent le coup d’être menées : l’une préventive et l’autre répressive…

Comme il est de tradition chaque 1er juin est consacré journée internationale de l’Enfance. L’enfance ? Comment ne point en parler sans émotion, chacun portant la sienne quelque part. Avec ses blessures parfois mais surtout cette innocence et cette insouciance qui égaient notre vietoute la candeur juvénile qui réapparaît sur le tard, malgré le poids des ans. Car au fond en chacun de nous sommeille un enfant. Et c’est souvent lorsqu’on n’est plus enfant, qu’on assume d’autres responsabilités réputées liées à l’adulte qu’on se retrouve pris de regrets de voir le temps filer si vite entre nos doigts… Au vrai, l’enfance devrait se fêter tous les jours que Dieu fait parce qu’elle égaie notre vie et illumine, partant, bien des destinées. Qu’il soit sage ou turbulent, coquin ou déluré, l’enfant a d’abord besoin de protection et de chaleur affective. Dans les pays musulmans, surtout, l’enfant est roi car il fait partie intégrante de notre chair, mieux il est notre chair. L’Algérie sur ce plan n’épargne aucun effort matériel, moral et financier pour mieux servir l’enfant et l’entourer de toute la sollicitude voulue. Que ce soit à l’approche des grandes fêtes ou même hors ce cadre, les enfants font l’objet de moult attentions souvent traduites pour la plupart dans les textes. Et si les institutions internationales en charge de la problématique enfantine voient en l’Algérie un pays fort soucieux du statut de ses enfants, c’est que ces mêmes institutions ont eu tout le loisir de constater de visu tout l’arsenal déployé en faveur de la protection de cette frange pas tout à fait comme les autres. Ainsi, si l’on venait à interroger un organisme tel l’Unicef, sans doute le mieux placé pour jauger et mesurer les efforts de chaque pays en ce sens, cette première agence donc, présente en Algérie depuis l’indépendance pour rappel, dresse un constat autant réaliste que flatteur : « Des progrès remarquables réalisés par l’Algérie en matière d’accès à l’éducation et à la santé ». Est-il besoin de rappeler à cet effet que dès l’indépendance, une des premières décisions du Président Ben Bella a été qu’il n’y ait plus de petits cireurs, suivi par le président Boumediène qui lui a décrété et la gratuité de l’enseignement pour tous et l’accès gratuit aux soins. Par ailleurs il n’est pas non plus inutile de rappeler au bon souvenir des uns et des autres parmi notamment ceux qui ont la critique facile n’est-ce pas que « 30% du PNB sont consacrés aux investissements sociaux depuis l’indépendance ». Voilà qui devrait se passer de tout commentaire, tant pratiquement les pays réalisant une telle performance de par le monde se comptent sur les doigts d’une seule main… Nonobstant « tous les investissements structurels significatifs » lesquels démontrent et illustrent on ne peut mieux ce souci constant des pouvoirs publics de remplir un contrat moral envers les enfants. Et pour mieux peaufiner la démarche, force est d’admettre que le législateur algérien a élaboré quasiment tous les garde-fous nécessaires à l’effet de prémunir notamment ce que les spécialistes appellent la petite enfance contre toute atteinte à leur intégrité physique et morale. A cet égard, la minorité tentée par les enlèvements d’enfants a tôt fait de déchanter face à la rigueur de la loi et de facto à la détermination des pouvoirs publics à mener une lutte implacable contre tous les pervers et autres bourreaux patentés d’enfants. Au demeurant, l’organisation onusienne, toujours par la bouche de son représentant en Algérie, s’est félicitée « de l’arsenal juridique exhaustif comptant très peu d’aspects lacunaires » existant chez nous. A titre illustratif le dernier procès portant enlèvement d’enfants qui s’est déroulé au tribunal d’Alger constitue de par la lourdeur des peines infligées aux auteurs d’un pareil forfait un exemple fort à propos quant à l’impérieuse nécessité que force, encore une fois, doit rester à la loi.
Laquelle à toutes fins utiles est générale, neutre et impersonnelle.
Et a fortiori lorsqu’il s’agit de l’atteinte à l’intégrité de cette frange particulièrement vulnérable et donc à la merci de tous les pervers qui savent désormais à quoi s’en tenir si l’envie de recommencer venait à titiller leur petite cervelle… Bien entendu toutes les institutions de la République et notamment pour la partie qui les concerne, les deux chambres du Parlement, ne feront pas non plus dans la dentelle pour adopter incessamment un autre texte de loi dont la vocation première est de renforcer au mieux le dispositif en vigueur tout en réfléchissant sur les voies et moyens idoines à même, avant son adoption définitive de ne point omettre le moindre détail quant à l’arsenal préventif et répressif. Mais dans le même temps, les parents et l’école partenaires des pouvoirs publics sont voués à « une gestion de proximité » de leurs enfants. Il nous est arrivé, dans cette veine maintes fois de constater de visu des enfants pas plus grands que trois pommes abandonnés aux abords des écoles sinon lâchés carrément dans la nature avec tout ce que cela suppose et induit comme réels dangers. D’autant plus et il y a hélas consensus là-dessus, il est quasiment impossible de dresser des portraits robot de kidnappeurs d’enfants tant ces derniers peuvent se fondre et se confondre avec n’importe quel quidam, sinon le fameux Monsieur tout le monde… Car si aujourd’hui il y a eu tout de même sur le registre de la protection de l’enfance « des batailles gagnées », il reste encore quoiqu’on dise  « quelques  défis à relever ».
Au demeurant et à en croire la source onusienne à l’origine de cette étude consacrée à la scolarisation précoce des enfants et ses bienfaits « s’il est scolarisé dès 3 ans, il a plus de chance d’aller plus loin dans ses études ». Enfin recommande instamment cette instance  « il n’y a pas lieu de verser non plus dans un alarmisme de mauvais aloi ». Et pour ce qui a trait du phénomène en Algérie force est de reconnaître que « selon les statistiques de la DGSN,  le constat est « plutôt rassurant ». Ce qui est tout à l’honneur de toutes les instances et autres institutions résolument engagées dans la protection de l’enfance depuis des lustres….
A. Zentar


