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Exposition, « Maqamate » de Rachid Koraichi à Dar Abdellatif : L’art aux sources de la création

L’art plastique dans son expression la plus sublimée de la spiritualité a élu domicile depuis jeudi dernier, et ce jusqu’au 13 juin prochain, dans le splendide espace architectural datant de la période ottomane de la villa Abdellatif, récemment restaurée.

PUBLIE LE : 18-05-2013 | 0:00
Ph. : Louisa

L’art plastique dans son expression la plus sublimée de la spiritualité a élu domicile depuis jeudi dernier, et ce jusqu’au 13 juin prochain, dans le splendide espace architectural datant de la période ottomane de la villa Abdellatif, récemment restaurée. L’artiste Rachid Koraichi, de renommée internationale et dont les œuvres sont inscrites aujourd’hui dans les musées les plus prestigieux du monde, y expose ses toutes nouvelles collections avec une série de 80 lithographies dédiées à dix grands maîtres du mysticisme musulman  et un ensemble de 7 sculptures calligraphiques réalisées en bois d’ébène.

Tout en puisant son inspiration artistique orientée vers une spiritualité résolument tournée vers le soufisme — une inspiration fortement conceptualisée portée au firmament de l’expression picturale dans sa forme la plus contemporaine — l’artiste travaille le patrimoine algérien en mettant en relief toutes les dorures dont il a soigneusement effacé les fioritures pour parler de son héritage religieux en donnant à ce dernier une configuration plastique qui dans sa sobriété même sait s’intégrer à la beauté d’une texture généreuse qui surtout se réclame de la double exigence esthétique et éthique. L’art de Rachid Koraichi, qui part aux sources d’un lointain passé, s’ingénie à mettre en scène la pratique séculaire avec ses motifs et sa symbolique pluridisciplinaire pour magnifier l’esprit de la lettre coranique et des grands penseurs, philosophes et poètes arabes dans un formidable mariage entre le sens et la forme. La blanche humilité du peintre qui provient de sa vénération divine pour tout ce qui a trait à la foi dans sa sève créative, cherche et sait trouver une expression aux abords des lieux de prières loin de tout atavisme stérile pour rejoindre l’élévation mystique en offrant des espaces propices à la contemplation. Ces « maqamates » ou stations comme des rendez-vous dans les gares de la mémoire où le regard se pose forment les escales ponctuelles du temps qui s’arrête dans un endroit où la conscience de l’être se déploie dans la nudité de la foi telle une dernière prière aux Absents. Les lithographies qui sont organisées dans un ensemble de huit lithographies par personnage et qui ornent les murs de l’ancienne bâtisse si elles s’estompent dans des couleurs intermédiaires et sombres  ou froides c’est encore pour mieux laisser place à l’évocation des saints de l’islam qui ont su glorifier le nom d’Allah et qui sont fortement attachés à l’histoire culturelle algérienne  à l’instar de Sidi Boumediène Chouaieb, Jallal Eddine El Rûmi, Rabia El Adawiyya, Ibn El Arabi, Ibn Ata Allah El Iskandrani, El Halladj, Farid Eddine Attar, Cheikh Sidi Ahmed Tidjani, Cheikh El Alawi El Moustaghanmi et Sidi Abdelkader Jilani. Dans le hall de la villa près d’une cour où pousse une végétation luxuriante sont disposées d’immenses sculptures en bois noir dans lesquelles s’entremêlent les signes amazighs et le patrimoine arabo-musulman, ces impressionnante œuvres en bois sculptés sont plantées au milieu du passage. Au nombre de 7, elles s’ajoutent à un ensemble de 99 sculptures qui préfigurent des priants qui exhortent les passant à la prosternation devant la création originelle et appellent la foule des croyant à la méditation dans une piété à l’image d’une force tranquille. Elles font suite à une installation monumentale qui sera présentée dans la cathédrale de Casablanca intitulée « Prière pour l’absente », un émouvant hommage de l’artiste à sa mère disparue. Toute l’œuvre de l’artiste qui ne se réclame pas de la calligraphie mais d’une écriture imagée à l’instar de ces mausolées au croissant lunaire, de ces vases remplis de mots qui font une ronde, de ces innombrables mains de Fatma qui encadrent ces compositions, de ces monticules de lettres arabes qui décorent un texte sacré, de ces losanges qui ressemblent aux pyramides disposés à l’intérieur de la représentation qui force l’imagination, toute cette œuvre aux multiples dimensions, dense en réflexions sur la geste musulmane est en grande partie liée à la fois aux saintes écritures, aux adorateurs des gens du Livre et à des auteurs modernes. A noter qu’un colloque, qui donnera encore plus de visibilité à l’œuvre de Rachid Koraichi, réunit depuis hier et aujourd’hui des professionnels de l’art, des conservateurs de musées, des commissaires d’exposition, des directeurs de galeries ainsi que des historiens et critiques d’art internationaux.
Lynda Graba   
 

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