jeudi 12 dcembre 2019 00:41:12

Séminaire sur l’écriture de l’histoire : Dresser les contours d’une école historique algérienne

Sous le haut patronage du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, le ministère des Moudjahidine a organisé un séminaire (hier et aujourd’hui) sur le thème “l’écriture de l’histoire nationale et sa représentation”. 

PUBLIE LE : 20-10-2010 | 20:05
Ph : Tahar. R

Sous le haut patronage du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, le ministère des Moudjahidine a organisé un séminaire (hier et aujourd’hui) sur le thème “l’écriture de l’histoire nationale et sa représentation”. L’ouverture des travaux de cette rencontre scientifique qui se déroule au Cercle national de l’armée, a été présidée par M. Mohamed Chérif Abbas, ministre des Moudjahidine.
Devant une assemblée constituée de personnalités nationales, de chercheurs, d’historiens, d’enseignants, d’universitaires, le ministre a rappelé la préoccupation du Chef de l’Etat pour ce qui touche à la promotion de l’écriture et de l’enseignement de l’histoire, indiquant par la même occasion que l’article 62 de la Constitution dispose que l’Etat garantit le respect des symboles de la Révolution, la promotion de l’écriture de l’histoire et son enseignement aux jeunes générations, de sa diffusion.
L’histoire, a-t-il souligné, et un champ fertile où s’échangent les expériences, les compétences scientifiques et académiques. Elle a besoin d’une synergie et des efforts permanents pour la consigner avec rigueur et méthodologie.
Notre peuple, a-t-il encore déclaré, a hérité d’une historiographie coloniale qui n’est pas dénuée d’arrière-pensées et dont les objectifs consistent encore à transmettre aux générations présentes des faits et des événements conformes à ses intérêts. Il est de notre devoir de procéder à notre écriture de l’histoire avec nos moyens et avec notre savoir-faire.
M. Mohamed Chérif Abbas a évoqué les efforts fournis par son département ministériel en matière de travaux, de recherches, de collecte et de transmission des données historiques.
Il y a nécessité de conforter notre école de pensée dans le domaine de l’histoire et le séminaire que nous organisons aujourd’hui a pour but de faire la lumière sur une rétrospective académique et analytique, sur une évaluation de ce qui a été réalisé jusqu’à présent sur l’écriture de l’histoire de notre résistance et de la lutte de Libération nationale. Nous sommes appelés à dresser les contours et les traits distinctifs d’une école historique algérienne. L’histoire a-t-il encore souligné nous aide à mieux affronter les effets de la mondialisation, armés de nos valeurs propres. Nous n’en sommes pas à notre premier effort dans le domaine de la recherche historique, dans l’enrichissement de nos références et de notre patrimoine historique, a indiqué M. Mohamed Chérif Abbas. Nos chercheurs se sont attelés au travail dans le cadre d’une dynamique qui s’est éloignée de la grandiloquence pour tracer la voie à une école historique, nationale qui se développe.
Le ministre des Moudjahidine, dans ce qui s’apparente étroitement à une feuille de route en matière d’écriture de l’histoire, met l’accent sur la nécessité de vivre avec son temps, de s’adapter avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication, de les mobiliser en conséquence. Il faut opérer un renouveau dans le domaine de l’histoire pour se mettre au diapason des défis présents. Le ministre s’engage à y contribuer efficacement. Le séminaire international auquel participent des spécialistes nationaux et étrangers est axé sur plusieurs thèmes de recherches scientifiques, sur des problématiques diverses. 
On cite, à titre d’exemple, la réalité des études historiques en Algérie, la place de l’histoire dans les manuels et les programmes scolaires, l’évaluation de l’écriture de l’histoire, l’analyse et l’examen des sources historiques, le rôle des institutions de l’Etat dans le domaine de la connaissance de l’histoire, les méthodologies d’investigation historique.
Plus d’une vingtaine de communications sont inscrites dans le programme de travail de ce séminaire qui tend à atteindre un maximum d’exhaustivité dans le vaste espace de la recherche historique et de l’écriture de l’histoire à travers des approches, des démarches et des méthodologies scientifiques et académiques.
Mohamed Bouraïb

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 Des universitaires plaident pour une école d'histoire "nationaliste" et "authentique"  

