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Etude sur la vulnérabilité de la wilaya d’Alger aux risques naturels et aux changements climatiques : Le risque sismique, une préoccupation majeure

La vulnérabilité de la wilaya d’Alger aux risques naturels et aux changements climatiques, et pour laquelle, une étude pluridisciplinaire a été consacrée, a fait l’objet hier, à l’ouverture d’un large débat, animé par tout un panel d’experts nationaux et étrangers.

PUBLIE LE : 10-04-2013 | 0:00
D.R

La vulnérabilité de la wilaya d’Alger aux risques naturels et aux changements climatiques, et pour laquelle, une étude pluridisciplinaire a été consacrée, a fait l’objet hier, à l’ouverture d’un large débat, animé par tout un panel d’experts nationaux et étrangers. Dans un message lu en son nom, Mohammed Kebir Addou, wali d’Alger, reconnaît que la capitale « est exposée aux risque naturels ».
D’où la nécessité de prendre des « mesures préventives ». Comme il est question, soutient-il, d’«améliorer la connaissance des risques et d’élaborer, avec différents acteurs, des actions adaptées à ce genre de phénomènes.»
Prenant le relais, Mohand Saïd Benmerad, directeur général de l’Aménagement et de l’attractivité du territoire au ministère de l’Environnement, souligne que cette étude débutée, rappelons-le en mai 2012, « est intégrée comme un outil important dans l’aménagement du territoire ». Selon lui, l’un des problèmes principaux auxquels la ville d’Alger est confrontée et que la « solution immédiate qui s’impose », réside en la « construction illicite sur des terrains à risques ».
Face à cela, « les autorités algériennes ont renforcé leurs capacités de prévention et de réaction. Cela s’est traduit par des normes mieux adaptées à l’échelle des risques et, plus récemment, par la préparation de documents de planification urbaine ».  Par cette étude, « nous voulons aboutir à des schémas directeurs à même d’appliquer sur le terrain toutes les propositions émises par tout un chacun », explique le responsable. De son côté, Yves Ennesser, chef du projet, a fait savoir que les choses sont sérieusement prises en main : « Nous encourageons des stratégies moins démonstratives de protection : elles se voient moins mais sont plus efficaces.»   Après un travail de plus d’une année, cet expert affirme que le risque le plus élevé qu’encourt Alger, a trait à la sismicité, citant au passage le douloureux séisme de Boumerdès survenu en mai 2003. L’activité sismique ne serait pas sans conséquences. « Le risque sismique de tsunami existe à une échelle de cent ans, d’une puissance relativement modeste limité à deux mètres, explique l’expert. Dans sa communication, M. Ennesser relève que « la faille du Sahel semble la plus dangereuse ». D’autre part,  il souligne que le littoral de la wilaya d’Alger « présente une alternance de falaises, baies rocheuses ou sableuses, plages, dunes et zones humides. Les risques d’érosion côtière et de submersion marine sont plus ou moins importants.» En situation actuelle, «22 % du linéaire côtier de la wilaya d’Alger est considéré en risque fort d’érosion». Et l’expert de citer une autre problématique à laquelle des mesures d’urgence s’imposent : « Le territoire de la wilaya est couvert d’un réseau assez dense d’oueds dont certains sont des cours d’eau permanents avec un risque d’inondation.» L’évènement le plus marquant est sans doute la crue de oued Koriche, qui a causé d’importants dégâts et fait un millier de morts dans le quartier de Bab El Oued en novembre 2001. « L’estimation de la période de retour de cet événement est supérieure à 100 ans », ajoute M. Ennesser.

Plus de 40% de l’espace de la wilaya est urbanisé en 2012
Par ailleurs, l’expert souligne que parmi les autres caractéristiques de la capitale, on peut citer sa «grande diversité de ressources en eau.» Pour lui, la prise en compte d’une élévation du niveau des eaux à l’horizon 2030 de « 20 cm conduirait à une augmentation de l’ordre de 7% du risque d’érosion fort du littoral de la wilaya d’Alger.» L’élévation du niveau de la mer aura également comme conséquence « la submersion des terrains les plus bas » qui sont étendus sur tout le long de la wilaya d’Alger. Dans le même temps, poursuit le spécialiste, «la pluviométrie pourrait baisser de 10% à 30%, ce qui pourrait entraîner une baisse de l’ordre de 20% des volumes par les barrages et de l’ordre de 40% de la ressource en eau souterraine ». Parmi les autres points contenus dans l’étude, l’expert fait ressortir le problème que pose l’«urbanisation» d’Alger. De cette analyse, il ressort que «plus de 40% de l’espace de la wilaya est urbanisé en 2012». Parmi les pistes envisageables, pour y remédier, la plus efficace, selon M. Ennesser, est d’«intégrer des plans de prévention des risques dans les documents d’urbanisme. » Toutefois, comme il le signalera, «la dimension institutionnelle et réglementaire est fondamentale.»   
Fouad Irnatene

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