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Conférence de presse animée par Tito Gonzalez au palais de la culture : Quand l’art investit les espaces publics

En marge de l’exposition d’importantes œuvres d’art en provenance du Chili organisée tout récemment au musée national des Beaux-arts d’Alger, le palais de la Culture a été lundi dernier le lieu de rencontre et d’échange entre artistes algériens et chiliens pour discuter de la visibilité de l’art au Chili et en Amérique Latine

PUBLIE LE : 04-04-2013 | 0:00
Ph : T. Rouabah

En marge de l’exposition d’importantes œuvres d’art en provenance du Chili organisée tout récemment au musée national des Beaux-arts d’Alger, le palais de la Culture a été lundi dernier le lieu de rencontre et d’échange entre artistes algériens et chiliens pour discuter de la visibilité de l’art au Chili et en Amérique Latine. M. Toto Gonzalez, le commissaire de l’exposition ayant pour thème principal l’apport à la culture sud-américaine du célèbre poète engagé dans la cause de son peuple Pablo Neruda, accompagné du président de l’association des artistes chilien ont conjointement animé une conférence consacrée à la vie artistique chilienne étroitement liée à l’engagement politique contre le régime dictatorial et policier de Pinochet de la part des plasticiens, sculpteurs et poètes de renom et dont certains ont payé le prix fort de leurs convictions en menant une lutte dans la clandestinité ou carrément au grand jour depuis les années 1973 pour sortir grâce à l’expression de leur divers travaux artistiques le peuple chilien de la servitude : «Nous sommes très touchés car nous avons visité le musée des combattants et résistants algériens, des hommes exemplaires qui ont vaincu le colonialisme et je dois dire ici que nous aussi nous avons vécu une période de 16 ans de dictature. Nous sommes de ce fait très contents de savoir que les enfants de ce pays sont partis de cette histoire et de cette mémoire» dira d’emblée le conférencier avant de présenter le second invité, spécialiste comme lui des œuvres d’art chiliennes. Ce dernier qui est un artiste plasticien et président de l’association des peintres et sculpteurs de son pays évoquera sommairement l’histoire de cette association avant de montrer au public des diapositives illustrant par catégories les travaux plastiques et les sculptures avec des interventions dans des lieux publiques à travers tout le territoire du Chili. L’association qu’il préside existe depuis 73 années et n’a jamais arrêté ses activités dans toutes les régions du pays même à l’époque de la dictature et œuvre actuellement à travers ses nombreuses filières dans certains pays d’Amérique latine et en France où ses artistes internationaux se regroupent autour du siège de l’UNESCO à Paris : «Notre association est née durant les années 30 en pleine lutte du front populaire et lorsque ce dernier a gagné la bataille avec le gouvernement en place dans les années 1940, l’association a pu être légalisée. Le premier président était un grand sculpteur et seize années plus tard c’était au tour du peintre Camilo Mori qui était un grand ami de Pablo Néruda de la présider» dira cet intervenant avant d’ajouter que cette association qui en majorité subventionnée par l’état chilien, a un accord avec le conseil national des arts : «Nous essayons d’adresser des projets dans les quartiers populaires et pour les enfants les plus démunis. C’est ainsi que nous sommes partis de plusieurs commissions de l’Etat comme celle du patrimoine qui travaille avec le conseil des arts visuels. Cette commission n’a pu voire le jour que grâce à la mobilisation des artistes au cours des années 1960 lorsque le Chili achetait des œuvres d’art pour les intégrer dans les bâtiments de l’Etat » explique –t-il. L’action de ces plasticiens a été déterminante dans le vote d’une loi par l’état stipulant la protection des tableaux et autres objets d’art et ce malgré la tentative par la dictature d’effacer ce qu’avaient pu réaliser ces artistes dans des efforts constants car en 1994, cette loi a pu être récupéré avec une nouvelle réglementation et la création de la commission actuelle qui intègre dans ses activités le ministère de l’Education, le ministère des Travaux publics, le ministère du Logement et le Syndicat des artistes : « pour la réalisation des travaux artistiques de grande envergure, on fait des appels d’offre publiques, souvent anonymes qui sont soumis à des concours. Chaque artiste désireux de contribuer s’inscrit soit à un concours ouvert au public, soit le concours fait appel à des invitations d’artistes notoires reconnus dans la scène artistique ou le domaine de la peinture et enfin le concours peut aussi organiser des prix nationaux d’art avec la possibilité pour ces artistes d’utiliser des espaces publiques.» Précise cet intervenant qui est aussi outre sa fonction de président de l’association, directeur du concours d’art publique. Ce dernier montrera à l’assistance des images des différents travaux artistiques réalisés à ce jour par l’association. On découvre comment des artistes après avoir récupéré un lac pollué marchent sur l’eau, la relation des artistes associés à l’architecture avec un mobilier urbain, un hommage à Pablo Neruda avec des graffitis sur les bâtiments  sur des bâtiments publics, des fresques murales dans une école située dans une agglomération villageoise très pauvre, une sculpture en métal d’un arbre célèbre dans la région indienne des Andes et enfin d’autres interventions artistiques dans les aéroports qui figure l’art contemporain avec des moulage en céramique et des tapisseries formant l’art ancestral du Chili.
Lynda Graba

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