Mme Souad Bendjaballah : “Donner les meilleures chances à l’enfant”

La ministre de la Solidarité nationale et de la Famille, Mme Souad Bendjaballah a plaidé, jeudi dernier, pour la libération des enfants du travail dans des conditions dangereuses. « L’accès à une éducation de base de qualité est un élément crucial des efforts à déployer pour  donner les meilleures chances à l’enfance », a déclaré Mme Bendjaballah. Intervenant lors d’une conférence de presse, qu’elle a animée, jeudi, au siège de son département, à l’occasion de la journée internationale de l’enfance, la ministre de la Solidarité a souligné qu’« un grand nombre d'enfants sont impliqués dans le travail domestique, rémunéré ou non ». « Ces enfants sont particulièrement vulnérables à l'exploitation, ils peuvent se trouver isolés et travailler loin du foyer familial », dit-elle, « les mauvais traitements infligés aux enfants dans le travail domestique sont beaucoup trop courants ». Par ailleurs, elle a indiqué que les faits de violence enregistrés ces derniers mois en Algérie, notamment les kidnappings et les viols d’enfants, « relèvent une grave atteinte aux droits de l’enfant » . La psychose collective induite par ces évènements, selon elle, « milite en faveur de la mise en place de mesures concrètes et réalistes aptes à renforcer le travail de l’ensemble des acteurs impliqués dans ce processus de prévention de la violence et de protection des enfants contre toutes formes de maltraitance et d’exploitation ». Dans ce sillage, la première responsable du ministère de la Solidarité, a souligné qu’une journée d’étude sera organisée le 13 juin prochain, au centre pour insuffisants respiratoires de Tlemcen et ce, avec l’appui de l’UNICEF, sur la protection contre la violence exercée à l’égard des enfants : elle répond ainsi aux impératifs de « faire connaître aux professionnels les notions clés en matière de prise en charge des enfants victimes de violence et de leur protection » et de « familiariser les professionnels avec les principes de la convention internationale des droits de l’enfant et la législation et la réglementation algérienne y afférent ». Par ailleurs, un riche programme est tracé par le département de Souad Bendjaballah, à l’occasion de la commémoration de la journée internationale de l’Enfance, à savoir l’opération « camps verts » au profit de 20 mineurs, âgés entre 12 et 16 ans, en difficulté sociales pour les wilayas d’Alger et Tipasa. Il y a lieu de noter que ces jeunes seront encadrés par des psychologues, des éducateurs spécialisés, des médecins et des animateurs.
Sihem Oubraham


Entretien avec M. Abdelkrim Abidat, Président de la Fédération Algérienne de Sauvegarde de la Jeunesse
“Inculquer à l’enfant les mécanismes d’auto-défense est une urgence”

