dimanche 21 juillet 2019 12:43:25

FONCTIONNEMENT DE LA BOURSE DES VALEURS : Beaucoup de préalables à réunir

L’activité et le dynamisme de la Bourse des valeurs mobilières dans notre pays restent incontestablement subordonnés à la réunion graduelle à défaut d’être de préférence simultanée d’un certain nombre de conditions et de préalables inhérents au fonctionnement, à l’organisation et à la régulation de notre économie et de ses différents marchés.

PUBLIE LE : 10-04-2013 | 0:00
D.R

L’activité et le dynamisme de la Bourse des valeurs mobilières dans notre pays  restent incontestablement subordonnés à la réunion graduelle à défaut d’être de préférence simultanée  d’un certain nombre de conditions et de préalables inhérents au fonctionnement, à l’organisation et à la régulation de notre économie et de ses différents marchés. Les quelques entrées en Bourse et autres augmentations de capital, réalisées au cours d’une longue période  par quelques opérateurs publics et surtout privés (dont le nombre de ces derniers ne dépasse pas les doigts d’une main,   indiquent clairement et nettement que le problème est d’ordre structurel et que les stratégies de firmes et  comportement  des chefs d’entreprise, investisseurs et épargnants n’ont guère de responsabilité dans cette situation.
Pour l’heure actuelle, la Bourse ne présente aucun intérêt majeur ou vital pour les opérateurs économiques nationaux  en matière de   financement pour les investissements et leur expansion et de mise en  œuvre de leur plan de développement, de modernisation, d’extension, de diversification ou d’intégration et ce, selon leur propre vision à moyen et long terme d’une part, et en fonction également (et surtout)  de la perception qu’ils ont de  la lisibilité et la visibilité offertes par les marchés et les politiques publiques.
Même si comparaison n’est pas raison, dans la mesure où nous sommes encore en transition, il est bon de rappeler que dans les économies de marché, la Bourse  des valeurs constitue le cœur du marché financier, la crise récente ayant montré combien il était important  d’avoir des marchés financiers en  bonne santé en mesure  de créer la confiance et d’alimenter la croissance. La mécanique est simple à énoncer, la Bourse met en présence de façon très réglementée des offreurs de capitaux appelés investisseurs et des demandeurs de ressources financières, en général des entreprises et l’Etat.
Cependant, pour lever des capitaux  et faire appel  à l’épargne du public, des ménages et  des entreprises, les opérateurs économiques doivent souscrire à un cahier des charges  très précis dont les maîtres mots sont transparence, sincérité des informations mises à disposition du public des investisseurs. L’information étant la seule véritable protection des investisseurs et de l’argent des épargnants pour une entreprise, par exemple, il s’agira de présenter un sur plusieurs exercices avec les résultats, les bénéfices, la fiscalité,  un projet,  l’identité   des actionnaires, etc. Tout cela pour protéger l’épargne et les épargnants.
Chez nous, tout étant considérée comme une des réformes des structures les plus significatives, la Bourse ne « rameute » pas grand monde car elle est restée prisonnière,  voire otage  de nombreuses distorsions et de persistants dysfonctionnements en matière  de concurrence, de transparence, de pertinence de la régulation, de stabilité des réglementations et de la législation et enfin d’incohérences, voire de divergences entre les politiques économiques, industrielles, fiscales, budgétaires, monétaires,  qui ne manquent pas d’affecter  l’économie réelle, le comportement des agents économiques et l’appréhension des marchés.
Faute de projection à moyen et long terme, l’investissement productif reste timide et soumis au diktat  des intérêts de court terme, ce n’est pas par hasard que sur les 33%  de PIB que consacre notre pays à l’investissement, seuls 2% sont dédiés à l’investissement productif.
Par ailleurs, la Bourse des valeurs, faut il le rappeler,  concerne en général des entreprises, des opérateurs et des investisseurs d’une certaine taille critique en général sous la forme de société par actions, SPA,  afin de permettre un seuil incompressible de mobilité et de cessibilité du capital social par le biais de la Bourse des valeurs mobilières ou en dehors de celle-ci,  par le biais de la mécanique des fusions, acquisitions et autres regroupements par-devant notaire. Or, que constatons-nous, la grand majorité de nos entreprises (600.000 PME et TPE) sont sous la forme de sociétés  familiales, Sarl pour la plupart, avec une taille du capital limitée  et où la préservation du patrimoine  supplante le besoin de développement par l’ouverture  au capital. Que peut-on en conclure ? Primo,  le marché et le marché informel tels qu’ils fonctionnent actuellement « financent » suffisamment les operateurs existants ; secundo, les investissements ne sont pas  importants au point de ne pas recourir,  ni de faire appel à l’épargne du public ; tertio, la transparence requise n’est pas compatible avec la place importante et actuelle de l’informel
Tout ce ceci explique sans justifier la faiblesse des émissions d’actions, mis à part quelques titres publics, les opérateurs économiques  ne ressentent pas le besoin, par conséquent, de partager la propriété de leurs entreprises avec des investisseurs qu’ils ne connaissent  pas et qui  s’introduisent par le processus de la Bourse. Par ailleurs, même la privatisation des entreprises publiques et l’encouragement du partenariat public privé n’ont pas emprunté (cela aurait été possible mais cela n’a pas été fait)  le chemin de la Bourse pour faire émerger et employer les ressources et encaisses oisives cachées dans les bas de laine souvent défiscalisés. Il reste que  de nouvelles mesures sont nécessaires pour attirer  l’épargne et les opérateurs vers la Bourse en vue de  mobiliser des fonds supplémentaires pour financer l’accumulation et la croissance,  facteurs de développement dans notre pays. Si les prérequis standards et les préalables fondamentaux (en vigueur  sous d’autres cieux) sont réunis, il est réaliste d’espérer à moyen terme une montée en puissance  du rôle de la Bourse des valeurs mobilières  dans l’impulsion de notre croissance  et l’émergence de grands groupes économiques en mesure de hisser l’économie vers de plus grandes performances au service de la collectivité nationale.
Yacine Ould Moussa

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