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Syndicats autonomes : Au service d’une corporation

Le champ syndical, jadis dominé par la seule UGTA, s’est élargi depuis la promulgation de la Constitution de 1989 qui a instauré le pluralisme syndical.

PUBLIE LE : 19-05-2013 | 0:00

Le champ syndical, jadis dominé par la seule UGTA, s’est élargi depuis la promulgation de la Constitution de 1989 qui a instauré le pluralisme syndical.
Depuis, les syndicats autonomes, de plus en plus nombreux, poussent comme des champignons. En 2004, ils étaient déjà cinquante-trois à activer dans le secteur de la Fonction publique et le secteur économique public. Ces syndicats  sont nés  dans le cadre des lois 90-14 et 90-02 issues de la Constitution de 1989. Ils ont, du moins pour les plus actifs d’entre eux,  pour sigle CLA (Conseil des lycées d’Algérie), SNAPAP (Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique), Snapest (Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique), SATEF (Syndicat autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation), CNAPEST (Conseil national  autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique), SNTE (Syndicat national des travailleurs de l'éducation), Unpef (l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation), CNES (Conseil national des enseignants du supérieur), SNPSP (Syndicat national des praticiens de santé publique), SNPSSP (Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique), Sap (Syndicat algérien des paramédicaux), Sapml (Syndicat algérien des paramédicaux libres), SNMASM (Syndicat national des maîtres assistants en sciences médicales) ; il y a aussi le Syndicat autonome des postiers, le Syndicat de Sonelgaz et le Syndicat des pilotes de ligne algériens (SPLA)... Mais la liste est loin d’être exhaustive. Des syndicats qui ont la particularité de représenter  une corporation : fonctionnaires de l’administration, enseignants, médecins, pilotes, officiers de la marine marchande, techniciens de la maintenance aérienne, contrôleurs de la navigation aérienne, comptables, inspecteurs du travail, inspecteurs des impôts, contrôleurs des prix... ce qui explique la facilité avec laquelle ils décident et organisent leurs mouvements de protestation cycliques. La preuve vient d’être donnée hier par les pilotes de ligne d’Air Algérie. Ils sont devenus le vecteur des revendications de leurs corporations respectives. On est loin de la doctrine de l’UGTA. Si ces syndicats agréés négocient avec les tutelles respectives les plates-formes de revendications exprimées, notamment d’ordre salarial et statutaire, il n’en demeure pas moins qu’aucun d’eux n’a encore accédé au statut de partenaire social. En fait, selon des analystes, si les syndicats autonomes peinent encore à être reconnus en tant que partenaire social, c’est en raison de leur dimension corporatiste et de leur «émiettement». Aucun d’eux n’a une envergure nationale. Une réalité dont les responsables de ces syndicats autonomes sont conscients. «On est en train de s’organiser entre syndicats afin de sortir du cadre des syndicats de corporation, d’essayer de toucher à tous les travailleurs de tous les secteurs. Notamment le secteur économique qui doit avoir ses propres syndicats autonomes», a déclaré Rachid Malaoui, président du SNAPAP. En fait, pour certains, les syndicats autonomes perçoivent le syndicalisme comme le moyen d’arracher des augmentations salariales uniquement. Toutes leurs revendications sont centrées sur ce volet, et une fois l’augmentation obtenue, ils se mettent en veilleuse jusqu’au prochain préavis de grève en vue d’une énième revalorisation du dernier salaire, revalorisé parfois six mois auparavant. Mais à force de ne  revendiquer que  des hausses salariales, ces syndicats ont perdu leur crédibilité auprès de l’opinion publique. Pour preuve, la réaction des citoyens à l’égard des syndicats du secteur de la santé ou encore de ceux de l’éducation qui n’hésitent plus à prendre en otage les malades et les  élèves des différents paliers pour accentuer la pression sur la tutelle et l’obliger ainsi à céder. Peu importe les préjudices causés. Ce qui compte pour eux, c’est que leurs exigences pécuniaires soient satisfaites.
Nadia Kerraz

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