L’année 2013 a connu plusieurs cas d’enlèvement d’enfants, certains d’entre-eux ont même payé fort le prix de leur innocence. Le mouvement associatif que vous représentez a tiré la sonnette d’alarme. Quelles sont les actions entreprises par votre fédération pour que cesse ces atteintes aux droits les plus élémentaires de l’enfant qu’est celui à une vie décente ?
Les kidnappings et les actes de pédophilie  sont étrangers à notre société certes, toutefois, l’on constate,  ces dernières années, de plus en plus d’enfants enlevés, victimes d’abus sexuels et qui  subissent carrément les pires atrocités, suivies parfois de crimes crapuleux sur des êtres fragiles et sans défense. Tout le monde se pose la question  qui est derrière ces cas d’enlèvement ou de pédophilie. Notre expérience sur le terrain qui nous permet d’être en contact permanent avec toutes les franges de la société ; enfants, adolescents ainsi que leurs familles nous laisse dire sans  hésitation que l’auteur de ces actes n’a pas de profil stéréotypé.  Les psycho-bus, au nombre de quatre, que nous avons lancés avec les services de la DGSN en janvier dernier, dans le cadre de l’année algérienne de prévention de proximité, en milieu urbain et scolaire, se poursuivra tout au long de l’année 2013. Les quatre psycho-bus  mobilisés, dotés de psychologues, sociologues et d’éducateurs ont joué un rôle important en termes d’écoute. Il y avait des personnes adolescents et enfants en danger moral qui voulaient s’extérioriser, s’informer. Ces psycho-bus qui ont sillonné presque  toutes les villes du pays nous ont permis de dresser une carte psychologique des auteurs d’enlèvement d’enfants ou de pédophile qui sont très rusés, avec une capacité de communication extraordinaire pour attirer leurs proies. Nous avons essayé  de faire un  portrait robot de ces psychopathes, souvent animés par la vengeance ou sont des obsédés sexuels, attirés par une certaine catégorie, dont l’âge varie entre 6 et 13 ans. Ils ont un comportement particulier et peuvent devenir des criminels  potentiels en une fraction de seconde. Ces  derniers aiment voir leurs victimes souffrir et pour cela, ils  abusent de l’enfant.  Notre étude sur le terrain va plus loin et fait ressortir que   ces  déséquilibrés mentaux préfèrent les lieux isolés, les écoles. Pour opérer ou plutôt entraîner les enfants, ils essaient de créer un climat de confiance entre eux et la victime. Nos actions ne s’arrêtent pas là, en plus, nous avons aussi misé sur le Samu scolaire  et notre centre de prévention et de psychothérapie ainsi que les quatre cellules mobiles d’alerte et d’intervention rapide.

Justement la Fédération Nationale de Sauvegarde de la Jeunesse, que vous présidez, a mis en œuvre un autre dispositif, depuis le début de l’année dans le cadre de la lutte contre les enlèvements d’enfants, en quoi consiste cette action ?
Il s’agit de  quatre bus ; des J5, aménagés et dotés de psychologues et d’éducateurs qui font des tournées autours des écoles, des jardins publics, des aires de jeux, des cités et des quartiers. Sur ces mêmes véhicules figure des numéros de téléphone, quatre lignes fixes et un mobile, à contacter pour donner l’alerte. Nous avons fait des simulations aux niveaux des écoles primaires. Le procédé est simple : nous introduisons une personne, nous demandons à l’enfant de la regarder, une fois sortie, nous demandons à l’enfant de faire une description de cette dernière et on arrive ainsi à dessiner un portrait robot de kidnappeurs. Les services de sécurité sont informés. Nous avons aussi, appris à l’enfant de se défendre à travers un message simple qui est un cri de détresse. Ennajda amou, deux mots qui suffisent pour nous dire qu’il y a urgence d’intervenir. Nous avons tenu à lui inculquer des réflexes psychologiques pour se prendre en charge. Dans le même cadre, nous avons  initié des guides parentaux qui se veulent être une prise de conscience pour ne pas pousser l’enfant à sortir seul, notamment le soir, se montrer plus souvent à l’école. L’autorité paternelle est quasiment absente et ce sont les femmes dans 99%  des cas qui viennent s’enquérir du niveau de leurs enfants. Cette expérience est lancée au niveau de l’Algérois, mais va être généralisée, dès septembre prochain à toutes les wilayas. Notre expérience présentée, il y a trois mois à Dreux, à Paris, n’est pas passée inaperçue, elle a été même saluée.
 