Les participants à la conférence internationale sur  "l'écriture de l'histoire nationale", ont plaidé, hier à Alger, pour l"élaboration  de contours d'une école "nationaliste" et "authentique" dans l'écriture de  l'histoire de la résistance nationale et de la Révolution algérienne.          
C'est dans ce sens que le chercheur H'mida Amiraoui de l'université  Emir Abdelkader de Constantine, a souligné, dans sa contribution intitulée "Nationalisme  de l'histoire et nationalisme de l'historien, entre hier et aujourd'hui", que  l'organisation de ce genre de conférence "doit s'orienter sur un objectif stratégique  qui consiste en l'utilisation scientifique de l'histoire pour préserver l'identité  nationale".          
Il a évoqué, à ce propos, l'activité du Centre national des études  dans l'histoire du mouvement national et de la guerre de Libération, en mettant  l'accent sur la banque de données historiques élaborée par ce centre et sa numérisation.          
"Ce centre a, à son actif, plusieurs réalisations que les autres institutions  nationales n'ont pas pu matérialiser", a-t-il dit à ce sujet.   Dans son approche, il a mis un parallèle entre la chronique historique  et l'histoire, en affirmant que la chronique est utile pour l'historien qui  est appelé à interpréter les événements.    C'est ainsi qu'il a plaidé pour une "meilleure" collecte de l'information  et le "renforcement" des archives.         
 "L'écriture et l'enregistrement des événements historiques sont nécessaires  pour la constitution des archives", a-t-il dit.          Dans ce cadre, le chercheur Youcef Menasria de l'université de Batna,  a insisté, dans son intervention, sur l'importance de l'écriture des mémoires,  comme sources pour les historiens et les chercheurs.  Reconnaissant que les sources de l'histoire de l'Algérie ont besoin  d'être "répertoriées, étudiées, rassemblées et archivées", il a soutenu la prise  en charge, par les chercheurs, des mémoires des acteurs de la guerre de libération  nationale.         
Il a souligné, par ailleurs, que les archives de la Révolution détenues  par certains historiens, chercheurs et acteurs de la Révolution, "sont susceptibles  de susciter des doutes", estimant qu"'elles gagneraient en crédibilité si elles  étaient archivées dans des centres nationaux spécialisés".
Le chercheur Menasria a cité, à ce sujet, les archives de la  Révolution publiées par l'historien Mohamed Harbi et d'autres acteurs de la  Révolution dans leurs mémoires.         
"Certes, dans la majorité des mémoires il y a de la subjectivité mais,  il y a aussi beaucoup de vérités historiques", a-t-il estimé.       
De son côté, le Dr Mohamed Bachir Cheniti du département archéologique  de l'université d'Alger qui a traité du thème "les vestiges archéologiques en  Algérie, comme héritage civilisationnel dans l'optique de l'école française",  a reconnu que "nos prédécesseurs n'avaient pas accordé beaucoup d'importance  aux études archéologiques, donc à l'histoire ancienne de l'Algérie".  "C'est ce qui a fait, a-t-il dit, que l'école française s'est trouvée  seule dans ce domaine".          Rappelant que l'armée coloniale avait utilisé les archéologues, les  topographes et les géographes pour réaliser une carte des routes pour l'Algérie  profonde, il a souligné que "cette école visait à faire le lien entre l'ancienne  histoire de l'Algérie, de l'époque romaine et du christianisme, avec le présent  de la colonisation".          
C'est ainsi qu'il a expliqué que les associations archéologiques et  les différentes structures chargées de répertorier les sites archéologiques  en Algérie et les textes latins, avaient pour objectif de "glorifier" la présence  romaine en Algérie et "occulter" la période islamique qualifiée, a-t-il dit,  de période "obscurantiste".          
Abondant dans le même sens, le chercheur Abdelaziz Fillali du département  histoire de l'université de Constantine, a mis l'accent sur l'intérêt accordé  par les chercheurs français, durant la période coloniale, à l'époque romaine,  byzantine et grecque, occultant la période médiévale.          
"Ces sources comportent beaucoup de haine et de contre-vérités sur la  réalité de l'époque et sur les populations amazighes autochtones", a-t-il relevé.          
C'est dans ce contexte qu'il a qualifié l'école française d"'extrémiste"  et de "raciste" plus que, a-t-il dit, que l'école allemande ou anglo-saxonne.



 

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