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Peinture et cinquantenaire au centre culturel algérien de Paris : Regards croisés sur le pays et ses hommes

Peintre autodidacte, comme il se définit, puisqu'il a seulement suivi des cours de dessin académiques, Frédéric Rekaï s'inspire uniquement de clichés et d'illustrations d'époque. C'est ainsi qu'il a représenté l'émir Abdelkader dans sa détention et son exil en France, d'après une des rares photographies connues du grand résistant.

PUBLIE LE : 10-05-2013 | 23:00
D.R

De notre bureau à Paris : Salah Arezki

Peintre autodidacte, comme il se définit, puisqu'il a seulement suivi des cours de dessin académiques, Frédéric Rekaï s'inspire uniquement de clichés et d'illustrations d'époque. C'est ainsi qu'il a représenté l'émir Abdelkader dans sa détention et son exil en France, d'après une des rares photographies connues du grand résistant.

C'est à un regard croisé sur l'Algérie du cinquantenaire que nous a conviés le Centre culturel algérien à Paris, avec les expositions de deux jeunes artistes ; un peintre, Frédéric Rekaï et un photographe, Samuel AB. Le vernissage a eu lieu jeudi dernier, en présence du directeur du centre, Yasmina Khadra.
Dans le hall du rez-de-chaussée, c'est le peintre Frédéric Rekaï qui propose une trentaine de toiles, réalisées spécialement pour cette exposition en 2012, pour célébrer le 50e anniversaire de l'indépendance. Le jeune artiste a voulu, pour cette thématique, représenter l'Algérie, celle des résistances à la conquête, à la colonisation, celle de la guerre de libération et de l'indépendance. Peintre autodidacte, comme il se définit, puisqu'il a seulement suivi des cours de dessin académiques, Frédéric Rekaï s'inspire uniquement de clichés et d'illustrations d'époque.
C'est ainsi qu'il a représenté l'émir Abdelkader dans sa détention et son exil en France, d'après une des rares photographies connues du grand résistant durant cette période d'éloignement.
Petit-fils d'émigré algérien, Frédéric Rekaï a donc revisité l'histoire du pays de ses ancêtres, en peignant ses figures représentatives, notamment ces moudjahidine qui étaient l'envers du décor féodal.
On voit aussi une reproduction partielle du groupe des six chefs historiques qui déclenchèrent la Révolution du 1er novembre 1954. Mémoires de guerre mais aussi mémoires de paix avec cette partie de dominos dans un café ou cette image de la relève des générations avec ce vieillard qui contemple la ville au loin, symbole de modernité.
Pour mieux cerner l'artiste, lisons ce qu'en dit Myriam El-Kenz : “Frédéric Rekaï peint l’Algérie comme on peindrait un rêve, une réminiscence, une intuition de la mémoire. Une mémoire libre et vagabonde qui abrite en son sein des visages et des images comme autant de cultures qui constituent cette terre ancestrale”.
Au 1er étage du centre culturel, nous attend l'exposition photographique de Samuel AB, qui a séjourné en janvier 2011 à Alger, et qui a filmé la ville avec un appareil argentique. Samuel AB, c'est son vrai nom, a donc séjourné durant un mois à Alger, pour les besoins d'un projet de documentaire, et a sillonné les quartiers, appareil en bandoulière.
Il nous est revenu avec des instantanés assez originaux,  comme celui de ces deux vieux assis sur un banc, dans une avenue Victor-Hugo, nocturne, avec à l'arrière une vitrine éclairée et avec des mannequins. On observe, en effet, la forte présence des vieux, ce qui est tout à fait normal puisque le photographe a résidé à Meissonnier, réputé être le fief des retraités.
Samuel a quand même déniché un autre vieux au square Port-Saïd, un vieux qui préfigure, ce que pourrait être notre grand écrivain Rachid Boudjedra, allez disons dans trente ans ! Il y a aussi ce plombier pas très vieux, mais soucieux d'assurer la soudure, comme on dit dans le jargon du métier, en formant avec lui ses trois jeunes enfants.
Cet artisan semble être convaincu que les études poussées aujourd'hui ne paient plus, mais il n'est pas pressé de passer le témoin. Et pour en persuader notre photographe, il s'est livré à une série de pompes, là près de son outillage et de ses apprentis.
Samuel AB a réussi aussi à filmer un couple souriant et heureux de vivre, quelque part du côté des remparts (Qaâ-Essour) et des enfants qui jouent au foot, toujours du côté de Meissonnier. Juste pour montrer que les retraités n'y font pas (encore) la loi. Bref, une Algérie du cinquantenaire qui ne se porte pas trop mal, en dépit des turbulences qu'elle a traversées et qu'elle affronte encore.
    S. A.

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