Les  associations ont-elles joué aujourd’hui, le jeu pour freiner le phénomène des kidnappings ?
Il existe actuellement 58.000 associations locales et 1500 autres à caractère national, la volonté existe, le bénévolat aussi mais des associations qui s’intéressent véritablement aux problèmes de l’enfance et des jeunes sont rares. Le professionnalisme fait défaut, exception pour certaines. Notre fédération jouit d’un capital expérience de 23 ans en termes de prise en charge des problèmes de l’enfance et de la jeunesse. Aller vers le professionnalisme est plus que nécessaire. Il est capital aussi de se fixer des champs d’activités, apprendre à monter des projets et de se spécialiser. Notre force réside dans le choix de la DGSN, comme partenaire. Le comble, c’est que certaines associations ont dévié de leur trajectoire et se sont reconverties en partis politiques, alors que faire, le social est censé être un choix, avant tout.
 
Les pouvoirs publics envisagent de mettre en place prochainement un dispositif  qui se traduira par l’institution d’un fichier national des kidnappeurs et pédophiles ainsi que l’alerte donnée par les services de sécurité et les représentants de la société civile.  Quelle appréciation faites-vous de ces premières mesures que compte adopter le gouvernement ?

Ce serait  difficile d’établir un fichier national pour ces psychopathes qui n’ont pas de profil spécifique. Aujourd’hui, il est important, voire urgent d’apprendre à l’enfant l’auto-défense par des moyens et des comportements simples. Il  faut dire aussi que  les parents sont démissionnaires. Il est inconcevable de demander à  un enfant de six ans, de sortir la poubelle à 21h ou l’envoyer acheter un paquet de cigarettes pour le père ou le frère. Même le système éducatif ne joue pas le jeu. Les enseignants autrefois consacraient le 1er quart d’heure des séances à la morale, ce qui n’existe plus de nos jours. Le civisme est  secondaire. Etrange paradoxe, l’enfant est même mis dehors, après  17h, lui demandant d’attendre à l’extérieur que ces parents viennent le récupérer. Ainsi le pédophile trouve la faille.  Il faut coordonner les efforts pour éradiquer ce fléau. Le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales nous a conviés avec d’autres associations, après l’enlèvement des deux enfants de Constantine, découverts assassinés par la suite. Cette réunion de travail avait pour objectif de mettre en place un dispositif d’alerte permanent. Ce conclave nous a permis ainsi de présenter notre vision et surtout notre plan d’actions pour lutter contre ce phénomène. Nous restons persuadés que seul l’investissement dans la victime, c'est-à-dire l’enfant est susceptible de dissuader des psychopathes. Chercher à dresser un portrait du kidnappeur ne servirait à rien, d’où l’intérêt de favoriser les mécanismes de se prendre en charge chez l’enfant plutôt que d’opter pour l’abstrait.  
 
Un dernier mot M. Abidat ?
Les enfants sont nés pour être heureux. Il faut que chacun de nous œuvre pour leur procurer sécurité, et épanouissement. L’Algérie a ratifié la convention internationale des droits de l’enfant. Nous devons tous veiller à ce que ces droits deviennent réalité.
    Entretien réalisé par Samia D.


“Le projet de loi relatif à la protection de l’enfance  bientôt soumis  au Parlement”
Représentants de différents départements ministériels, présidents d’associations pour la protection des enfants, députés, ainsi que des officiers des services de sécurité étaient tous  présents jeudi dernier à la journée parlementaires organisée à l’occasion de la journée international de l’Enfance en partenariat ave l’UNICEF. Tous ont accueilli cet événement  en se lançant de nouveaux défis qui s'inscrivent dans la lutte quotidienne pour la préservation des droits des enfants  dans tous leurs aspects. Le thème principal débattu lors de cette rencontre s’est articulé autour de la meilleure  manière d’accompagner des enfants en danger moral et physique.  Au cours des  deux dernières années  les enlèvements, séquestrations, assassinats, viols, violences physiques et morales sont devenus les phénomènes  qui touchent cette catégorie fragile de la société. Lors de son intervention, le président du réseau NADA, M. Abderrahmane Araar, a annoncé que le projet de loi relatif à la protection de l’enfance contre les dangers moraux se trouve actuellement au niveau du Premier ministère en prévision de sa soumission au Parlement. Ce texte a pour objectif de "renforcer la protection juridique des enfants contre les dangers moraux dans la société». Le réseau Nada plaide, par ailleurs, pour l'urgence de l’installation d’un observatoire national pour la protection des enfants et renforcer les structures d’accueil pour les enfants en danger moral. M. Araar fait un   constat qui fait ressortir que tous les mécanismes de protection existants sont aujourd'hui dans l'incapacité de répondre aux besoins spécifiques de cette population, notamment en matière d'écoute, et d'accompagnement juridique et psychologique et de protection sociale. Et pour ce faire, le réseau Nada plaide pour l'accélération de l'installation d'un délégué de l'enfant qui portera la voix des enfants auprès des pouvoirs publics dont la mission serait de "recenser les violations commises à l’encontre des enfants dans la société et de les dénoncer auprès des autorités concernées". Le réseau appelle par ailleurs au durcissement des peines à l’encontre des personnes qui commettent des agressions contre des enfants et ce à travers l’élaboration de l’avant-projet de loi, amendant le code pénal à travers son renforcement "par des articles répressifs pour sanctionner tout auteur d’enlèvement, d’agression ou d’exploitation des enfants à des fins de mendicité, d’emploi illégal ou d’ordre sexuel". M. Araar a fait savoir à ce propos, que le réseau Nada avait présenté des propositions à la commission sectorielle commune en charge de la protection de l’enfance installée récemment. Le président du réseau NADA a aussi révélé que 16.000 appels téléphoniques sur le numéro vert ont été enregistrés entre 2012 et mai 2013. Les autres participants ont, par ailleurs attiré l’attention sur les violations qui menacent les acquis en matière de protection de l’enfance depuis 1962.    
Farida Larbi


Projet de loi sur le rapt
Les juristes livrent leurs propositions

On ne pouvait évoquer cette Journée internationale de l’enfance sans se remémorer ces âmes innocentes victimes de la bestialité et de la cruauté des adultes. Chaïma, Haroun, Youcef, Yacine... de jeunes enfants candides et purs qui avaient subi des tortures corporelles et sexuelles ayant entraîné leur mort. Ce premier juin doit être une opportunité pour se recueillir à leur mémoire, mais aussi pour se mobiliser plus que jamais afin de circonscrire ces vils comportement envers les enfants. Les autorités publiques ont mis en place de nouvelles mesures préventives s’articulant autour de la sensibilisation, la prévention et le traitement judiciaire ferme et rapide contre les auteurs de ces crimes. Un projet de loi est, par ailleurs, en gestation afin de revoir certaines dispositions du code pénal, notamment le durcissement des peines à l’égard des auteurs de ces crimes allant jusqu'à l’application de la peine de mort. Qu’en pensent les juristes et hommes de loi ? Quelles sont leurs propositions quant au contenu de cette nouvelle loi ?

Me Ksentini : « L’excuse atténuante doit être supprimée »

Président de la Commission nationale de promotion et de protection des droits de l'homme (CNPPDH), et avocat, Me Farouk Ksentini estime que «les lois de circonstances adoptées sous la pression de l’opinion publique par suite de faits divers dramatiques ne sont pas toujours les meilleures, et se heurtent à la préemption selon laquelle la loi nouvelle est considérée comme préférable à la loi qu’elle remplace ou qu’elle modifie». Le président de la CNPPDH reconnaît toutefois que «les dispositions 291, 292, 293, 293 bis et 294 du code pénal relatives au rapt sont insuffisantes et doivent être révisées». «Surtout qu’elles ne visent pas expressément l’enlèvement et la séquestration des mineurs, ce crime devant être, à mon sens, réprimé avec la circonstance aggravante tirée de l’âge de la victime, mais également de son sexe et de son état de santé. Étant, bien évidemment entendu, qu’il est plus grave d’enlever et de séquestrer un enfant mineur une femme ou un handicapé physique, personnes qui relèvent d’une catégorie plus fragile et dont la protection doit être mieux assurée et mieux garantie par la loi elle-même», affirme Me Ksentini. L’avocat considère qu’«il est nécessaire de supprimer l’excuse atténuante des articles 52 et 294 du code pénal, en vertu de laquelle la peine encourue est correctionnalisée si la séquestration cesse moins de 10 jours accomplis, alors qu’aucune poursuite pénale n’est encore exercée, et ramenée de 5 à 10 de réclusion criminelle si la séquestration cesse plus de 10 jours accomplis depuis l’enlèvement alors que des poursuites ont été déjà exercées, et ce même si l’enlèvement est accompagné de tortures corporelles ou s’il avait pour but le payement d’une rançon». Le président de la CNPPDH se prononce pour «la condamnation à la  peine capitale de façon exceptionnelle» à l'encontre des kidnappeurs et tueurs d'enfants. «Je suis pour l'abolition de la peine de mort, sauf dans certains crimes tels que les enlèvements d'enfant suivis d'assassinats. Elle doit être prononcée à leur encontre de façon exceptionnelle», plaide l’avocat. Il soutient, toutefois, que «le juge est la seule personne habilitée à décider d'infliger cette sanction capitale, tout en insistant sur la nécessité de respecter la présomption d'innocence des suspects jusqu'à leur condamnation définitive. Et que la question de la peine de mort ne peut être laissée à l'opinion publique, car il revient à la justice, et à elle seule, de décider de son application ou pas».

“Il faut porter la sanction à son maximum”estime Me Nadia Aït-Zaï

L’avocate et présidente du Centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme (CIDDEF), Me Nadia Aït-Zaï, estime que ce «n’est certainement pas la loi actuelle qui encourage ce phénomène. La loi pénale est rigide, elle est dissuasive, et tout individu sait qu’en commettant une infraction de quelque nature qu’elle soit est sanctionné. Il faut par contre donner le maximum de la peine incompressible, pour donner l’exemple dans ce genre de cas. Lorsque l’on a voulu sanctionner les voleurs de téléphone portable d’une peine de trois ans, la mesure a été appliquée par tous les magistrats. Il faut en faire autant avec les auteurs d’enlèvements d’enfant ou agresseurs d’enfant. Donner le maximum de la peine, soit 20 ans, et pourquoi pas modifier la loi et porter la sanction à trente ans de réclusion criminelle». La loi prévoit en effet, dans son article 293 (loi n°06623 du 20-12-2006) du code pénal que «quiconque, par violence, menace ou fraude, enlève ou fait enlever une personne, quel que soit son âge, est puni de la réclusion criminelle de 10 à 20 ans». «Dans ce cas, il suffit d’appliquer la loi dans toute sa rigueur lorsque l’auteur sera arrêté, il ne devra pas bénéficier de réduction de peine pour bonne conduite», estime maître Aït-Zaï. Pour elle, «il ne faut pas se taire ou se dire, cela n’existe pas chez nous, ou alors c’est une fugue. Il faut casser le tabou du silence et mettre en place un mécanisme d’alerte d’enlèvement d’enfants.
La loi devra le prévoir et faire en sorte que les médias, c’est-à-dire la télévision, relayent l’information dès que la police est saisie d’une plainte ou d’un signalement, le tout coordonné par le procureur de la République. Ce mécanisme existe au Canada et en France, il faut s’en inspirer. Et ceci est de la responsabilité des pouvoirs publics assurant la sécurité des personnes». Toutes les propositions relatives a l’enrichissement de ce projet de loi doivent d’abord être soumises à une commission composée de plusieurs institutions de l’État qui statuera et tranchera, la loi sera ensuite examiné en Conseil des ministres et fera ensuite l’objet d’un débat parlementaire. Ainsi, l’avant-projet de loi doit constituer une protection judiciaire et sociale de l’enfant. Rappelons que 204 cas d’enlèvement d’enfants ou de détournement de mineurs, dont 170 filles, ont été enregistrés par les services de la Sûreté nationale en 2012, contre 221 cas, dont 169 filles en 2011. Le premier trimestre 2013, les services de la police ont recensé près de 30 cas d’enlèvement dont 4 se sont soldés par un meurtre. Le premier mobile de ces rapts demeure l’agression sexuelle. Ils sont commis par des homosexuels, des repris de justice. Et dans de rares cas, ces enlèvements sont motivés par un litige familial, une vengeance, un règlement de compte ou une demande de rançon. Les cas d’enlèvement ont été résolus par les services de sécurité en un temps record, à hauteur de 90%.
Farida Larbi
 


Système « alerte enlèvement »
Bientôt la fin du calvaire ?

Devant l’ampleur qu’il a pris l’année dernière et l’état de psychose qui s’est installé dans les foyers algériens, le phénomène des enlèvements des enfants en Algérie est-il sur le point d’être neutralisé ? L’espoir est malgré tout permis en cette Journée internationale de l’enfance.

Le kidnapping
Une volonté réelle existe, en tout cas, au niveau du gouvernement qui prépare de nouveaux mécanismes dont le nœud gordien consiste en la mise en place d’un système dit «Alerte enlèvement» qui repose essentiellement sur la célérité de la réponse aux kidnappings. À plus forte raison lorsqu’on sait que les premières heures suivant l’enlèvement sont très importantes en vue de porter secours aux victimes. «C’est le moment qui pourrait être fatal, mais aussi idéal pour élucider l’affaire», soutiennent les spécialistes des services de sécurité. Le système d’alerte des enlèvements est appelé justement à décourager les auteurs des kidnappings à aller loin dans leur sale besogne et à commettre l’irréparable. Comment y parvenir ? Tout simplement par la chasse à l’homme que ce système déclenchera automatiquement lorsqu’il y a constat avéré de rapt d’enfant et dont le maître mot dans cette chaîne est la coordination entre différentes parties jusqu’à la mise hors d’état de nuire des malfaiteurs. Coordination d’abord entre les différents services de sécurité dans les opérations de recherche. Ensuite, coordination dans la communication, le but au bout étant de sauvegarder les vies humaines, pas de constater d’éventuels crimes. Et parce que l’ancien système a montré, de l’aveu des spécialistes, ses limites, d’aucuns s’interrogent sans doute sur les nouveautés qu’apporterait l’alerte enlèvement. Les spécialistes estiment qu’elles sont multiples. On peut citer la diffusion, peu de temps après l’alerte, de la photo de l’auteur du rapt dans les journaux et la télévision, sur le net, dans les mosquées et même sur les places publiques (gares, aéroports… ), pour toucher le maximum de la population et resserrer par la même occasion l’étau sur les kidnappeurs. Si les services de sécurité ne possèdent pas de photos, ils peuvent se rabattre sur les portraits-robots qui seront diffusés un peu partout. Des appels à témoin sont prévus pour inciter les citoyens ayant des informations à ce sujet à dénoncer les auteurs et sauver les victimes.
La radio et la télévision auront, à ce titre, un rôle très important pour informer les gens, tandis que les opérateurs de téléphonie mobile et fixe ne seront pas en reste du fait que le système d’alerte sera accessible de n’importe quel numéro. Au final, tout le monde doit être concerné. Services de sécurité, médias, écoles, TIC… Le système «Alerte enlèvement» ratisse large et impliquera a priori toutes les franges de la société. Mais attention, toutefois. L’alerte enlèvement ne sera pas pour autant déclenchée à tout bout de champ ! Elle ne le sera que lorsque les services de sécurité seront assurés qu’il y a bel et bien kidnapping.                
                                                                      
Le fichier national des délinquants sexuels, un précieux support
L’autre projet, et il est de taille, que compte finaliser le gouvernement dans les plus brefs délais, a trait à la mise en place d’un fichier national des délinquants sexuels dans lequel sont répertoriés les individus auteurs d’agressions sexuelles, notamment sur les enfants. Un tel outil ne devra normalement que faciliter davantage le travail des services de sécurité devant l’augmentation d’année en année des cas liés aux abus sexuels dont sont victimes les enfants. À ce titre, les services de la Sûreté nationale ont enregistré, en 2012, plus de 1.730 affaires et relevé, en 10 ans, une dizaine d’enlèvements d’enfants suivis d’abus sexuels.
Dans cette banque de données criminelles, toutes les informations sur l'identité des auteurs de délits et crimes sexuels avérés et condamnés par la justice seront disponibles. Ce fichier constitue, à coup sûr, un précieux support pour les enquêteurs.
SAM

Des statistiques alarmantes
80% des enlèvements des enfants en Algérie connaissent une issue heureuse et les victimes sont libérées saines et sauves. C’est un fait que les statistiques officielles attestent, mais ceci n’occulte pas le fait que le phénomène a pris des proportions alarmantes, ces dernières années. D’où l’urgence, soutiennent les experts, d’accélérer le processus de la mise en place du très attendu système d’alerte des enlèvements qui devra mettre un frein aux rapts. En 2012, les services de la Sûreté nationale ont enregistré 204 affaires de kidnapping d’enfants, alors qu’en 2011, les chiffres faisaient état de 221 enlèvements. Lors de la dernière décennie (2003-2013), la police a constaté 11 enlèvements d’enfants qui ont subi des viols avant d’être lâchement assassinés. Les enquêtes ont démontré, par ailleurs, que dans la quasi-majorité des cas, les auteurs des rapts ne sont pas loin de l’entourage des enfants enlevés, alors que le mobile de cet acte a souvent été la vengeance. Pour cette année 2013, on compte trois cas de kidnapping d’enfants pendant que les services de la Gendarmerie nationale ont reçu 25 plaintes liées aux enlèvements de mineur. Sept d’entre elles concernent des tentatives d'enlèvement, dont deux constatées à Oran et une à El-Tarf, Aïn Témouchent, Saïda, Alger et Boumerdès. En revanche, 15 cas présumés d'enlèvement se sont avérés de fausses alertes dans la mesure où les enquêtes ont révélé qu'il s'agissait de détournement de mineurs ou de fugues.
SAM

Retentissement psychologique des abus sexuels
Il faut apprendre à aimer la vie pour continuer

Manque d'affection familiale, violence et maltraitance au sein des foyers familiaux, désintégration des liens sociaux et inceste sont les effets les plus destructeurs qui peuvent nuire à la santé et au bien-être de l'enfant.

Cette petite créature peut être victime de plusieurs formes de maltraitance. Elle peut être frappée, giflée, humiliée, exploitée ou agressée physiquement ou sexuellement au sein de la famille ou en dehors. En Algérie, plus de 10.000 enfants sont victimes d'abus sexuels chaque année.
Selon le Dr Mahiddine Samira, pédopsychiatre à l'unité adolescence de l'EHS Mahfoud-Boucebci, à Chéraga, la question des abus sexuels en général et de l'inceste précisément a pris, ces dernières années, des dimensions assez importantes. «Ce problème est difficile à aborder vu le silence qui l'entoure pour différentes raisons», a indiqué le Dr Mahiddine, ajoutant que l'abus sexuel constitue un traumatisme qui ne peut aller sans laisser des traces dans la vie de la victime, entraînant des conséquences diverses qui engendrent des difficultés dans l'adaptation psychologique, sexuelle, relationnelle et sociale.
Le pédopsychiatre citera, parmi les effets qui affectent de manière directe la personne abusée, les conséquences psychologiques au premier plan. D'après la spécialiste, l'inceste ou la pédophilie, qui sont définis comme des perversions sexuelles assez complexes, dont l'ampleur, la nature et la gravité sont autant méconnues que le silence qui les entoure, sont en premier lieu un déni de la différence de génération entre la victime et son abuseur, et une atteinte au lien symbolique de parenté, qui n'est autorisé dans aucune civilisation où la coutume, la morale, la loi autoriseraient l'inceste.  «De nombreuses études réalisées, particulièrement dans le domaine de la psychologie, ont pu jouer un rôle important dans la révélation et l'explication des traumatismes sexuels, notamment les abus sexuels et surtout l'inceste», a-t-elle souligné.
En effet, les actes incestueux ou de pédophilie peuvent entraîner des conséquences diverses à court et à long terme. Pour le Dr Mahiddine, certaines conséquences sont limitées, affectant la victime elle-même et peuvent se traduire par différents symptômes semblables à ceux d'un état de stress post-traumatique tels que les cauchemars, trouble du sommeil, etc.
D’autres illimitées affectent plus largement la victime et son entourage (relations interpersonnelles perturbées et isolement social).
Ces conséquences peuvent se révéler immédiatement, comme elles peuvent rester latentes et n'apparaître qu'ultérieurement à l’âge adulte, sans que l'on puisse prévenir ni la gravité ni l'évolution clinique.
À ce propos, la spécialiste a mis l’accent sur la nécessité de prendre en charge de manière précoce les victimes des abus sexuels pour éviter les conséquences plus graves et difficiles à réparer qui peuvent aller de l'état dépressif jusqu'aux tentatives de suicide.
Pour le Dr Mahiddine, la guérison est possible. Elle demande du temps, une thérapie adéquate et repose, notamment, sur la volonté de la personne qui souffre dans la plupart des cas en silence. Pour guérir, il faut apprendre à aimer la vie et à cesser d'être victime.
Kamelia H.

Village SOS enfants
Les footballeurs de l’USM Alger, invités aujourd’hui à Draria

La Ligue d’Alger de volley-ball   organise, en partenariat avec la DJSL/wilaya d’Alger, et avec le concours de Vita Jus, Ital Crem et Erke, les festivités marquant la Journée mondiale de l’enfance par un grand tournoi de mini-volley, aujourd’hui samedi 1er juin 2013, entre 10h30 et  16h30, à l’intérieur du Village SOS enfants de Draria, Alger.
Cette opération regroupera l’ensemble des clubs de la wilaya d’Alger en garçon et filles âges entre 8 et 12ans, et des équipes du Village SOS enfants.
Les organisateurs ont transmis une invitation a la formation de football de l’USM Alger, détentrice de la coupe d’Algérie et de la coupe arabe des clubs, ainsi que les équipes de volley du GS Pétroliers garçons champion d'Algérie 2013 et  les filles vainqueurs de la coupe d’Algérie  2013,  pour présenter les trophées aux enfants du village à partir de 15h30     
 

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